L’intervenant prévu pour une remise de diplômes à Georgetown se désiste, critiqué sur son « sionisme »
L'université a remplacé Morton Schapiro par un intervenant qui a comparé les audiences du Congrès sur l'antisémitisme sur les campus au "maccarthysme" et fustigé les efforts visant à freiner les manifestations étudiantes anti-Israël
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JTA — L’économiste juif pro-israélien et ancien doyen d’université qui devait prendre la parole lors de la cérémonie de remise des diplômes de la faculté de droit de l’université de Georgetown la semaine prochaine n’interviendra finalement pas, suite à des critiques formulées par des étudiants.
Les étudiants diplômés et leurs familles, à sa place, pourront écouter un professeur de Georgetown connu pour avoir dénigré les mesures juridiques mises en place pour freiner les manifestations étudiantes pro-palestiniennes, ainsi que pour avoir comparé les commissions parlementaires sur l’antisémitisme sur les campus universitaires à du « maccarthysme ».
La semaine dernière, l’université avait annoncé que Morton Schapiro, qui a dirigé l’université Northwestern pendant près de dix ans jusqu’en 2022, s’exprimerait lors de la cérémonie de remise des diplômes, le 17 mai. Mais très vite, des étudiants ont lancé une pétition pour demander son retrait.
« Schapiro n’est pas juriste. Il n’a aucun lien avec Georgetown, et il défend des opinions controversées, sionistes et répréhensibles », peut-on lire dans la pétition, qui a recueilli 282 signatures.
Cette pétition mettait en avant un article publié l’année dernière par Schapiro dans le Jewish Journal of Los Angeles, la ville où il réside actuellement. Dans cet article publié le 15 octobre et intitulé « Ce que j’ai appris ces deux dernières années sur Israël et le monde », Schapiro reprochait aux progressistes, aux responsables de l’enseignement supérieur et aux grands médias d’avoir diabolisé Israël pendant la guerre à Gaza.
La pétition mentionnait également un article de presse rapportant les propos tenus par Schapiro en 2020, dans lesquels il désapprouvait les manifestations étudiantes à Northwestern. À l’époque, il s’était querellé avec des étudiants qui l’avaient surnommé « Piggy Morty ». Une expression qui, selon eux, visait ses liens avec la police, mais qu’il considérait comme antisémite.
La faculté de droit de Georgetown n’a fait aucun commentaire public sur la pétition jusqu’à mercredi. Ce jour-là, le doyen par intérim Joshua Teitelbaum, qui avait été l’étudiant de Schapiro au Williams College, a annoncé par e-mail que Schapiro avait renoncé à son rôle d’intervenant. Dans son e-mail adressé à la communauté de la faculté de droit de Georgetown, Teitelbaum a noté que « la semaine dernière, plusieurs étudiants en droit ont fait part de leurs inquiétudes » au sujet du choix de Schapiro.
« Il avait été invité à s’adresser aux nouveaux diplômés afin de partager ses réflexions sur la situation actuelle de l’enseignement supérieur aux États-Unis, et de les encourager à consacrer leur vie professionnelle au service des autres », a expliqué Teitelbaum dans cet e-mail, que la faculté de droit de Georgetown a transmis à la Jewish Telegraphic Agency.
Schapiro, dans une note d’accompagnement, a précisé qu’il ne tenait pas à ce que sa présence « détourne l’attention des réjouissances de la journée ».
« Je suis un peu surpris par le choix de l’intervenant qui a été désigné pour me remplacer, au vu de la volonté de la faculté de droit de Georgetown de ne pas mêler la politique à sa cérémonie de remise des diplômes », a-t-il confié au Jewish Journal. Mercredi, la JTA n’a pas réussi à joindre Schapiro.
Le nouvel intervenant, David Cole, est professeur de droit et de politique publique à l’université de Georgetown ; il est également l’ancien directeur juridique national de l’Union américaine pour les libertés civiles (ACLU). À ce titre, Cole a publié une déclaration peu après l’attaque du Hamas contre Israël, le 7 octobre 2023, dans laquelle il condamnait l’Anti-Defamation League et le Louis D. Brandeis Center for Human Rights Under Law, deux organismes de surveillance de l’antisémitisme, qu’il accusait d’appeler à « enquêter sur les groupes d’étudiants pro-palestiniens, à les dissoudre ou à les sanctionner pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ».
Conscient de la montée de l’antisémitisme, Cole a soutenu que le fait de censurer les propos jugés offensants par certains n’était pas la bonne réponse.
« Restreindre la liberté d’expression peut sembler une option séduisante pour les administrateurs universitaires qui souhaitent apaiser les tensions sur le campus », a-t-il écrit à l’époque. « Mais les initiatives visant à censurer la liberté d’expression s’avèrent souvent contre-productives, et compromettent la mission même de l’université. Nous recommandons vivement aux universités de ne pas faire passer la censure de la liberté d’expression pour une mesure de sécurité. »
Ce changement d’intervenant a eu lieu dans un contexte marqué par une série de polémiques liées à Israël et à la guerre à Gaza. Mercredi également, c’est l’université Rutgers qui a annulé l’invitation faite à son ancien étudiant Rami Elghandour, producteur de « The Voice of Hind Rajab », le docudrame nommé aux Oscars sur la réponse du Croissant-Rouge au meurtre de Hind Rajab à Gaza en 2024, en invoquant un tweet sur Israël qui, selon elle, n’était pas conforme aux valeurs de l’établissement. Le président de l’université du Michigan a quant à lui présenté ses excuses après que le président du conseil académique, Derek Peterson, a rendu hommage aux étudiants manifestants pro-palestiniens dans son discours de samedi.
la Communauté du Times of Israël !








