Les élus de la coalition critiquent les grévistes qui défilent pour les otages
Selon Smotrich, cela ne fait que « condamner les otages des tunnels » et Regev accuse les manifestants de « diviser ». Pour Eliyahu, les "familles endeuillées" sont instrumentalisées par des "anarchistes cyniques"
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Les députés de la coalition ont critiqué la grève générale de ce dimanche, à laquelle ont appelé les familles des otages et qui a reçu l’appui de nombreuses entreprises et organisations, en affirmant qu’elle servait avant tout les intérêts des ennemis d’Israël.
« Ce matin, la nation d’Israël s’est réveillée au beau milieu d’une campagne néfaste et dommageable qui fait le jeu du Hamas, condamne les otages des tunnels et tente d’obtenir la capitulation d’Israël devant ses ennemis », a écrit sur X le ministre des Finances d’extrême droite Bezalel Smotrich.
Cette grève doublée d’une journée de manifestation a été décidée suite à l’adoption ce mois-ci par le cabinet de sécurité d’un plan de conquête de la ville de Gaza, malgré les mises en garde des autorités militaires selon lesquelles l’opération mettrait en danger la vie des otages. Cette décision est par ailleurs considérée comme un coup dur envers toutes les initiatives visant à parvenir à un accord avec le Hamas autour d’un cessez-le-feu et de la libération des otages.
Smotrich a affirmé dimanche que la grève était loin d’être à la hauteur du battage médiatique de la semaine dernière.
« Cette campagne ne prend pas : elle n’a rassemblé qu’un tout petit nombre de personnes », a-t-il écrit. « L’État d’Israël ne se paralyse pas, il ne fait pas grève. »
Des manifestations sont prévues dans plusieurs centaines d’endroits, dans tout le pays, tout au long de cette journée, et des militants ont d’ores et déjà bloqué de grands axes routiers, dimanche matin, dès le début des manifestations.
Des centaines d’autorités locales, entreprises, universités, entreprises du secteur des hautes technologies et d’autres organisations ont annoncé leur intention de se joindra à cette grève ou, tout du moins, de permettre à leurs employés d’y participer, et ce alors même que la Histadrout, le plus grand syndicat, s’est désolidarisé du mouvement de grève.
Selon Smotrich, qui est ouvertement favorable à l’annexion de Gaza et du rétablissement des implantations, les événements de cette journée montrent bien que la « grande majorité » des Israéliens « comprennent qu’un État qui fait primer la vie ne peut pas capituler devant ses ennemis et arrêter la guerre au moment où il est sur le point de détruire le Hamas ».
Le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir, a lui aussi affirmé que « la frappe d’aujourd’hui a échoué ».
« Ce sont les mêmes personnes qui ont affaibli Israël avant le 7 octobre, et qui essaient de le refaire aujourd’hui », a-t-il ajouté en comparant de facto les manifestations antigouvernementales actuelles et celles de 2023 contre le projet de refonte judiciaire.
« Cela ne fait que servir les intérêts du Hamas et retarder la libération des otages », a affirmé Ben Gvir. « Et bien sûr, plus tard, ils accuseront le gouvernement israélien. Voilà à quoi ressemble une campagne politique aux dépens des otages. »
La ministre des Transports, Miri Regev, membre du Likud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a critiqué les « quelques personnes bien décidées à semer les divisions et faire de la solidarité avec nos chers otages un outil politique ».
« Ils brûlent les routes et endommagent les infrastructures », a-t-elle ajouté en publiant la photo d’un incendie sur une autoroute lors d’une manifestation. « Au lieu d’unir et de renforcer le peuple d’Israël et les otages, ils servent les intérêts du Hamas. »
Le ministre du Patrimoine, Amichay Eliyahu, a accusé ce qu’il a qualifié d’ opportunistes politiques d’exploiter la douleur des familles des otages et des personnes tuées le 7 octobre.
« Il y a un gouffre entre les familles en difficulté, dont la douleur obscurcit le jugement, et les anarchistes cyniques qui profitent de cette douleur », a écrit Eliyahu, membre du parti d’extrême droite Otzma Yehudit.
Il a laissé entendre que ceux qui participaient à ce mouvement « savaient exactement quel message ils envoient au Hamas… « Après une semaine ou deux de pression, vous aurez tout. »
Chaque appel « à mettre fin à la guerre est une nouvelle lampée d’oxygène pour le Hamas, dans les tunnels », a ajouté Eliyahu en affirmant que la « gauche avait besoin d’un adulte responsable » pour lui rappeler de « faire passer le pays avant la politique ».
Le ministre a ajouté que les familles des otages étaient « dignes de notre compassion, de notre compréhension, de notre soutien. Alors que les cyniques qui les exploitent ne méritent que notre mépris. »
Les sondages montrent depuis longtemps qu’une grande majorité d’Israéliens sont favorables à un accord avec le Hamas pour libérer les 50 derniers otages et mettre fin à la guerre. Le projet de conquête de la ville de Gaza devrait prendre des mois.
Le chef de l’opposition Yair Lapid a, quant à lui, témoigné de son soutien aux familles des otages et a offert son appui sans réserve à cette grève générale.
« Nous mettons le pays à l’arrêt, aujourd’hui », a déclaré Lapid dans une vidéo tournée sur la Place des Otages de Tel Aviv, dimanche matin, puis publiée en ligne.
« Parce que nos otages ne sont pas des pions que le gouvernement peut sacrifier à sa guise pour l’effort de guerre – ce sont des concitoyens que le gouvernement doit rendre à leurs proches », a-t-il ajouté. « Nous ne nous arrêterons pas, ils ne nous décourageront pas, ils ne nous épuiseront pas, nous continuerons à nous battre jusqu’à ce que les otages soient libérés, qu’il y ait un accord, que la guerre se termine. »
Sur X toujours, Lapid avait précédemment critiqué les « récents et révoltants arguments » des ministres qui « accusent les grévistes et les manifestants en faveur des otages d’aider le Hamas ».
« N’avez-vous pas honte ? Personne n’a autant servi les intérêts du Hamas que vous », a écrit Lapid. « La seule chose capable d’affaiblir le Hamas, c’est de débarrasser le pays de ce gouvernement défaillant et malveillant. La seule chose qui renforce le pays, c’est la formidable mentalité de ceux qui sont sortis, aujourd’hui, en solidarité avec Israël. »
Le président du parti Kakhol lavan-HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, a également exprimé son soutien aux familles et aux grévistes tout en critiquant les attaques du gouvernement.
« S’en prendre ainsi aux familles des otages – alors que vous êtes responsables de leurs enfants, retenus en otages par le Hamas depuis près de deux ans – nous affaiblit et nous divise », a écrit Gantz sur X. « Les soutenir – c’est ce qui nous renforce et ce leur donne de la force. »
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