Rubio relie la capture de Maduro à la lutte contre l’Iran et le Hezbollah
Le secrétaire d'État américain a affirmé que Washington veillera à ce que le Venezuela "ne puisse plus se rapprocher du Hezbollah et de l'Iran"
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JTA — À la suite de la capture du président Nicolás Maduro, qui a été emmené aux États-Unis pour y être jugé, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a expliqué que cette mission avait aussi visé à mettre un terme aux activités de l’Iran et du Hezbollah sur le sol de ce pays d’Amérique du sud.
Le président américain Donald Trump et Rubio ont affirmé que cette opération avait pour objectif de démanteler les réseaux de trafic de drogue et l’influence étrangère en lien avec Caracas.
S’exprimant lors de l’émission « Face the Nation », diffusée sur CBS, Rubio a fait part de l’intention des États-Unis d’exercer leur influence, notamment en maintenant les sanctions et les pressions sur le secteur pétrolier vénézuélien, afin de garantir que le pays « n’offre plus un havre ni au Hezbollah ni à l’Iran dans notre propre hémisphère ».
Sur NBC, dans l’émission « Meet the Press », Rubio a résumé les objectifs des États-Unis : « Mettre fin au trafic de drogue, mettre fin à la présence de l’Iran et du Hezbollah dans le pays, et mettre fin à l’utilisation de l’industrie pétrolière pour enrichir tous nos adversaires à travers le monde ».
Rubio a également réfuté les comparaisons entre l’opération menée au Venezuela et les interventions militaires américaines au Moyen-Orient, affirmant que le contexte du Venezuela, pays situé dans l’hémisphère occidental, était différent.
« L’ensemble de l’appareil de politique étrangère est convaincu que toutes les opérations sont similaires : comme en Libye, comme en Irak, comme en Afghanistan », a déclaré Rubio à CBS. « Mais il ne s’agit pas du Moyen-Orient. Et notre mission ici est très différente. Nous sommes dans l’hémisphère occidental. »
En Israël, les dirigeants politiques ont utilisé cette opération pour adresser un avertissement à Téhéran, alors que la république islamique connait des troubles croissants en raison notamment de la situation économique catastrophique. Le chef de l’opposition Yair Lapid a ainsi écrit sur le réseau social X que « le régime iranien devrait prêter une attention particulière à ce qui se passe au Venezuela », présentant l’action américaine comme un message plus large, adressé à la république islamique.
Le ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, a pour sa part estimé que la capture de Maduro avait porté un coup à ce qu’il a appelé « l’axe mondial du mal » et envoyé un « message clair » au guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, quant aux conséquences du soutien au narcoterrorisme et aux proxies terroristes – évoquant notamment le Hezbollah.
« Maduro ne dirigeait pas un pays ; il dirigeait un empire du crime et du narcotrafic, qui alimentait directement le Hezbollah et l’Iran », a affirmé Chikli. « Les mesures décisives prises par le président ont prouvé une fois de plus que seuls des dirigeants forts peuvent venir à bout des dictateurs. »
Selon certaines informations, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, craignant une attaque préventive de Téhéran, a assuré lundi au président russe Vladimir Poutine qu’Israël n’avait pas l’intention d’attaquer l’Iran pour le moment. Trump, pour sa part, a posé avec une casquette « Make Iran Great Again » à Washington.
Les propos de Rubio soulignent une préoccupation plus large des États-Unis en matière de sécurité concernant les relations de Téhéran avec les Amériques, et en particulier ses liens avec Caracas. Le Venezuela et l’Iran ont bâti des relations diplomatiques et économiques étroites durant les présidences de Maduro et de son prédécesseur, Hugo Chavez.
La relation s’est approfondie au milieu des années 2000. Chávez a présenté le Venezuela comme appartenant à ce qu’il appelait un « axe de l’unité », avec l’Iran et d’autres adversaires des États-Unis. En juin 2022, l’Iran et le Venezuela ont signé un pacte de coopération de 20 ans, qui visait à renforcer leur alliance et à contrer les sanctions américaines, élargissant ainsi leur collaboration dans les domaines de l’énergie, de la technologie et de la sécurité. Cet accord prévoyait l’aide de l’Iran au secteur pétrolier vénézuélien en échange d’un accès économique, ainsi qu’une coopération militaire renforcée, notamment dans le domaine des drones.
Selon les responsables américains, ces liens ont également permis au Hezbollah, le proxy libanais de l’Iran, de lever des fonds et de mettre en place des réseaux logistiques au Venezuela, ainsi que dans les pays voisins. Au fil des ans, Washington a sanctionné des responsables et hommes d’affaires vénézuéliens qu’il a accusés d’avoir aidé des agents du Hezbollah à obtenir des passeports, à transférer des fonds et à participer à des opérations de contrebande. Des allégations que le gouvernement Maduro a niées.
Le Hezbollah a déjà été actif en Amérique du Sud par le passé. Il a en effet orchestré deux attentats majeurs visant des cibles juives à Buenos Aires dans les années 1980 et 1990, qui ont, ensemble, fait des centaines de morts. L’actuel président argentin, Javier Milei, qui soutient Israël, a pris des mesures pour tenir le Hezbollah responsable de ces attentats.
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