Bismuth promet l’adoption en décembre de la loi sur la conscription des ultra-orthodoxes
"J'admire ceux qui portent l'uniforme, mais j'admire tout autant ceux qui étudient la Torah", dit le président de la commission de la Défense de la Knesset à la Quatorzième chaîne
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Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Boaz Bismuth, a annoncé mardi soir qu’une version révisée du projet de loi du gouvernement visant à réglementer la conscription militaire des ultra-orthodoxes sera présentée aux législateurs la semaine prochaine. L’objectif est de soumettre le texte à ses deux dernières lectures en décembre.
Lors d’une apparition dans l’émission « HaPatriotim » de la Quatorzième chaîne, pro-gouvernement, le député du Likud a affirmé que « personne qui aime ce pays ne peut s’opposer » à cette législation controversée, estimant que ses détracteurs étaient animés par des « motifs politiques ». Selon lui, le projet de loi permettrait d’envoyer davantage de soldats dans une armée confrontée à une grave pénurie de main-d’œuvre.
On estime actuellement à quelque 80 000 le nombre d’hommes ultra-orthodoxes âgés de 18 à 24 ans éligibles au service militaire, mais n’ayant pas été enrôlés. Tsahal a indiqué avoir un besoin urgent d’environ 12 000 recrues supplémentaires en raison de la pression accrue sur les troupes permanentes et de réserve, engagées dans la guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza et sur d’autres fronts.
Depuis un an, les dirigeants haredim cherchent à faire adopter une loi rétablissant les exemptions de conscription, après que la Cour suprême a jugé illégales celles accordées depuis des dizaines d’années aux étudiants haredim à plein temps dans les yeshivot.
Bismuth a été nommé président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense en août, après que les deux partis ultra-orthodoxes de la coalition, Shas et Yahadout HaTorah, ont quitté le gouvernement pour protester contre son incapacité à faire progresser cette législation longtemps bloquée, qualifiée par ses détracteurs de « loi d’évasion ».
Une fois en poste, Bismuth a rejeté la version du projet préparée par son prédécesseur Yuli Edelstein – vivement critiquée par les partis haredim – et a repris les travaux depuis le début. Il a déclaré que les Israéliens devaient « trouver un équilibre » entre l’étude de la Torah et le service militaire : « Israël a besoin à la fois de soldats et d’érudits de la Torah. »
« L’armée a besoin de soldats ; c’est l’objectif de cette loi. Nous sommes un État juif, nous respectons les érudits de la Torah ; c’est l’objectif de cette loi. Donc, avec tout le respect que je leur dois, ceux qui s’y opposent ne veulent qu’une seule chose : renverser un gouvernement et rien d’autre », a déclaré Bismuth mardi.
Faisant écho aux propos du Premier ministre Benjamin Netanyahu la veille, Bismuth a affirmé que la législation conduirait à la conscription de 10 000 haredim dans les deux ans un chiffre appelé à augmenter par la suite.
Il a précisé que « des sanctions personnelles, institutionnelles et sévères » seraient appliquées à ceux qui refuseraient de servir, tout en soulignant la nécessité de respecter le mode de vie ultra-orthodoxe et qu’il ne s’agissait pas de « sanctions destinées à narguer les haredim ».
Déclarant avoir rencontré de nombreux rabbins de la communauté haredi, il a indiqué que le consensus parmi eux était que ceux qui étudient la Torah à plein temps devraient être autorisés à continuer, tandis que ceux qui ne le font pas devraient s’enrôler.
« J’admire ceux qui portent l’uniforme, mais tout autant – et je le dis haut et fort – j’admire ceux qui étudient la Torah », a-t-il insisté, ajoutant qu’il travaillait d’arrache-pied pour garantir que le texte résiste à un éventuel examen de la Cour suprême.
Lundi, il avait reporté une série de discussions sur le projet, le conseiller juridique de la commission ayant demandé plus de temps pour préparer une nouvelle version à partir d’un document de principes présenté la semaine dernière.
Selon des informations publiées en hébreu, ce document prévoit que dans un délai de cinq ans, 50 % des hommes ultra-orthodoxes éligibles au service devront être enrôlés, l’âge d’exemption restant fixé à 26 ans. Le financement public des yeshivot ne serait réduit qu’en cas de non-atteinte des quotas de conscription après un an, tandis que les sanctions individuelles n’entreraient en vigueur qu’après deux ans si les objectifs globaux n’étaient pas atteints.
De plus, les personnes sanctionnées ne perdront pas leur permis de conduire, mais des restrictions s’appliqueront à la délivrance de permis aux réfractaires.
La proposition de Bismuth a aussitôt suscité de vives critiques dans l’opposition, qui affirment que son véritable objectif est de préparer le terrain pour le retour du parti ultra-orthodoxe Shas dans la coalition après sa démission pour protester contre la précédente version du texte. L’ancien député du Shas Ariel Attias a représenté les partis haredim lors des négociations sur cette nouvelle mouture.
Les efforts récents visant à faire respecter la conscription par l’arrestation des réfractaires se sont révélés inefficaces, le chef de la direction du personnel de Tsahal ayant récemment déclaré aux législateurs qu’il fallait disposer d’un ensemble complet d’outils, y compris des sanctions contre ceux qui refusent de servir.
« Pourquoi une personne légalement définie comme criminelle parce qu’elle se soustrait à la conscription peut-elle représenter des contrevenants à la loi et exercer comme avocate ? Pourquoi un réfractaire peut-il conduire sur la route ? », a-t-il demandé, reprenant des arguments similaires formulés par des responsables du ministère des Finances et du bureau de la procureure générale.
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