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Les arrestations des réfractaires haredim au service militaire sont inefficaces – Tsahal

Le leader de "Frères d'armes" exclu du débat sur l’enrôlement des ultra-orthodoxes après s'être vu refuser la parole devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense

Des Juifs ultra-orthodoxes affrontant la police lors d'une manifestation contre la conscription des étudiants en yeshivas, sur la Route 4, à hauteur de Bnei Brak, le 11 septembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes affrontant la police lors d'une manifestation contre la conscription des étudiants en yeshivas, sur la Route 4, à hauteur de Bnei Brak, le 11 septembre 2025. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les jeunes ultra-orthodoxes qui se soustraient à l’appel du drapeau parviennent toujours à échapper à l’enrôlement grâce à d’importantes lacunes juridiques, ce qui rend inutile les efforts visant à les placer en détention, a indiqué le chef du Directorat des Ressources humaines de l’armée israélienne aux députés dans la journée de mercredi.

« Ces arrestations amènent les personnes concernées dans des centres de détention, [mais] elles ne s’enrôlent pas car nous avons des failles dans la loi qui sont aussi larges qu’un portail dans une clôture : il y a des psychiatres et une armée d’avocats qui organisent ce qu’on appelle ‘l’exemption’, » a précisé le général de division Dado Bar Kalifa alors qu’il s’exprimait devant les membres de la commission de Contrôle de l’Etat à la Knesset.

Il a ajouté que les arrestations devraient s’intensifier, car de plus en plus de jeunes hommes haredim tentent de se rendre à Oman, en Ukraine, pour le pèlerinage annuel de Rosh HaShana, où ils se recueillent chaque année sur la tombe du rabbin Nachman de Breslev. Lundi, plus d’une vingtaine de jeunes ultra-orthodoxes ont été arrêtés lundi à l’aéroport Ben Gurion alors qu’ils tentaient de se rendre à ce pèlerinage.

Bar Kalifa a indiqué que des unités de la police militaire avaient été envoyées pour arrêter les réfractaires au service militaire, ce qui les empêchait d’effectuer des tâches liées à la sécurité, comme bloquer les routes menant à la bande de Gaza. « Vous avez investi toutes vos ressources, mais vous n’avez rien obtenu », a-t-il déploré.

Il a fait remarquer que ce genre d’arrestations posait également des problèmes à la police, qui doit faire face à des manifestations et à des tentatives de blocage des routes dans leur sillage.

« La police nous a demandé de recruter sept compagnies de réservistes de la police des frontières, et dans le même temps, nous continuerons à faire respecter la loi et à coordonner nos actions avec les autorités », a noté Bar Kalifa.

Le général de division Dado Bar Kalifa, chef du Directorat des Ressources humaines de l’armée israélienne, s’exprimant lors d’une conférence organisée pour le bataillon ultra-orthodoxe Netzah Yehuda, à Jérusalem, le 28 janvier 2025. (Crédit : Oren Ben Hakoon/Flash90)

« Nous ne souhaitons pas procéder à des arrestations. Nous voulons des soldats », a-t-il ajouté.

« J’ai besoin de plus de soldats, et dans le même temps, de nombreux officiers de carrière demandent actuellement à quitter l’armée israélienne, et nous devrions être très préoccupés par cette réalité », a-t-il déclaré.

Tsahal a déclaré à plusieurs reprises qu’elle était confrontée à une pénurie de main-d’œuvre et qu’elle avait actuellement besoin de quelque 12 000 nouveaux soldats, dont 7 000 seraient affectés aux combats.

Une capacité d’absorption limitée

Selon Bar Kalifa, l’armée veillera à pouvoir intégrer autant de soldats haredim que le prévoit un projet de loi réglementant l’enrôlement des étudiants en yeshiva, actuellement en discussion au sein de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset. Toutefois, elle n’aura pas la capacité d’absorber la totalité des 80 000 hommes actuellement éligibles à la conscription s’ils devaient s’engager.

Parallèlement, des mesures sont prises pour garantir que les soldats haredim bénéficient de conditions adaptées, avec la mise en place de « plusieurs filières » adaptées aux ultra-orthodoxes, telles que des unités orientées vers la pratique ultra-orthodoxe, comme le bataillon Netzah Yehuda et la brigade hasmonéenne. L’armée « en ouvrira davantage à l’avenir », a-t-il déclaré.

Mais « vous ne voulez pas que nous investissions des ressources considérables dans la construction de bases et la création de brigades pour les haredim alors que nous ne savons pas comment ils vont réagir », a-t-il fait remarquer, ajoutant que l’armée s’était « engagée à créer un ordre d’état-major général et un poste de conseiller sur les affaires ultra-orthodoxes, et que le chef d’état-major avait déjà approuvé cette mesure ».

Un tel décret répondrait aux préoccupations exprimées par certains dirigeants haredim, comme le rabbin Moshe Maya, membre du Conseil des Sages de la Torah du parti Shas au pouvoir, qui a déclaré le mois dernier sur la radio Kol Haï qu’un tel décret était nécessaire pour que tout arrangement facilitant l’enrôlement des ultra-orthodoxes soit « valable ».

Des soldats de la brigade hasmonéenne participant à une cérémonie au mur Occidental , à Jérusalem, le 6 août 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Un appel à des sanctions

S’adressant à la commission de Contrôle de l’État, Bar Kalifa a insisté sur le fait que « l’application de la loi seule ne suffit pas » et qu’il faut un ensemble complet d’outils, y compris des « sanctions » contre les réfractaires à la conscription.

« Pourquoi une personne légalement considérée comme un criminel parce qu’elle a refusé de faire son service militaire peut-elle représenter des contrevenants à la loi et exercer la profession d’avocat ? Pourquoi un réfractaire à la conscription peut-il conduire sur la route ? », a-t-il demandé, faisant écho à des appels similaires lancés par des responsables du ministère des Finances au bureau de la procureure générale.

Bar Kalifa a déclaré que, bien que l’armée fasse tout son possible, elle a besoin d’une meilleure coordination de la part des autres organismes publics, en pointant du doigt le ministère de l’Éducation et en exigeant qu’il fournisse des informations, vraisemblablement sur les étudiants diplômés éligibles à l’enrôlement, « afin que nous puissions déterminer avec précision les chiffres pour chaque année ».

Une altercation avec un réserviste

Pendant que Bar Kalifa s’entretenait avec les députés de la commission de Contrôle de l’État, les débats s’échauffaient à la commission des Affaires étrangères et de la Défense, dont les membres discutent actuellement du projet de loi controversé soutenu par le gouvernement visant à réglementer l’enrôlement et les exemptions des haredim.

Au cours de la discussion, des réservistes ont vivement critiqué le projet de loi, l’un d’entre eux allant même jusqu’à affirmer que les délibérations de la commission étaient « une totale perte de temps ».

Le président Boaz Bismuth (Likud), proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a ordonné l’expulsion du réserviste Omri Ronen, l’un des leaders du groupe de protestation anti-gouvernement « Frères d’armes » (Brothers in Arms), après que celui-ci eut interrompu à plusieurs reprises les débats.

« Pourquoi ne devrais-je pas interrompre ? Vous ne me laissez pas parler », a déclaré Ronen avant d’être expulsé de la salle par les services de sécurité de la Knesset.

« Ceux qui ont appelé au refus et calomnié l’État d’Israël ne seront pas ici ; le groupe Frères d’armes ne prendra pas la parole ici », a déclaré Bismuth, faisant référence aux appels lancés par le groupe militant avant le 7 octobre, dans lesquels il invitait les réservistes à cesser leur service en signe de protestation contre le programme de refonte judiciaire élaboré par le gouvernement.

« La Faction de Jérusalem a le droit de s’exprimer ici, mais pas Brothers in Arms ? », a protesté le député Moshe Tur-Paz (Yesh Atid), faisant référence à un groupe ultra-orthodoxe extrémiste connu pour son opposition farouche au service militaire.

Bismuth et le groupe Frères d’armes se sont déjà affrontés par le passé, le parlementaire refusant de rencontrer ses dirigeants tant qu’ils n’auraient pas renoncé à leur rhétorique antérieure. En réponse, des militants l’ont accusé le mois dernier de chercher à faire adopter une « loi sur les exemptions militaires » et ont manifesté devant son domicile, à Tel Aviv.

Après l’expulsion de Ronen, le groupe Frères d’armes a écrit sur le réseau social X que cet incident représentait « un nouveau coup bas » de la part d’un « gouvernement de réfractaires et de déserteurs ».

L’appel d’Edelstein

Dans un message publié sur Facebook après le débat, l’ancien président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Yuli Edelstein (Likud), a insisté sur le fait que les réservistes « qui ont été déployés à maintes reprises n’ont pas de temps à perdre ».

« Une fois de plus, ils ont parlé des sections du projet de loi dont j’avais déjà discuté, et je ne pouvais m’empêcher de penser aux demandes que j’avais reçues de la part des réservistes et de leurs familles », a-t-il déclaré, soulignant que beaucoup d’entre eux seraient absents de leur famille pendant la fête de Rosh HaShana.

Le député du Likud, Yuli Edelstein, lors d’une réunion d’une commission de la Knesset, le 4 août 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Nous devons élargir la base de recrutement de Tsahal. Il existe des moyens d’y parvenir. Il suffit de le vouloir et de comprendre que nous n’avons tout simplement pas d’autre choix. »

Edelstein a été évincé de la présidence de la commission plus tôt cette année, à la suite d’un conflit avec les dirigeants haredim au sujet du projet de loi. Après avoir annulé les modifications apportées au texte par Edelstein, les députés de la commission débattent actuellement d’une version du projet de loi initialement proposée en 2022, puis réintroduite par la Knesset en 2024.

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