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Grève et manifestations: les Israéliens militent pour le retour des otages et la fin de la guerre

Plus de 30 manifestants arrêtés, un canons à eau déployé près de Jérusalem ; des routes bloquées à travers le pays ; Isaac Herzog : "le peuple d'Israël veut que nos frères et sœurs reviennent"

Dimanche matin, les manifestants ont envahi les rues de tout Israël, à l’appel d’une grève générale nationale lancée par les familles endeuillées et les proches des otages. Ils se sont rassemblés sur des dizaines de sites pour réclamer la fin de la guerre à Gaza et le retour de toutes les personnes retenues en otage par les groupes terroristes dans l’enclave.

En début d’après-midi, la police a déclaré avoir arrêté plus de trente manifestants à travers le pays, tandis que des militants bloquaient les routes et, dans certains cas, s’opposaient aux forces de l’ordre qui tentaient de les disperser pour rouvrir les voies.

À l’extérieur de Jérusalem, la police a déployé un canon à eau pour disperser les manifestants qui s’étaient assis au sol dans un tunnel le long de la Route 16, qui mène à la capitale. À Tel Aviv, onze manifestants ont été arrêtés pour « troubles l’ordre public et entrave significative à la liberté de circulation » sur les routes, ont déclaré les forces de l’ordre.

Tout au long de la matinée de dimanche, les manifestants ont bloqué certaines portions de la Route 1, la principale autoroute reliant Tel Aviv à Jérusalem, ainsi que le boulevard Begin à Jérusalem, l’autoroute Ayalon à Tel Aviv, la Route 4 à la jonction de Raanana, les routes 65, 75 et 89 dans le nord d’Israël, et les routes 443, 40 et 44 dans le centre du pays.

Les manifestants se sont également rassemblés devant les domiciles de plusieurs ministres, notamment celui de Ron Dermer, ministre des Affaires stratégiques, à Jérusalem, de Yariv Levin, ministre de la Justice, à Modiin, de Nir Barkat, ministre de l’Économie, à Jérusalem, de Yoav Kisch, ministre de l’Éducation, à Hod HaSharon, et de Sharren Haskel, vice-ministre des Affaires étrangères, à Kfar Saba.

Organisée par le Conseil d’octobre, un groupe représentant les familles touchées par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, ainsi que par des survivants de cet assaut barbare et sanglant, cette manifestation réclame la fin de la guerre à Gaza et le retour des 50 otages toujours détenus dans la bande de Gaza. Ils ont lancé cette manifestation après que le cabinet a voté, au début du mois, la prise de contrôle de Gaza-City, malgré les avertissements de l’armée israélienne selon lesquels cette opération mettrait encore davantage en danger les otages.

Des manifestants réclamant la libération des otages et un accord de cessez-le-feu, près du domicile du ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, à Jérusalem, le 17 août 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Des centaines d’autorités locales, d’entreprises, d’universités, de sociétés technologiques et d’autres organisations ont annoncé qu’elles se joindraient à la grève ou qu’elles autoriseraient leurs employés à y participer s’ils le souhaitaient.

L’organisation syndicale Histadrout avait indiqué qu’elle ne participerait pas à la grève. Son président, Arnon Bar-David, s’est tout de même rendu dimanche sur la Place des Otages pour exprimer sa solidarité.

« Ce n’est pas une question de gauche ou de droite », a-t-il déclaré.

« Il s’agit de ramener des gens, de ramener des personnes qui ont été kidnappées, kidnappées dans leur lit, sur leur base, dans leur char. »

Anat et Haggaï Angrest, parents de l’otage Matan Angrest, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 17 août 2025. (Crédit : Ariela Karmel/Times of Israel)

Les principales activités de la journée se sont déroulées sur la Place des Otages, où des centaines de personnes ont défilé, notamment des familles d’otages, vivants ou morts, ainsi qu’un certain nombre de responsables israéliens.

S’exprimant depuis la Place des Otages, le président Isaac Herzog a déclaré que tout le pays était uni pour que tous les otages rentrent à la maison le plus rapidement possible.

« Il n’y a pas un seul Israélien qui ne souhaite pas leur retour », a-t-il souligné.

« Nous pouvons débattre de philosophie, mais en vérité, le peuple d’Israël veut que nos frères et sœurs rentrent à la maison. »

Le président Isaac Herzog et son épouse, Michal, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, dans le cadre d’une manifestation à l’échelle nationale, le 17 août 2025. (Crédit : Bureau du président)

S’adressant aux 50 otages toujours détenus par le Hamas à Gaza, dont au moins 20 seraient encore en vie, Herzog a déclaré : « Nous ne vous avons pas oubliés un seul instant. Nous mettons tout en œuvre pour vous ramener à la maison. »

Basculant en anglais, le président a exhorté la communauté internationale à intensifier la pression sur le Hamas.

« Je suis ici pour dire aux médias et aux décideurs internationaux que nos fils et nos filles sont emprisonnés à Gaza depuis 681 jours », a déclaré Herzog aux côtés de Sharon Sharabi, le frère de l’ex-otage Eli Sharabi, et de Yael Adar, la mère de Tamir Adar, tué par le Hamas le 7 octobre et dont le corps est retenu à Gaza.

« Nous voulons qu’ils rentrent à la maison au plus vite. Le monde entier devrait vouloir qu’ils rentrent à chez eux au plus vite. Cessez d’être hypocrites. Faites pression, car quand vous savez faire pression. Faites pression, et dites au Hamas : ‘Pas d’accord, rien, tant que vous ne les libérez pas’ », a ajouté le président.

« Je veux dire à nos frères et sœurs du monde entier que nous sommes tous dans le même bateau. Nous voulons que les otages rentrent à la maison. Ils sont la question la plus importante de l’actualité mondiale, et nous voulons les voir rentrer le plus vite possible. »

S’adressant également à la foule rassemblée sur la Place des Otages, l’ancienne otage Arbel Yehud, dont le petit ami, Ariel Cunio, est toujours retenu en captivité, a averti que la pression militaire ne permettrait pas de libérer ceux qui sont encore à Gaza.

« Je sais par expérience ce que c’est que d’être en captivité. Je sais que la pression militaire ne ramène pas les otages, elle ne fait que les tuer », a-t-elle déclaré.

« La seule façon de les ramener est de conclure un accord, tous en une fois, sans jeux politiques. »

De gauche à droite : Yarden Bibas, Sharon Aloni Cunio, Arbel Yehud et Eitan Cunio lors d’une manifestation, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 17 août 2025. (Crédit : Uriel Even Sapir)

Yehud s’est exprimée aux côtés de l’ex-otage Sharon Aloni-Cunio, qui a été relâchée en novembre 2023 avec ses deux filles et dont le mari, David Cunio, frère d’Ariel, est toujours captif, ainsi que de Yarden Bibas, le meilleur ami de David, qui a été relâché en février et dont l’épouse, Shiri, et leurs deux jeunes fils, Ariel et Kfir, ont été brutalement assassinés par leurs geôliers.

Relâchée en janvier dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu, Yehud a décrit les conditions suffocantes dans lesquelles elle vivait sous terre, « sans eau, sans air, sans pouvoir respirer », et a déclaré que la grève de dimanche ne pouvait rester un événement isolé.

« Nous devons interrompre notre vie normale encore et encore jusqu’à ce que ceux qui sont captifs soient libérés. Vous avez vu les photos, les vidéos, les horreurs. Combien de temps allez-vous continuer à fermer les yeux ? Il n’y a qu’un seul moyen de les ramener tous : un accord maintenant. »

S’exprimant également depuis la Place des Otages, Einav Zangauker, mère de l’otage Matan Zangauker, a exigé le retour immédiat de tous les otages.

Anat Angrest (à gauche), mère de l’otage Matan, s’exprimant aux côtés de Vicky Cohen (au centre) et Lishay Miran Lavi, sur la Place des Otages, à Tel Aviv, le 17 août 2025. (Crédit : Shaï Hazan/Mouvement de protestation pour la démocratie)

« Les otages sont tous nos enfants ! », a-t-elle déclaré.

« Nous devons les sauver maintenant ! »

Ayelet Goldin, la sœur de Hadar Goldin, soldat israélien tué à Gaza en 2014 dont le corps est détenu par le Hamas depuis onze ans, s’est exprimée avec émotion : « Je suis venue du plateau du Golan et j’ai vu que tous les carrefours étaient remplis de monde. »

Appelant les Israéliens à descendre dans la rue, Goldin a ajouté : « Les otages sont le cœur de la nation d’Israël. Nous devons les ramener afin de retrouver notre identité et nos valeurs. »

Les familles et les partisans des Israéliens retenus en otages par les terroristes du Hamas à Gaza depuis le pogrom du 7 octobre 2023 scandant des slogans alors qu’ils bloquent la circulation dans un tunnel lors d’une manifestation appelant le gouvernement à agir pour obtenir leur libération, à Jérusalem, le 17 août 2025. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Lishay Miran Lavi, dont l’époux Omri a été pris en otage le 7 octobre et qui est toujours détenu à Gaza, a déclaré : « Aujourd’hui n’est qu’un début. Nous avons l’intention d’intensifier la lutte. Nous n’avons pas d’autre choix. »

Au centre de la Place des Otages, des rangées de poussettes vides étaient disposées, une exposition poignante symbolisant les enfants tués lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023. Sur beaucoup d’entre elles étaient accrochées des pancartes jaune vif sur lesquelles on pouvait lire « Une mère n’abandonne jamais ».

Sous un grand auvent ombragé, des dizaines de mères étaient assises avec leurs bébés et leurs jeunes enfants, rassemblées dans un silence solidaire. Des poussettes étaient alignées le long d’autres installations présentant des photos des otages.

« Je veux qu’ils reviennent et que la guerre cesse, et nous n’arrêterons pas tant que ce ne sera pas le cas », a déclaré Dana, venue avec son bébé et un groupe d’autres mères pour se joindre à la manifestation des mères.

Des poussettes avec des rubans jaunes et des pancartes installées Place des Otages, à Tel Aviv, le jour de la grève nationale en faveur des otages du Hamas à Gaza, le 17 août 2025. (Crédit : Ariela Karmel/Times of Israel)

Nili Bresler, qui habite Ramat Gan, a déclaré être venue sur la Place des Otages pour soutenir son élève, Avinatan Or, toujours retenu en otage à Gaza. Il a été enlevé lors du festival Nova, en même temps que sa petite amie, Noa Argamani, qui, elle, a été sauvée l’année dernière.

« C’est un beau jeune homme, et nous espérons qu’il tient bon. Nous avons reçu un signe de vie le 12 mars. C’était il y a longtemps, mais c’est mieux que rien », a-t-elle déclaré, assise seule, une pancarte à la main sur laquelle figurait la photo d’Avinatan.

Bresler, qui enseigne l’anglais technique à des employés du secteur technologique, a enseigné à Avinatan, un concepteur de puces chez Nvidia : « Il est très talentueux et brillant, avec un grand cœur », a-t-elle ajouté, soulignant que la forte participation lui donnait « plus d’optimisme que jamais ».

Ruti Rosenberg, qui a grandi dans le kibboutz Ein HaShlosha, près de la frontière avec Gaza, et qui vit aujourd’hui à Kfar Saba, dit penser « tout le temps » aux otages et assister chaque samedi soir à des rassemblements pour réclamer leur libération.

« Nous continuerons à venir jusqu’à ce que ce gouvernement réussisse à les ramener », a-t-elle déclaré.

« C’est ce qui importe. »

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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