Les débats reviennent dans l’ancien bâtiment de la Knesset pour la première fois en 60 ans
Des étudiants de l'Université hébraïque ont crée un club de débat sur le modèle d'Oxbridge afin d'offrir une alternative au “discours public bruyant et superficiel”
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L’ancien bâtiment de la Knesset, situé dans le centre-ville de Jérusalem, a accueilli lundi son premier débat depuis 60 ans, à l’occasion du lancement d’une initiative étudiante de l’Université hébraïque visant à encourager un échange d’idées civilisé.
Intitulée Al HaMoked (« Sous les projecteurs »), cette initiative apolitique s’inspire des sociétés de débat d’Oxford et de Cambridge, fondées au XIXᵉ siècle.
La motion du débat de lundi portait sur le thème « Indépendance militaire ou accords régionaux ». Parmi les intervenants figuraient Moshe (« Bogie ») Yaalon, ancien chef d’état-major de l’armée israélienne et ancien ministre de la Défense du Likud, qui s’est ensuite rapproché du centre politique avant de quitter la scène politique et de devenir un fervent détracteur du Premier ministre Benjamin Netanyahu ; Uzi Dayan, ancien chef d’état-major adjoint, président du Conseil de sécurité nationale (NSC) et législateur du Likud ; Ksenia Svetlova, ancienne députée à la Knesset (Hatnua) et directrice exécutive de l’Organisation régionale pour la paix, l’économie et la sécurité ; ainsi que le Pr. Danny Orbach, historien militaire à l’Université hébraïque.
Les deux tiers de la centaine d’étudiants présents dans l’auditoire ont voté en faveur de la priorité accordée aux accords régionaux, soutenant ainsi Yaalon et Svetlova, bien que tous les intervenants aient souligné que la puissance militaire et la diplomatie allaient de pair.
Après le débat, les intervenants sont montés à l’étage pour poursuivre de longues discussions avec différents groupes d’étudiants.
Cette initiative est le fruit de l’imagination d’Adam Freeman, étudiant en première année de politique, économie et philosophie dans le cadre d’un programme lancé cette année par l’Institut Van Leer de Jérusalem (à titre d’information, Adam Freeman est le fils d’un journaliste du Times of Israel).
D’autres débats sont prévus pour la prochaine année universitaire.
En présentant la session, Adam Freeman a déclaré : « Israël a besoin de débats. À une époque où le discours public est devenu bruyant et superficiel, où les studios de télévision et les réseaux sociaux sont guidés par l’audimat, les polémiques et la petite politique, nous, en tant qu’étudiants, cherchons à créer une alternative. Nous voulons un espace où la tribune n’appartient pas à celui qui crie le plus fort, mais à celui qui apporte des connaissances, de la profondeur et de l’expertise. »
« Ici, dans ce bâtiment historique de la Knesset, la démocratie israélienne était dynamique à ses débuts… Notre objectif est de faire renaître cet esprit entre ces murs. D’inviter les plus grands experts dans ce bâtiment historique, afin de mener un débat digne et respectueux sur les questions brûlantes. »
Le débat s’est tenu dans le bâtiment du centre-ville de Jérusalem qui a abrité le Parlement israélien de mars 1950 à l’inauguration, en août 1966, du siège permanent de la Knesset à Givat Ram.
L’an dernier, l’ancienne Knesset, également connue sous le nom de « Beit Froumine », a été transformée en nouveau musée de la Knesset, après avoir été restaurée et reconstruite. Le dernier débat dans ce bâtiment remonte au 11 août 1966.
Le débat de lundi s’est déroulé dans la salle plénière reconstruite.
Moshe Fuksman-Shaal, directeur du musée de la Knesset, a déclaré : « Je suis ravi qu’après 60 ans, nous puissions à nouveau entendre des débats idéologiques passionnants entre ces murs. J’espère que ce n’est qu’un début. »
Le Beit Froumine, un bâtiment de trois étages que le Premier ministre de l’époque, Levi Eshkol, avait qualifié de « symbole de la renaissance d’Israël sur sa terre », a notamment été le théâtre de décisions relatives aux réparations allemandes pour la Shoah, aux lois du retour et de la citoyenneté, ainsi qu’à l’abolition de la peine de mort pour les homicides simples.
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