Saint Malo ravive la mémoire de 5 habitants juifs déportés avec la pose de Stolpersteine
Cinq pavés mémoriels seront installés en 2026 dans l’enceinte du collège Charcot pour rappeler le destin de cinq Malouins assassinés à Sobibor parce qu’ils étaient juifsd
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Marthe, Alphonse, Jacques, Claude et Louis vivaient autrefois à Saint-Malo. Ils faisaient partie du paysage quotidien de la cité corsaire avant d’être arrêtés puis déportés par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Tous ont été assassinés parce qu’ils étaient juifs, loin de leur ville natale, dans le centre de mise à mort de Sobibor en Pologne.
En 2026, cinq pavés mémoriels appelés Stolpersteine seront posés dans l’enceinte du collège Charcot. Ces pierres, installées dans de nombreuses villes européennes, rappellent le dernier lieu de vie ou de passage de victimes du nazisme. À Saint-Malo, elles viendront réinscrire leur histoire dans l’espace public, à l’endroit même où certains d’entre eux ont étudié ou enseigné.
L’initiative revient à deux professeurs d’histoire, Fabienne Massard Wimez et Stéphane Autret, accompagnés de leurs élèves du lycée Jacques Cartier. Depuis plusieurs années, ils mènent un important travail de recherche et de transmission autour de la Shoah. Ils ont notamment contribué à rendre hommage à Paramé au jeune Daniel Albohair, tué à Auschwitz à l’âge de trois ans.
En travaillant sur les parcours des cinq Malouins déportés, les enseignants ont mis en lumière des épisodes douloureux de l’histoire locale. Marthe Ash enseignait dans l’ancien lycée de garçons devenu collège Charcot. Son mari, Alphonse, travaillait à la gare. Leur arrestation est le résultat d’une enquête menée par le commissariat général aux questions juives. Son représentant régional, Raymond du Perron de Maurin, originaire de Saint Servan, fut l’un des artisans de la traque des Juifs dans la région. Il sera condamné à mort et exécuté en 1946.
Deux autres victimes, Claude et Jacques Weill, étaient élèves au lycée Charcot. Ils avaient fui Saint-Malo avec leur famille pour tenter d’échapper aux persécutions mais furent arrêtés au Mans. Le 30 mars 1943, les deux frères, leurs parents et leur jeune sœur Nicole furent assassinés à Sobibor.
Pour les enseignants, l’installation de ces Stolpersteine est bien plus qu’un hommage. Ils expliquent au Pays Malouin que ce travail d’histoire mené avec les collégiens de troisième vise à transmettre la mémoire de ces drames et à permettre aux élèves de devenir de véritables passeurs de mémoire.
À travers ces pavés, Saint-Malo rappellera que ces vies brisées faisaient partie de son histoire. Un acte de transmission essentiel pour que ces destins tragiques demeurent présents dans la mémoire collective.
la Communauté du Times of Israël !







