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La fermeture des raffineries de pétrole de la baie de Haïfa votée à l’unanimité

La fin des activités pétrochimiques d'ici une décennie et le lancement de projets d'infrastructure ont été votés ; les délais sont trop flous selon les groupes environnementaux

La zone industrielle de la baie de Haïfa, le 5 mai 2017. (Crédit: Yaniv Nadav/Flash90)
La zone industrielle de la baie de Haïfa, le 5 mai 2017. (Crédit: Yaniv Nadav/Flash90)

Le cabinet a voté à l’unanimité dimanche la fermeture des raffineries de pétrole polluantes du groupe Bazan dans la baie de Haïfa, dans le nord d’Israël, et de son complexe de stockage de pétrole dans la ville voisine de Kiryat Haim.

Confrontés à une pollution atmosphérique importante et à des incidences de cancer et de maladies respiratoires supérieures à la moyenne, les habitants de Haïfa, soutenus par des militants écologistes, font campagne depuis des années pour fermer le complexe.

Bazan occupe 526 km² dans la baie de Haïfa, à proximité des zones les plus peuplées du nord d’Israël. Sa raffinerie importe du pétrole brut pour fabriquer une gamme de produits raffinés (distillats) destinés à l’industrie, aux transports et à l’agriculture. Les filiales fabriquent des produits allant du bitume pour revêtements routiers aux cires, huiles, lubrifiants et polymères.

Une commission de hauts fonctionnaires constitué au sein du Cabinet du Premier ministre a recommandé l’année dernière que le complexe soit fermé « dès que possible, et dans un délai maximum de dix ans ».

Lors de la réunion de dimanche, les ministres ont voté pour l’arrêt des activités pétrochimiques d’ici une décennie. Par ailleurs, ils ont décidé que l’État lancerait des projets d’infrastructure, résidentiels et de transport à grande échelle dans la région s’élevant à des milliards de shekels.

Le plan permettrait la construction de 70 000 à 100 000 nouveaux bâtiments dans la zone métropolitaine de Haïfa.

Plans pour une nouvelle « baie de l’innovation » dans le nord de la ville de Haïfa après le retrait de l’industrie polluante de la raffinerie de pétrole, 29 juin 2020. (Crédit : Capture d’écran, commission des affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset)

« La décision du gouvernement est une étape importante dans un processus qui conduira à la fin de l’industrie pétrochimique dans la baie de Haïfa, à la récupération de la région et de ses environs, et à l’amélioration de la qualité de vie et de l’environnement dans toute la région », a déclaré Tamar Zandberg, ministre de la Protection de l’environnement, après le vote.

« L’importance de la décision est que l’ensemble du gouvernement s’y est engagé, et qu’elle offre un véritable horizon aux habitants de Haïfa et de toute la baie, et définit clairement la direction et les principales lignes d’action pour y parvenir. »

Cependant, des groupes environnementaux ont accusé le gouvernement de ne pas avoir présenté de calendrier détaillé et de budget approprié pour la décision.

« Contrairement à toute logique et à la recommandation des directeurs du ministère, il n’y a pas de date définitive de fermeture de la baie et d’arrêt du raffinage. Au lieu de fermer l’industrie pétrochimique, de nouvelles infrastructures sont en cours de construction pour stocker les carburants pétrochimiques à budgets énormes. C’est de la folie totale », a déclaré Elad Hochman, directeur de l’organisation environnementale Green Course.

Le groupe écologiste Homeland Guards s’est également opposé à la décision, qui, selon lui, était politiquement motivée, « détachée des besoins du public et de l’état d’esprit du mouvement écologiste, dépourvue d’initiative, qui enracine l’utilisation des combustibles fossiles en Israël et pourrait même étendre leur infrastructure. »

« Ce n’est pas ce que nous espérions, surtout d’un gouvernement qui se définit comme le plus respectueux de l’environnement de l’histoire d’Israël », a ajouté le groupe.

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