Netanyahu affirme, comme Merz, que la phase 1 du cessez-le-feu à Gaza est « presque » finie
Lors d'une conférence conjointe avec le chancelier allemand, le Premier ministre a dit qu'il parlerait ce mois-ci à Trump de la deuxième phase, "plus difficile", rejetant la présence de l'AP
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Dimanche, à Jérusalem, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré que la première phase du cessez-le-feu à Gaza était « presque » terminée et que l’on devrait bientôt passer à la phase deux.
Netanyahu a ajouté qu’il avait l’intention d’en parler au président américain, Donald Trump, lors de la rencontre programmée un peu plus tard ce mois-ci, aux États-Unis, tout en précisant qu’il faudrait, pour achever la phase initiale, que le dernier otage décédé à Gaza, le sergent-chef Ran Gvili, soit rapatrié.
Le Premier ministre a souligné les difficultés liées à la démilitarisation et à la déradicalisation de Gaza, tout en rappelant les succès militaires d’Israël mais aussi la montée de l’antisémitisme et des préjugés anti-israéliens et en ajoutant qu’il ne mettrait pas fin à sa carrière politique en l’échange de la grâce dans son procès pour corruption.
Netanyahu a qualifié cette deuxième phase du plan de Trump — qui entend démilitariser Gaza et mettre en œuvre des mécanismes de gouvernance et de sécurité responsables de l’administration du territoire en lieu et place du Hamas — de « plus difficile » que la première phase, tout en ajoutant qu’Israël y était prêt.
« Comme vous le savez, nous avons terminé la première partie, la phase une », a-t-il déclaré avant d’ajouter vivement : « Enfin, on y est presque, » car la dépouille de Gvili n’a pas encore été restituée.
Selon l’accord du 9 octobre signé entre Israël et le Hamas, le groupe terroriste disposait de 72 heures pour finaliser le rapatriement de tous les otages, vivants ou morts. Cela a finalement pris plus de temps, compte tenu des difficultés du Hamas à retrouver les corps, sur fond de reproches mutuels de non-respect du cessez-le-feu.
Le Premier ministre a déclaré que « des chances de paix étaient à portée de main » maintenant que les actions militaires israéliennes avaient frappé l’Axe iranien de la Résistance, ces dernières années, lors de guerres à Gaza, au Liban et contre la République islamique elle-même.
« Je vais en parler avec le président Trump lorsque je le verrai, un peu plus tard ce mois-ci », a-t-il déclaré en ajoutant qu’il évoquerait également la deuxième phase du plan de Trump et « la manière de mettre fin au régime du Hamas à Gaza, car c’est une partie essentielle pour garantir un avenir différent à Gaza et un avenir différent pour nous, face à Gaza. »
« Il y a une troisième phase, qui consiste à déradicaliser Gaza, quelque chose que beaucoup pensaient impossible. Mais cela a été fait en Allemagne (…) cela peut être fait à Gaza aussi, mais bien sûr, le Hamas doit être démantelé », a ajouté M. Netanyahu.
« Il faut maintenant que cela aboutisse », lui a répondu le chancelier Merz, affirmant que l’Allemagne contribuerait à la reconstruction de Gaza. « Le Hamas ne peut jouer aucun rôle à Gaza », a-t-il déclaré.
Samedi soir, Khalil al-Hayya, chef du Hamas pour Gaza et principal négociateur du mouvement terroriste palestinien, a déclaré être prêt à remettre ses armes dans la bande de Gaza à une autorité palestinienne gouvernant ce territoire, à condition que cesse son « occupation » par l’armée israélienne.
Il a en outre refusé le déploiement d’une force internationale qui aurait pour mission de désarmer le Hamas.
S’exprimant dans la bande de Gaza face à des soldats réservistes, le chef d’état-major de l’armée israélienne, Eyal Zamir, a affirmé dimanche que la Ligne jaune, marquant un premier retrait de l’armée israélienne à l’intérieur du territoire, constituait « une nouvelle frontière – une ligne de défense avancée pour les localités (israéliennes) et une ligne d’attaque ».
« Je parle avec un grand nombre de dirigeants étrangers, mais quand je parle avec Merz, nous avons une conversation honnête et ouverte, même en cas de désaccords », a déclaré Netanyahu à propos de son homologue.
Reconnaissant l’existence de certains de ces désaccords, Netanyahu a notamment évoqué son refus d’un État palestinien, ce que Merz, comme la plupart des pays européens, défend.
« Nous avons évidemment des points de vue différents, car le but d’un État palestinien est de détruire l’unique État juif », a ajouté Netanyahu. « Ils [les Palestiniens] avaient déjà un État à Gaza, un État de facto, lequel a servi à tenter de détruire cet unique État juif. »
La CPI empêche un déplacement à Berlin
Interrogé sur son souhait d’être invité en Allemagne, le Premier ministre a répondu qu’il serait « ravi » de s’y rendre mais qu’il en était empêché par le mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale émis à son encontre.
En novembre 2024, la CPI a en effet émis des mandats d’arrêt à l’encontre de Netanyahu et de l’ex-ministre de la Défense, Yoav Gallant, accusés de s’en être pris à des civils et d’avoir utilisé la faim comme une arme de guerre à Gaza, ce qu’Israël dément fermement, certains qualifiant même ces mandats d’arrêt d’antisémites.
Avant de prendre ses fonctions, Merz avait déclaré qu’il veillerait à ce que Netanyahu puisse se rendre en Allemagne malgré ce mandat. En début d’année, Netanyahu a effectué une visite diplomatique en Hongrie — qui s’est ensuite retirée de la CPI — malgré le mandat qui le concerne.
Pardon ?
À la fin de la conférence de presse, Netanyahu a répondu par un « Non » sans équivoque à la question de sa possible retraite de la politique en échange de la grâce dans son procès pour corruption.
« Ils sont très préoccupés par mon avenir. Ils veulent s’assurer que — comment le dire ? — Ils s’inquiètent pour mon avenir », a plaisanté Netanyahu aux côtés de Merz en faisant allusion aux médias israéliens présents lors de cette conférence de presse.
« Eh bien, les électeurs aussi, et c’est eux qui décideront, bien sûr, mais nous avons de grandes choses à accomplir, y compris avec l’Allemagne, dans le cadre d’une coopération historique qui, à bien des égards, sera plus forte encore que la précédente, qui était déjà formidable. Mais cela n’a rien de surprenant, car, comme vous pouvez le voir, le chancelier Merz est une figure imposante », a déclaré Netanyahu en faisant allusion à la stature du dirigeant allemand.
Merz affirme le soutien de Berlin à Yad Vashem
La conférence de presse s’est tenue après une rencontre en tête-à-tête entre Netanyahu et Merz, suivie d’une réunion ouverte au ministre de la Défense, Israel Katz et au ministre des Affaires étrangères, Gideon Saar, ainsi qu’aux responsables de la sécurité et aux ambassadeurs des deux pays.
Plus tôt dimanche, à Jérusalem, Merz a réaffirmé le soutien de Berlin à Israël lors d’une visite au mémorial national de la Shoah de Yad Vashem en déclarant que « l’Allemagne se devait de défendre l’existence et la sécurité d’Israël », après avoir reconnu la « responsabilité historique durable » de son pays dans l’extermination massive des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
« C’est pour moi un grand honneur et une véritable distinction d’être ici et de réaffirmer que le soutien à ce pays est et restera le principe fondamental immuable de la politique de la République fédérale d’Allemagne », a martelé Merz.
Le chancelier s’est également entretenu avec le président Isaac Herzog et le chef de l’opposition, Yair Lapid, lors de cette visite de deux jours — sa première en Israël depuis son élection au poste de chancelier, en mai dernier.
Arrivé samedi en Israël pour une visite destinée à consolider la relation privilégiée entre les deux pays, M. Merz a également rencontré d’anciens otages israélo-allemands, Ziv et Gali Berman, enlevés lors de l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Sa décision prise en août de décréter un embargo partiel sur les exportations d’armes de son pays vers Israël avait fortement déplu aux autorités israéliennes.
« Les actions de l’armée israélienne à Gaza nous ont posé quelques dilemmes et nous y avons réagi », mais « nous avons également constaté qu’à ce jour, il n’y a fondamentalement aucune divergence (entre nous) », avait déclaré samedi M. Merz, qui a levé cet embargo fin novembre à la faveur du fragile cessez-le-feu en vigueur à Gaza depuis le 10 octobre.
« Israël a le droit de se défendre car c’est la seule façon de garantir son droit à exister », a-t-il dit.
la Communauté du Times of Israël !







