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Ofer Cassif suspendu de la Knesset pour deux mois pour avoir critiqué la guerre

Le député, précédemment suspendu pour six mois, a été sanctionné après le dépôt de douze plaintes à son encontre ; il avait notamment demandé à la CPI d'enquêter sur Netanyahu pour crimes de guerre

Le député Hadash-Taal Ofer Cassif s'exprime lors d'une discussion et d'un vote sur son expulsion en séance plénière  de la Knesset le 19 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le député Hadash-Taal Ofer Cassif s'exprime lors d'une discussion et d'un vote sur son expulsion en séance plénière de la Knesset le 19 février 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le député Hadash-Taal Ofer Cassif a écopé d’une suspension de deux mois de ses activités parlementaires après des plaintes déposées par les législateurs qui ont dénoncé ses critiques à l’égard des soldats qui luttent actuellement contre le Hamas, à Gaza. Une sanction qui a été décidée par la commission d’éthique de la Knesset dans la journée de mercredi.

La commission a fait savoir qu’elle avait interdit à Cassif de prendre part aux séances plénières et autres réunions de commission à partir du 19 octobre et jusqu’au 19 décembre, et que le salaire du député avait été réduit pendant deux semaines. Douze plaintes avaient été déposées contre le parlementaire, qui avait notamment demandé à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête pour crimes de guerre sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Cassif est à l’origine d’une « série de déclarations systématiques et persistantes qui accusent les soldats de Tsahal d’avoir commis de graves crimes de guerre, à la fois sur le fond que sur la forme, » a écrit la commission dans sa décision de mercredi.

Un tel comportement « porte atteinte à l’honneur de la Knesset et à la confiance que porte le public au parlement », renforçant les ennemis d’Israël en temps de guerre, a-t-elle ajouté.

La commission a fait savoir qu’elle avait décidé de reporter l’application de la sanction au mois d’octobre en raison des congés de la Knesset – et parce que le leader de la formation à majorité arabe Hadash-Taal, Ayman Odeh, purge déjà une suspension similaire aujourd’hui.

Dans le cadre de cette sanction, Cassif pourra toutefois continuer à voter à la Knesset, a précisé l’intéressé.

La commission a noté que la majorité des plaintes, qui ont été déposées par des membres de la Knesset – notamment par Tally Gotliv et Ofir Katz, élus sous l’étiquette du Likud – ainsi que par des membres du public, ont été soumises au cours d’une période de six mois pendant laquelle il avait été banni de la Knesset en raison d’un comportement similaire.

Une sanction qui avait été prononcée après qu’il a signé une pétition qui soutenait une motion sud-africaine qui accusait Israël de génocide devant la Cour internationale de justice. Il avait aussi estimé que les tireurs palestiniens qui affrontaient les troupes de Tsahal, à Jénine, étaient « des combattants de la liberté ».

Les nouvelles plaintes ont porté sur une série de propos publics au sujet de la guerre contre le Hamas à Gaza. Le député a notamment comparé le conflit à la Shoah, il a accusé l’État juif de génocide, de crimes de guerre et de nettoyage ethnique à Gaza et en Cisjordanie, comparant également les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël pour atteinte à la sécurité nationale et les otages israéliens retenus en captivité à Gaza. Il a qualifié Netanyahu de « meurtrier psychopathe » et il a demandé au procureur général de la CPI, Karim Khan, d’enquêter sur Netanyahu, le ministre de la Défense Israël Katz et sur d’autres ministres pour crimes de guerre.

Ofer Cassif, député du parti Hadash-Ta’al, dans son bureau à la Knesset, le 19 février 2025. (Crédit : Sam Sokol/Times of Israel)

Cassif a dénoncé la décision de la commission, disant qu’elle était une tentative d’éliminer la représentation arabe à la Knesset. Il a promis « de ne pas céder à ce harcèlement ».

Cassif est juif, mais Hadash-Taal est une formation parlementaire arabe.

« Il ne s’agit pas d’une question d’éthique parlementaire, il s’agit ici de censure politique et de persécutions, il s’agit de terroriser l’ensemble du camp de gauche, Arabes et Juifs confondus », a écrit Cassif en anglais dans un post publié sur le réseau social X. « Le véritable objectif de cette suspension est d’empêcher notre faction d’exercer toute activité parlementaire et, à plus long terme, d’éliminer toute représentation des citoyens arabes et juifs démocrates. Mes suspensions répétées ne sont, en quelque sorte, qu’un avant-goût de ce qui arrivera à l’avenir ».

La commission a déclaré que l’un des sujets ayant fait l’objet d’une plainte – elle avait été soumise par Oded Forer, député de Yisrael Beytenu, et par Almog Cohen, député d’Otzma Yehudit – n’avait pas enfreint les règles d’éthique de la Knesset.

Les parlementaires s’étaient insurgés à l’encontre d’un post paru sur X, au mois de février, dans lequel Cassif partageait une photo de Juifs alignés devant un bureau d’émigration à Vienne en 1938. Il avait écrit en légende que « ce mois-ci, il y a exactement 86 ans, le Bureau central pour l’émigration juive a été établi à Berlin dans le but d’encourager l’émigration volontaire des Juifs allemands ».

La commission a adressé un blâme à Cohen pour une déclaration dans laquelle il avait qualifié Cassif de « traître » qui, selon lui, incarnait « les intérêts du Hamas et du mouvement BDS et qui sert de cinquième colonne » – mais elle s’est néanmoins abstenue de prononcer une suspension ou une autre sanction.

En 2023, la commission avait suspendu Cohen de toute intervention en séance plénière ou dans les commissions de la Knesset pendant cinq jours pour avoir tenu des propos racistes à l’encontre des députés de l’opposition.

Le député d’Otzma Yehudit, Almog Cohen, prend la parole lors d’un rassemblement de soutien à la refonte judiciaire, à Tel Aviv, le 1er juin 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Une tentative d’éviction de Cassif de son siège, à la Knesset, avait échoué en séance plénière, au mois de février 2024, en raison d’un soutien insuffisant de la part de l’opposition à cette initiative. Seuls 85 députés avaient voté en faveur de ce renvoi, un chiffre en-deçà des 90 qui étaient requis.

Cette tentative avait suivi le soutien ouvert qui avait été apporté par Cassif au procès intenté par l’Afrique du Sud à l’encontre d’Israël devant la Cour internationale de justice – un soutien qui avait été qualifié de « traîtrise » par ses détracteurs.

Au mois de novembre 2024, Cassif avait été suspendu par la commission d’Éthique pour une durée de six mois en raison d’un comportement similaire.

En 2019, la commission centrale électorale l’avait déjà empêché de se présenter à la Knesset en raison de ses paroles provocatrices. Il avait notamment déclaré, à l’époque, que la ministre de la Justice en place à ce moment-là, Ayelet Shaked, était une « racaille néo-nazie ».

La semaine dernière, la commission parlementaire de la Knesset s’est aussi attaquée au chef de la faction Hadash-Taal, Odeh, suite à une déclaration qui a semblé mettre sur le même plan les otages israéliens détenus à Gaza par des terroristes et les prisonniers incarcérés pour atteinte à la sécurité nationale en Israël. Le vote sur sa destitution est prévu pour lundi.

Odeh est actuellement suspendu pour deux semaines, jusqu’au 22 juillet. Au mois de mars, il avait été sorti de force de la tribune du parlement après avoir accusé les soldats israéliens à Gaza de se livrer à des « meurtres » et de commettre « un massacre ».

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