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Netanyahu et Lapid se disputent le titre clé de meilleur « chuchoteur » d’Israël auprès des États-Unis

Le chef de l’opposition cherche à entamer la réputation de longue date du Premier ministre en tant que défenseur efficace d’Israël, tandis que ce dernier tente de la renforcer en mettant en avant ses liens étroits avec Donald Trump

Le chef de l'opposition Yaïr Lapid (à droite) s'entretenant avec l'ancien ambassadeur des États-Unis en Israël, Daniel Shapiro, à l'Atlantic Council, à Washington, le 27 juillet 2026. (Crédit : Ron Kampeas viaJTA)
Le chef de l'opposition Yaïr Lapid (à droite) s'entretenant avec l'ancien ambassadeur des États-Unis en Israël, Daniel Shapiro, à l'Atlantic Council, à Washington, le 27 juillet 2026. (Crédit : Ron Kampeas viaJTA)

JTA – Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, se trouvent à Washington, officiellement pour assister aux funérailles de l’un des hommes politiques américains les plus fervents partisans d’Israël, Lindsey Graham.

Mais, comme l’a clairement indiqué Lapid lors d’une intervention lundi au sein du groupe de réflexion influent Atlantic Council, ils mènent également une campagne électorale acharnée et cherchent activement à s’attirer les faveurs d’un électeur qui ne votera pas en Israël le 27 octobre : le président américain Donald Trump.

Ou, plus largement, les faveurs des Américains.

Né en Israël et élevé à Philadelphie, Netanyahu a bâti sa carrière en se présentant comme le meilleur, voire l’indispensable, représentant de son pays auprès de son allié le plus important. Il a rencontré Trump mardi.

Dans son discours, Lapid s’est efforcé de dépeindre la diplomatie publique de Netanyahu – la caractéristique déterminante de sa carrière politique – comme un échec et une source de préjudice.

« Pour restaurer la réputation d’Israël, la première étape est évidente », a déclaré Lapid.

Le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, prenant la parole lors d’un événement organisé à l’Atlantic Council, à Washington, le 27 juillet 2026. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

« Il faut envoyer Benjamin Netanyahu et son groupe d’extrémistes, qui nous déchirent tant au niveau national qu’à l’étranger, à la retraite. »

Lapid, qui s’exprime dans un anglais fluide mais teinté d’un accent, affirme vouloir occuper le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du prochain gouvernement dirigé par Naftali Bennett. Il revendique lui aussi une grande proximité avec la mentalité américaine, comme en témoigne un essai qu’il vient de publier dans le magazine The Atlantic et consacré aux voyages en voiture à travers le pays qu’il effectue tous les deux ou trois ans.

Netanyahu s’est donné pour mission d’obtenir le soutien nécessaire pour poursuivre et remporter la guerre que Trump et lui ont lancée contre la République islamique d’Iran. Dans une allocution en hébreu enregistrée juste avant son départ d’Israël, lundi, il a mis en avant son amitié avec Trump.

« Je suis en route pour Washington afin de rencontrer notre ami, le président des États-Unis, Donald Trump », a-t-il déclaré aux côtés de son épouse, Sara, à la sortie de l’avion.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et le président américain Donald Trump, dans le Bureau ovale, le 28 juillet 2026. (Crédit : Bureau de la presse gouvernementale)

« Il s’agit de ma huitième rencontre avec lui depuis son élection pour son second mandat, soit plus qu’avec tout autre dirigeant mondial. C’est un immense privilège, mais aussi une grande responsabilité. »

Lapid et Netanyahu ont tous deux revendiqué leur amitié avec le sénateur républicain de Caroline du Sud, qui a aidé Netanyahu à convaincre Trump de lancer une guerre contre Téhéran.

Selon Netanyahu, Graham était « un véritable ami pour moi et pour l’État d’Israël ».

Lapid a utilisé Graham pour appuyer son argumentation selon laquelle l’objectif à long-terme pour Israël et pour les États-Unis devrait être l’effondrement du régime iranien.

« La dernière conversation que j’ai eue avec le regretté Lindsey Graham portait sur ce sujet », a-t-il déclaré lundi.

Dès le début de son intervention, Lapid a cherché à ébranler la réputation de Netanyahu en tant que « chuchoteur de l’Amérique », affirmant que les prochaines élections seraient « les plus dramatiques, les plus cruciales et les plus intenses que le pays ait jamais connues ».

« Voici la liste des choses à ne pas faire pour le gouvernement israélien si vous ne voulez pas assister à l’effondrement total du statut international du pays. »

Lapid a reproché à Netanyahu d’isoler Israël en cédant aux extrémistes de son gouvernement et en s’aliénant ses alliés. Il a ensuite présenté une feuille de route sur la manière dont le prochain Premier ministre devrait gouverner.

Montage photos de gauche à droite : Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre des Finances Smotrich, à la Knesset, à Jérusalem, en novembre 2025. (Crédits : Yonatan Sindel/Flash 90)

« Si un ministre de votre gouvernement déclare qu’il faudrait larguer une bombe nucléaire sur Gaza, renvoyez-le. Si un ministre de votre gouvernement affirme qu’il existe des circonstances où il est acceptable d’affamer la population civile, renvoyez-le. Si un ministre se tient debout devant un grand groupe de militants menottés, allongés sur le sol d’un centre de détention, en agitant un drapeau et en se moquant d’eux, renvoyez-le », a déclaré Lapid.

Il faisait référence, respectivement, aux déclarations et actions controversées du ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, du ministre des Finances, Bezalel Smotrich, et du ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir. Ces déclarations et actions ont été utilisées pour alimenter l’affirmation selon laquelle Israël commettrait un « génocide » contre les Palestiniens, dans le cadre de la guerre déclenchée par le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été assassinées.

La mission de Netanyahu intervient à un moment critique pour les relations entre les États-Unis et Israël, ainsi que pour sa propre réputation.

La cote de popularité de Trump est au plus bas, tandis que la guerre semble tourner à l’avantage de l’Iran, qui contrôle désormais le détroit d’Ormuz, une voie maritime essentielle pour le transit d’un cinquième du pétrole mondial. L’inflation a explosé, les alliés des États-Unis sont furieux et une large majorité d’Américains s’oppose à la guerre, alors que Trump est confronté à son propre test électoral à moins de cent jours des élections de mi-mandat.

Trump souhaite qu’Israël reste en dehors de la guerre, ce qui limite sa capacité à influencer l’issue du conflit, qui continue de peser sur sa frontière avec le Liban, où le groupe terroriste chiite du Hezbollah, proxy du régime iranien, espère retrouver sa puissance.

L’auditoire de Lapid ici est principalement de centre-gauche : son hôte lors de l’événement était Daniel Shapiro, l’ambassadeur de l’administration Obama en Israël. Un porte-parole de Lapid a déclaré qu’outre sa présence aux funérailles de Graham, sa seule apparition publique lors de son voyage aux États-Unis cette semaine aurait lieu en compagnie d’un groupe de sénateurs démocrates.

L’Atlantic Council est un organisme bipartisan, mais sa composante républicaine est principalement constituée de partisans de l’ancienne école, fervents défenseurs des alliances, que Trump a pratiquement écartés du parti. Stephen Hadley, conseiller à la sécurité nationale de l’ancien président George W. Bush et membre du conseil d’administration de l’Atlantic Council, se trouvait au premier rang.

Lapid a déclaré que la réconciliation avec les démocrates serait une priorité du prochain gouvernement si son « équipe de rêve » remportait la victoire, avec Bennett au poste de Premier ministre, Lapid à celui de ministre des Affaires étrangères et Gadi Eisenkot à celui de ministre de la Défense. Eisenkot, qui a récemment dépassé Bennett et Netanyahu dans les sondages, pourrait évidemment avoir une vision différente de la répartition des postes.

« Elizabeth Warren, John Ossoff et Tim Kaine ne sont pas l’ennemi », a-t-il déclaré, faisant référence aux sénateurs démocrates du Massachusetts, de Géorgie et de Virginie qui ont critiqué la conduite d’Israël dans la guerre contre le Hamas à Gaza et qui ont voté en faveur de la suspension de l’aide à la défense accordée à Israël.

« Le parti démocrate n’est pas l’ennemi. »

Bennett puis Lapid se sont relayés au poste de Premier ministre pendant les dix-huit mois du dernier gouvernement, en 2021 et 2022, mettant ainsi fin au mandat de douze ans de Netanyahu, commencé en 2009. À cette époque, Netanyahu était déjà persona non grata auprès des démocrates en raison de sa campagne acharnée contre la politique du président Barack H. Obama à l’égard de l’Iran.

Lapid, à l’instar d’autres candidats opposés à Netanyahu, semblait intimidé par les tentatives de ce dernier visant à ternir leur ancienne association avec Mansour Abbas, le chef de la Liste arabe unie. Bennett et Lapid sont entrés dans l’histoire en intégrant ce parti à la coalition gouvernementale.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid (à gauche) et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett s’étreignant lors d’un rassemblement de leur parti commun « BeYahad », à Tel Aviv, le 12 mai 2026. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Cela ne se reproduira plus », a déclaré Lapid, même si obtenir suffisamment de sièges pour gouverner s’avère plus difficile sans l’inclusion des partis arabes.

« J’ai de nombreuses discussions à ce sujet avec Mansour Abbas, qui semble mieux comprendre cela que certains de mes amis juifs : il est peut-être temps de former une coalition composée uniquement de partis sionistes », a-t-il ajouté.

Malgré sa plus grande affinité avec les démocrates, Lapid a critiqué la relation entre Netanyahu et Trump, affirmant que ce dernier était le meilleur allié de l’agenda du président au Moyen-Orient. Il a rappelé qu’il y a un an, il avait soumis au vote de la Knesset le plan en vingt points de Trump visant à instaurer la paix à Gaza, mais que Netanyahu et ses partenaires de coalition avaient préféré s’absenter plutôt que de voter en sa faveur.

« J’ai fait voter ce plan en vingt points ; je l’ai fait uniquement pour forcer la main à Netanyahu », a-t-il expliqué.

Netanyahu ne pouvait pas se permettre de soutenir ce plan, car ses dispositions prévoyant une autonomie palestinienne auraient pu lui coûter le soutien de ses partenaires de coalition de droite.

« C’est donc moi qui ai reçu tous les éloges de l’administration américaine », a déclaré Lapid.

« C’était amusant. »

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