Une installation sur le toit du centre commercial Azrieli rend hommage au 7-Octobre
L'exposition "We Will Rise" associe les textes de Noam Horev aux photos de Ziv Koren : un parcours de 45 min entre traumatisme et résilience
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Cela fait près de trois ans que le parolier Noam Horev et le photographe Ziv Koren mettent leur talent au service des Israéliens touchés par le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.
« Je suis devenu père en octobre 2023, et mon partenaire était dans la réserve. Je me suis réfugié dans l’écriture », confie Horev au Times of Israel.
« J’ai ressenti le besoin d’écrire ce que m’inspiraient les sentiments ressentis par le pays et l’optimisme que l’on ressentait encore, parfois. »
Koren, qui est photojournaliste, s’est rendu dans le sud à moto le 7-Octobre pour photographier les horreurs qui émergeaient à peine du massacre commis par le groupe terroriste palestinien du Hamas.
Les deux hommes se sont associés au groupe Azrieli pour monter l’exposition « We Will Rise », une installation émouvante et plurielle qui a ouvert ses portes le 9 juin et fermera ses portes en octobre.
L’exposition se déploie sur une surface de près de 500 mètres carrés spécialement conçue pour l’occasion sur le toit du centre commercial Azrieli, à Tel Aviv.
L’installation comprend dix structures de grande taille, chacune présentant un texte de Horev lu à voix haute, en correspondance avec les photos de Koren — des images familières, parfois traumatisantes, souvent obsédantes.
Lors d’une visite d’environ 45 minutes, on passe d’un point à l’autre avec son système audio personnel, disponible en hébreu ou en anglais.
On y évoque des épisodes du 7-Octobre, comme par exemple lorsque les soldats sont témoins des destructions et du carnage, ou plus tard, lorsque les Israéliens se sont battus pour faire revenir les 251 otages enlevés à Gaza, ou encore lorsque le pays s’est mué en une incroyable force de bénévoles pour aider ceux qui en avaient besoin.
Il y a d’autres images frappantes, à l’image du mur d’autocollants des victimes, du tas de plaques d’identification d’otages, des photos des blessés et mutilés en train de se rééduquer, le visage de l’ex-otage Gadi Mozes dans le champ de pommes de terre de son bien-aimé kibboutz Nir Oz.
Les mots de Horev donnent une voix aux images et parfois se mêlent aux témoignages d’autres personnes — comme ces soldates de surveillance qui écrivent sur les premiers instants de leur enlèvement, lorsqu’elles se demandaient si elles étaient vivantes ou mortes.
La fin de l’exposition donne à voir des images fortes du retour des otages, des retrouvailles avec leurs proches et de leur retour progressif à la vie quotidienne.
« Nous avons cherché le moyen de traduire sur le plan artistique ce que nous avons tous vécu », explique Danna Azrieli, PDG du groupe Azrieli.
« Nous avons fait en sorte de créer des images et des photos dans lesquelles chacun puisse se retrouver. »
Koren et Horev ont tous deux publié un ouvrage sur cette période ; celui de Koren est « The Return in October », un recueil de photos qui fait suite à son volume précédent, « The Seventh of October ».
Certains textes et poèmes de Horev ont été écrits pour les besoins de cette installation, tandis que d’autres sont tirés de son livre Transparent Threads.
Koren voit dans cette installation une « tentative de parler de la mémoire vivante de cette période — la douleur et le chagrin, mais aussi la vitalité et la capacité à se relever ».
Horev et Koren se connaissaient et avaient déjà quelques idées en tête lorsque Azrieli a rejoint le projet.
« On est toujours un peu inquiet quand une grande organisation s’associe, parce qu’on a peur qu’elle perde son âme », confie Horev.
« Mais c’était important pour eux de commémorer ces moments, et ils ont vraiment mis l’art au tout premier plan. »
« Ce pays est miraculeux », estime Horev.
« On nous traque, on veut nous tuer, mais nous sommes encore là et nous continuons à avoir des enfants, à cultiver des champs et à reconstruire nos maisons. Il y a beaucoup de problèmes, mais ce sont les gens que l’on ressent. Ce projet est donc une sorte de chant d’hommage à ce pays. »
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