Le ministère de l’Intérieur veut que la raffinerie Bazan soit exemptée de permis de construire
La municipalité de Haïfa saisit la Cour suprême, estimant que cette décision manque de transparence et est prise sans consulter les habitants et les autorités élues
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées
Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

La municipalité de Haïfa a saisi mardi la Haute Cour pour empêcher les urbanistes de l’État d’approuver un projet de décret du ministère de l’Intérieur visant à exempter la raffinerie de pétrole de Bazan, située à Haïfa, dans le nord du pays, de l’obligation d’obtenir un permis de construire pour réparer les dégâts causés par une frappe de missile balistique iranien le mois dernier.
Le ministère a publié un projet de décret sur son site web lundi soir afin de recueillir les commentaires du public. Le Conseil national de l’urbanisme et de la construction devrait se réunir mercredi à 14 heures pour se prononcer sur son adoption.
Avihu Han, adjoint au maire de Haïfa, a déclaré que cette décision manquait de transparence et était mise en œuvre « sans consulter les autorités locales, le ministère de l’Environnement, l’Association des villes de la baie de Haïfa pour la protection de l’environnement et les habitants de la région métropolitaine de Haïfa ».
« Pas de permis de construire signifie pas besoin de planification ni de supervision », a déclaré Han au Times of Israel.
« Nous ne comprenons pas ce que [Bazan] veut faire là-bas. »
Il y a trois ans, le gouvernement avait voté à l’unanimité la fermeture des raffineries ainsi que du complexe de stockage de pétrole associé dans un délai de dix ans et d’importer à la place les produits qu’ils fabriquent, appelés distillats. Un Directorat pour le Développement de la baie de Haïfa a été créée au sein du cabinet du Premier ministre afin de mener à bien cette tâche et de planifier la transformation de la baie de Haïfa, actuellement zone industrielle polluée, en un pôle résidentiel et technologique respectueux de l’environnement.
Pendant des années, les habitants, les militants écologistes et d’autres acteurs ont fait pression pour que le complexe de Bazan soit fermé et que les matériaux qu’il produit soient importés, en raison de la pollution importante qu’il provoque à Haïfa et dans ses environs, de la prévalence élevée de cancers et d’asthme, ainsi que des craintes d’une attaque par missile, qui s’est concrétisée lors de la guerre de douze jours entre Israël et la République islamique le mois dernier.
Deux missiles ont frappé le complexe de Bazan dans la nuit du 15 au 16 juin. Trois employés ont été tués dans l’incendie qui a suivi, et des pipelines ainsi que des lignes de transition ont été endommagés. L’installation, fermée pendant près de deux semaines, a partiellement rouvert le mois dernier et fait actuellement l’objet de réparations. Elle devrait reprendre pleinement ses activités d’ici octobre.
Dans l’avant-propos du projet de décret publié cette semaine, le ministère de l’Intérieur a écrit que « [l’attaque iranienne] a causé d’importants dommages aux installations essentielles nécessaires au fonctionnement continu de la raffinerie et à la production de ses produits, notamment à la centrale électrique qui produit l’électricité et la vapeur utilisées par les installations du complexe, ainsi qu’aux pipelines et aux infrastructures opérationnelles ».
« La raffinerie de Haïfa est la plus grande raffinerie du pays et fournit environ deux tiers de la consommation de carburant d’Israël. Par conséquent, il est nécessaire de la remettre en état rapidement afin d’approvisionner l’économie en produits essentiels et d’assurer la continuité des activités », a-t-il ajouté.
Le ministère a déclaré que cette mesure, qui est prévue pour une durée de trois ans, avait été proposée comme « une solution temporaire et urgente » étant donné que les procédures d’octroi des licences prennent « beaucoup de temps ».
Han a toutefois suggéré que « l’octroi d’une dérogation au permis de construire est l’outil le plus radical prévu par la loi sur l’urbanisme et la construction. Dans le cas présent, il est utilisé sur la base d’un argument qui s’est révélé erroné pendant la guerre [contre la République islamique], à savoir que la restauration de Bazan est essentielle à la continuité du secteur énergétique. »
L’action en justice intentée par la municipalité de Haïfa vise à révéler les projets du groupe Bazan pour ce site et les alternatives envisagées, a déclaré Han.
« Je ne pense pas qu’il soit juste que l’État [par le biais d’une compensation fiscale] investisse des sommes colossales dans une usine qui est censée fermer », a-t-il ajouté.
« La guerre a clairement montré que cette usine représente un danger pour la sécurité et qu’elle doit réduire son activité, voire fermer. »
La seule autre raffinerie de pétrole d’Israël est située dans la ville côtière d’Ashdod, au sud du pays.
la Communauté du Times of Israël !







