Polémique autour de la reconstruction d’une raffinerie détruite par un missile iranien
Accusés de ne pas avoir envisagé des alternatives plus propres, les urbanistes ont accepté la demande du ministère de l'Énergie d'autoriser l'accélération de la construction d'une nouvelle centrale électrique à Haïfa
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Les villes de la baie de Haïfa et des environs, dans le nord d’Israël, se sont engagées mardi à lutter contre la décision qui a été prise par le Conseil national de l’urbanisme et de la construction d’autoriser les raffineries de pétrole de Bazan – qui devaient fermer leurs portes d’ici la fin de la décennie – à construire une nouvelle centrale électrique sans permis officiellement délivré.
La nouvelle centrale au gaz serait destinée à remplacer l’ancienne, endommagée par des missiles iraniens lors de la guerre qui a brièvement opposé, au mois de juin dernier, Israël et l’Iran.
Deux missiles avaient frappé le complexe de Bazan, le 15 et le 16 juin. Trois membres du personnel de l’usine avaient perdu la vie dans l’incendie qui avait suivi. Les canalisations et les lignes de transition avaient été endommagées. La centrale, qui avait été fermée pendant presque deux semaines, a depuis fait l’objet de réparations et elle devrait reprendre son fonctionnement normal au mois d’octobre.
Au cœur de la question de l’exemption de permis se trouve un arrêté temporaire qui a été décidé en vertu de la loi sur l’urbanisme et la construction – arrêt qui permet dorénavant au ministère de l’Intérieur de déroger à certains aspects de la loi nationale sur l’urbanisme afin d’accélérer les réparations et la réhabilitation des secteurs qui ont été dévastés lors du pogrom commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre 2023, et au cours de la guerre qui a suivi.
Cet arrêté, connu sous le nom de section 266E, a été utilisé à des dizaines de reprises pour aider à la reconstruction des communautés situées le long de la frontière avec l’enclave côtière.
Au mois de juillet, en réponse à une demande du ministère de l’Énergie, le ministère de l’Intérieur a proposé d’exempter Bazan de l’obligation d’obtenir un permis de construire pour réparer les dommages causés pendant le conflit avec l’Iran. Il a expliqué que « des dommages importants ont été causés [par l’attaque iranienne] aux installations essentielles nécessaires au fonctionnement continu de la raffinerie et à la fabrication de ses produits, avec notamment des dégâts qui ont été répertoriés dans la centrale électrique chargée de produire l’électricité et la vapeur qui sont utilisées par les installations du complexe, les pipelines et les infrastructures opérationnelles ».
Le même mois, le Conseil de planification et de construction a donné son feu vert au remplacement de certains types d’équipements, comme les tuyaux et les chaudières à vapeur, sans permis. Il a toutefois reporté l’approbation du remplacement de la centrale électrique.
Les habitants, les militants écologistes et d’autres acteurs exercent des pressions depuis des années en faveur de la fermeture du complexe de Bazan, appelant à ce que les produits qu’il fabrique soient dorénavant importés, en raison de la forte pollution résultant de ses activités à Haïfa et dans ses environs, du nombre élevé de cancers et d’asthme enregistré dans la région et des craintes liées à une potentielle attaque aux missiles – une crainte qui s’est concrétisée pendant la guerre entre Israël et l’Iran.
Il y a trois ans, le cabinet avait décidé de fermer les raffineries et les entrepôts de stockage de pétrole dans un délai de dix ans, précisant que les matériaux qu’elles produisent, appelés distillats, seraient désormais importés. Une administration pour le développement de la baie de Haïfa a depuis été créée au sein du cabinet du Premier ministre dans le but de mener à bien ce projet et de planifier la transformation de la baie de Haïfa, qui passerait d’une zone industrielle polluée à un pôle résidentiel et technologique vert.
Lors de la discussion du conseil municipal sur la centrale électrique, mardi, l’Association des villes de la baie de Haïfa pour la Protection de l’environnement a affirmé que, dans la mesure où Bazan a réussi à poursuivre ses activités grâce à l’électricité plus propre fournie par le réseau national, elle pouvait continuer à le faire, sans qu’il soit nécessaire de construire une nouvelle centrale qui aggraverait la pollution atmosphérique déjà excessive à Haïfa.
Affirmant que l’association va collaborer avec la municipalité de Haïfa pour saisir la Haute Cour pour dénoncer la décision des urbanistes, Avihu Han, adjoint au maire de Haïfa et président de l’association, a accusé les urbanistes de « jouer le jeu » de Bazan qui tente de torpiller sa fermeture, tout en mettant en danger la santé et la sécurité d’un million d’habitants de la métropole de Haïfa.
Elad Pinchas, responsable de la planification environnementale au sein du ministère de la Protection environnementale, a fait savoir qu’il n’y avait pas eu de discussion approfondie sur les différentes alternatives.
Dans un communiqué, le Conseil national de l’urbanisme et de la construction a déclaré que la demande du ministère de l’Énergie avait été soumise conformément à la loi.
« Après avoir examiné toutes les alternatives existantes, le Conseil a sélectionné la meilleure solution, celle qui permettrait de remplacer l’installation endommagée par une installation dotée d’une technologie améliorée, tout en permettant le démantèlement potentiel de l’installation à l’avenir, lorsque l’activité du site de Bazan cessera », a-t-il fait savoir.
la Communauté du Times of Israël !








