L’Autorité palestinienne n’a pas l’intention de déployer de forces dans la bande de Gaza s’il n’y a pas également d’initiative diplomatique claire entre Jérusalem et Ramallah à l’horizon, a déclaré une source palestinienne mercredi.

Mais la même source a également fait savoir que les Etats-Unis avaient menacé l’Autorité palestinienne de sanctions si celle-ci prenait des mesures unilatérales pour devenir membre d’organisations internationales.

Il y a eu récemment plusieurs conversations entre responsables israéliens et palestiniens avec quelques espoirs de reprise des négociations, a précisé la source, mais il est évident que le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas à l’esprit, aujourd’hui, de nouveau plan diplomatique ou de carte d’un futur Etat palestinien.

Dans un discours prononcé le 20 août, Netanyahu a déclaré qu’il y aurait un « nouvel horizon diplomatique » et exprimé l’espoir que le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas y participerait.

Abbas a exprimé, de manière de plus en plus pressante, une demande qu’Israël produise une carte indiquant les frontières d’un futur Etat palestinien comme point de départ pour de nouvelles négociations.

« Israël doit s’asseoir avec nous et rédiger une feuille de route diplomatique qui relie la bande de Gaza et la Cisjordanie, qui constitue un horizon diplomatique et un accord de paix » a déclaré la même source palestinienne au Times of Israel.

« Mais l’Autorité palestinienne ne vise pas à envoyer de forces dans la bande de Gaza ou à les déployer comme une force-tampon entre Israël et le Hamas sans un tel plan. Nous arriverons à une situation dans laquelle le Hamas et Israël nous attaqueront alternativement. L’Autorité palestinienne n’a pas l’intention de s’impliquer à Gaza, ou dans la police de Gaza sans horizon diplomatique ».

Le diplomate a encore souligné que pour l’AP, il y a eu une décision ferme de ne pas s’impliquer dans Gaza sans un accord clair du Hamas que toutes les armes qui y circulent actuellement passent « sous la coupe d’une seule autorité ». Il a également averti que s’il n’y avait pas de percée diplomatique bientôt, dans les six ou douze prochains mois, la coopération en matière de sécurité entre Israël et l’Autorité palestinienne allait s’arrêter.

États-Unis : Ne faites pas cavalier seul

Autre révélation : lors d’une conversation la semaine dernière entre le secrétaire d’Etat américain John Kerry et une délégation palestinienne qui comprenait les négociateurs Saeb Erekat et Majed Faraj, Kerry a menacé explicitement l’AP de mesures sévères contre le fait que les Palestiniens décident d’adhérer à des organisations internationales telles que la Cour pénale internationale.

Les Palestiniens ont été avertis que les efforts afin d’obtenir une décision du Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter le plan diplomatique d’Abbas pour la reconnaissance d’un Etat palestinien seraient un échec.

« Kerry a expliqué que si nous allions au Conseil de sécurité des Nations unies, le gouvernement mettrait son veto » a déclaré le diplomate.

« Il a également souligné qu’il y aurait de graves répercussions à une approche unilatérale de notre part quant aux organisations internationales, comme un frein au soutien économique. Il a demandé à retarder les décisions et à rencontrer Abbas en marge de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies qui aura à la fin du mois à New York.

La source a encore déclaré que, selon Kerry, la position diplomatique israélienne à la suite du conflit de Gaza est « devenue encore plus difficile. Cela retarde encore davantage les questions de sécurité ».

Kerry a suggéré que si les problèmes de sécurité étaient réglés, alors des progrès pourraient être réalisés dans d’autres domaines.