Les otages en « danger de mort immédiat » à cause des « privations organisées » – experts
L'information donnée par le Forum des otages et des proches de disparus fait suite aux vidéos de Rom Braslavsky et Evyatar David, très émaciés
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Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Les otages détenus par le Hamas à Gaza sont en « danger de mort immédiat » à cause des privations qui leur sont imposées, a-t-on appris lundi de la voix du Forum des otages et des proches de disparus.
Selon cette information, donnée dans le cadre d’un communiqué de presse de l’organisation qui représente les intérêts des proches d’une grande partie des 50 otages toujours aux mains du Hamas à Gaza, les otages sont volontairement privés de nourriture.
Quelques jours plus tôt, des vidéos des otages Rom Braslavski et Evyatar David, très émaciés, ont abondamment circulé. Ces vidéos ont choqué, en Israël et ailleurs, rappelant l’urgence de faire libérer les otages, dont une vingtaine seraient vivants. Dans le même temps, le monde s’indigne suite aux informations faisant état d’une famine généralisée et de décès dus à la malnutrition dans les rangs des Palestiniens de Gaza.
L’information donnée par le Forum est le fruit du travail de trois experts médicaux et de la santé publique. Elle s’appuie sur les vidéos de David et Braslavski, ainsi que sur les témoignages d’ex-otages ou encore l’autopsie de ceux qui ont été tués.
« Les otages encore en vie à Gaza sont volontairement affamés et depuis longtemps – ces privations sévères occasionnent des dégâts multisystémiques qui font courir un risque de mort immédiat », peut-on lire dans ce rapport.
« Selon les témoignages, la nourriture donnée aux otages est très limitée, pauvre en nutriments essentiels – ce n’est parfois pas davantage qu’une demi-pita par jour », explique le rapport. Les otages évoquent une faim constante, des journées entières sans nourriture, une fatigue permanente et l’instrumentalisation de la nourriture comme punition.
Certains otages libérés en début d’année paraissaient eux aussi émaciés. Iair Horn, un ressortissant israélo-argentin pris en otage lors du pogrom du 7 octobre 2023 mené par le Hamas, déclarait en juillet que le manque d’aide humanitaire à Gaza avait pour conséquence que les otages disposaient de moins de nourriture.
« Quand il y a moins de vivres, il y en a aussi moins pour les otages. Quand il y a de l’aide, on peut parfois avoir un concombre », expliquait Horn, qui est âgé de 46 ans.
Selon les chercheurs, David et Rom Braslavski souffrent, d’après ce qu’ils ont pu voir sur les vidéos, d’une insuffisance pondérale sévère.
David aurait perdu plus de 40 % de son poids et Braslavski, 31 %, selon le rapport. Leur apparence émaciée, qui n’est pas sans rappeler celle des otages libérés à la faveur d’un cessez-le-feu en début d’année, a donné lieu à des comparaisons avec les rescapés de la Shoah.
Dans la vidéo concernant David, qui apparait squelettique, on le voit creuser ce qui, redoute-t-il, pourrait bien être sa propre tombe.
Selon ce rapport, les otages risquent de souffrir du syndrome du « cerveau affamé », une pathologie dont les effets vont « des troubles de la mémoire au déclin cognitif en passant par la dépression, la confusion, l’apathie et, parfois, des hallucinations ».
Toujours selon ce rapport, les otages sont d’autant plus en danger qu’ils sont séquestrés loin de la lumière du jour, sous terre, sans accès à de l’eau potable ou à des soins médicaux.
« Les preuves médicales sont sans équivoque. Les otages de Gaza souffrent de la faim d’une façon extrême et risquent à tout moment de mourir parce qu’on les prive volontairement de nourriture », affirme Hagai Levine, chef de l’équipe de santé du forum, dans un communiqué. « L’issue de cette cruelle expérience cruelle est prévisible : le corps et l’esprit vont continuer de se détériore jusqu’à la fin. »
« Chaque jour de plus peut se traduire par des pertes humaines. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire pendant que nos frères meurent à petit feu. C’est maintenant qu’ils faut agir pour les ramener tous chez eux », ajoute-t-il.
Les négociations en vue d’un cessez-le-feu et de la libération des otages sont dans l’impasse depuis juillet. Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu aurait fait savoir qu’Israël souhaitait occuper totalement Gaza et livrer combat dans des zones où des otages seraient détenus.
Le cousin germain de David, Matan Eshet, a déclaré au Times of Israel que la famille n’avait pas fait grand cas du rapport de l’équipe médicale.
« Ils parlent de son état de santé et de chiffres, mais il va tellement mal que je suis capable de le voir moi-même », a déclaré Eshet. « Je n’ai pas besoin d’un diplôme pour savoir qu’il est à l’article de la mort. »
La famille de David a aperçu la vidéo sur Telegram vendredi dernier, le soir, sans la regarder, a précisé Eshet, sachant que cela leur briserait le coeur.
« Cela m’a brisé le coeur de le voir ainsi », confie Eshet. « Mon cousin ne se ressemble plus. C’est une copie d’une copie d’une copie d’Evyatar. »
Eshet aurait préféré voir son cousin, tel que dans son souvenir. Ce qui l’a le plus mis en colère, c’est de voir dans la vidéo la main potelée du terroriste du Hamas aux côtés du corps émacié de David.
Il explique vouloir faire se mettre en retrait des réseaux sociaux tant la vision du visage de son cousin l’obsède.
« Je le vois chaque fois que je ferme les yeux », conclut Eshet.
la Communauté du Times of Israël !







