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Mines, péages illégaux, attaques à Ormuz : Etats-Unis et pays du Golfe font pression à l’ONU pour condamner l’Iran

"Nous croyons en des principes fondamentaux, tels que la liberté de navigation pour tous les pays du monde. C'est ce qui est en jeu ici", a déclaré Mike Waltz

L'ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, s'adressant au Conseil de sécurité de haut niveau au sujet des Palestiniens et d'Israël lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025. (Crédit : Angelina Katsanis/AP Photo)
L'ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, s'adressant au Conseil de sécurité de haut niveau au sujet des Palestiniens et d'Israël lors de la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, le 23 septembre 2025. (Crédit : Angelina Katsanis/AP Photo)

Les Etats-Unis et des pays du Golfe ont appelé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger que l’Iran arrête « d’empêcher » la navigation dans le détroit d’Ormuz, alors qu’un projet de résolution en ce sens est menacé de veto.

« Nous croyons en des principes fondamentaux, tels que la liberté de navigation pour tous les pays du monde. C’est ce qui est en jeu ici », a déclaré à la presse l’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU, Mike Waltz, entouré par ses homologues de Bahreïn, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Qatar et Koweit.

Il y a quelques jours, les Etats-Unis et Bahrein ont soumis aux membres du Conseil un texte qui stipule que l’Iran doit cesser « immédiatement toutes ses attaques et ses menaces » contre les navires et « toute tentative d’empêcher » la liberté de navigation dans le détroit stratégique, notamment par « le placement de mines » et la mise en place de « péages illégaux ».

Le texte réclame également que Téhéran divulgue le nombre et la localisation de ses mines et les retire; et permette la mise en place par l’ONU d’un « couloir humanitaire », notamment pour le passage des engrais.

« Le monde doit prendre position et dire qu’on ne peut pas, de façon indiscriminée, placer des mines dans l’océan parce qu’on a un différend avec une autre partie », a insisté Mike Waltz.

« Qui s’opposerait à ça ? », a-t-il lancé, en référence à une menace de veto.

Mi-mars, le Conseil avait adopté une résolution très ferme contre Téhéran, réclamant la « cessation immédiate » des attaques contre ses voisins du Golfe et condamnant le blocage du détroit.

La Russie et la Chine s’étaient alors abstenues. Mais les deux pays avaient ensuite mis leur veto début avril à un texte encourageant les Etats concernés à coordonner leurs efforts, « de nature défensive », pour assurer la liberté de navigation.

Et selon des sources diplomatiques, la Russie, alliée de Téhéran, a indiqué mercredi qu’elle était prête à bloquer le nouveau texte.

La mission de l’Iran auprès des Nations unies a dénoncé sur X un projet de résolution « politiquement motivé », appelant les membres du Conseil à « agir en se basant sur la logique, la justice et les principes, pas sous la pression ».

Téhéran verrouille le détroit d’Ormuz, stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures, depuis le début de la guerre le 28 février, et ébranlé l’économie mondiale.

Washington maintient de son côté son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, cinq jours après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu.

Quelque 1 500 navires et leurs équipages restent « piégés » dans le Golfe en raison du blocus imposé par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, a pour sa part indiqué jeudi à Panama un responsable de l’Organisation maritime internationale (OMI), agence de l’ONU chargée de la sécurité en mer.

« À l’heure actuelle, nous avons environ 20 000 membres d’équipage et quelque 1 500 navires piégés », a déclaré Arsenio Dominguez, secrétaire général de l’OMI, à l’occasion de l’ouverture de la Convention maritime des Amériques dans la capitale panaméenne.

L’Arabie saoudite et le Koweït ont levé les restrictions imposées à l’armée américaine concernant l’utilisation de leurs bases et de leur espace aérien, a rapporté jeudi le Wall Street Journal, citant des responsables américains et saoudiens.

Selon les responsables américains cités dans l’article, l’administration Trump cherche désormais à relancer le Projet Liberté, l’opération navale d’escorte des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, après que le président américain EUT annoncé en début de semaine la suspension de cette mission dans le cadre des négociations menées sous l’égide du Pakistan avec l’Iran.

NBC News avait rapporté que Trump avait suspendu l’opération navale d’escorte des navires dans le détroit d’Ormuz après que l’Arabie saoudite eut informé les États-Unis qu’elle n’autoriserait pas les avions américains participant à l’opération à décoller ou à survoler son territoire.

Citant des responsables américains, le reportage indiquait que les Saoudiens et les autres États du Golfe ont été surpris par l’annonce du Projet Liberté lancé par Trump dimanche. Le président américain s’est ensuite entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane à ce sujet, mais sans parvenir à un accord, selon NBC News.

Interrogée par la chaîne sur la possibilité que l’opération ait pris les dirigeants saoudiens au dépourvu, une source du royaume a déclaré à NBC : « Le problème avec cette hypothèse, c’est que les choses évoluent très vite, en temps réel. » La source indiquait également que l’Arabie saoudite « soutient pleinement les efforts diplomatiques » du Pakistan visant à faciliter un accord entre les États-Unis et l’Iran.

Un porte-parole de la Maison Blanche a affirmé que « les alliés régionaux ont été informés à l’avance », tandis qu’un diplomate du Moyen-Orient, cité par NBC News, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas coordonné leurs actions avec Oman avant l’annonce de Trump.

« Les États-Unis ont fait une annonce, puis se sont coordonnés avec nous », a expliqué le diplomate, ajoutant : « Nous n’étions ni contrariés ni en colère. »

Or, une source proche des autorités saoudiennes a indiqué jeudi soir que le reportage de NBC News était faux, précisant que les Etats-Unis jouissent toujours d’un accès normal aux bases militaires saoudiennes, ainsi qu’à l’espace aérien du royaume.

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