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Les haredim n’étudiant pas à plein temps peuvent s’enrôler – chef spirituel du Shas

Si Tsahal inscrit la protection des soldats haredim dans les ordres généraux et leur permet d'observer le Shabbat, "pourquoi ne s'engageraient-ils pas ?", demande le rabbin Moshe Maya

Le rabbin Moshe Maya s'exprimant lors d'un rassemblement organisé au premier anniversaire de la mort du rabbin Shimon Hariri, à Tel Aviv, le 28 février 2024. (Crédit : Yaacov Cohen/Flash90)
Le rabbin Moshe Maya s'exprimant lors d'un rassemblement organisé au premier anniversaire de la mort du rabbin Shimon Hariri, à Tel Aviv, le 28 février 2024. (Crédit : Yaacov Cohen/Flash90)

Dans un revirement spectaculaire, l’un des principaux chefs spirituels du parti ultra-orthodoxe Shas a déclaré lundi que les haredim qui ne sont pas inscrits à temps plein dans une yeshiva pouvaient servir dans l’armée, à condition que celle-ci s’engage à leur permettre de respecter leur mode de vie.

Intervenant sur la station de radio Kol Haï, le rabbin Moshe Maya, membre du Conseil des Sages de la Torah, organe dirigeant du Shas, a déclaré : « Si un arrangement existe pour qu’une personne qui s’engage ne vienne pas profaner le Shabbat et préserve sa sainteté et sa pureté, pourquoi ne s’engagerait-elle pas ? »

Cependant, le rabbin a stipulé que ces dispositions devaient être inscrites dans « un ordre officiel de l’état-major général de Tsahal », sans quoi elles seraient « sans valeur ».

L’été dernier, à la suite de la décision de la Cour suprême mettant fin aux exemptions de service pour les étudiants des yeshivot, Maya avait adopté un ton très différent, déclarant à la radio Kol BeRama qu’il était « interdit [même] aux personnes ne se consacrant pas entièrement à l’étude de rejoindre l’armée », car elles « finiraient par violer le Shabbat ».

« Sans les étudiants de la Torah, il y aurait eu beaucoup plus de morts », avait déclaré Maya à l’époque.

« Nous prions et versons d’innombrables larmes pour les soldats, afin que les otages soient libérés. Notre rôle dans cette guerre est d’étudier et d’étudier encore, et le Tout-Puissant frappera nos ennemis avec douceur, faiblesse et peur. »

Des manifestants ultra-orthodoxes brûlant des ordres d’enrôlement lors d’une manifestation devant la prison militaire de Beit Lid, le 14 août 2025. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

Les déclarations de Maya reflètent la crainte de certains milieux ultra-orthodoxes que le service militaire, même adapté aux besoins spécifiques de la communauté, ne mette en danger celle-ci en exposant les jeunes hommes à la culture extérieure et en les amenant à se mélanger à la société non haredi.

Les partis ashkénaze, Yahadout HaTorah, et séfarade, Shas, ont tous deux fait pression pour l’adoption d’une loi permettant à la plupart des hommes ultra-orthodoxes d’échapper à la conscription militaire ou à tout autre service national.

On estime actuellement à environ 80 000 le nombre de haredim âgés de 18 à 24 ans et aptes au service militaire, mais qui n’ont pas été enrôlés. L’armée a déclaré avoir un besoin urgent de 12 000 recrues en raison de la pression exercée sur les forces permanentes et de réserve dans le contexte de la guerre en cours contre le Hamas à Gaza et d’autres défis militaires.

En juin, Maya a été l’un des nombreux rabbins haut placés du Shas à signer une lettre ouverte exprimant leur opposition à tout compromis sur l’enrôlement qui conduirait à la conscription des étudiants en yeshiva. Dans cette lettre, les rabbins déclaraient qu’il était interdit à ceux qui ne fréquentaient pas les yeshivot de s’enrôler, même dans les « filières dites ‘ultra-orthodoxes’ ».

Des soldats ultra-orthodoxes de la brigade Hasmonéenne participant à une cérémonie, après avoir terminé sept mois d’entraînement de base et avancé, au mur Occidental, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 6 août 2025. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Cependant, il a commencé à assouplir sa position peu de temps après, déclarant quelques semaines plus tard que si, pour l’instant, aucun haredi ne pouvait s’enrôler, « si des structures militaires sont mises en place avec l’accord des rabbins, qui garantiront certainement la sécurité de tous les haredim – et nous savons que cela aura une validité juridique -, alors seuls ceux qui n’étudient pas du tout devraient être appelés ».

Tsahal propose actuellement plusieurs filières aux soldats ultra-orthodoxes, notamment le bataillon Netzah Yehuda (également connu sous le nom de Nahal Haredi) et la toute nouvelle brigade Hasmonéenne.

La nouvelle position de Maya semble correspondre aux opinions précédemment exprimées par les ministres Shas, qui avaient ensuite été rejetées par le parti.

En avril 2024, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Moshe Arbel, avait fait valoir qu’il n’y avait plus de justification « morale » pour exempter du service militaire les ultra-orthodoxes qui n’étudiaient pas en yeshiva.

Ces déclarations faisaient écho à celles de Yaakov Margi, un autre membre du parti Shas, qui avait déclaré au site Kikar HaShabbat en février 2024 que les membres de la communauté haredi qui ne se consacraient pas à l’étude de la Torah à plein temps devraient être enrôlés « de force ».

Cette approche semble nettement plus modérée que celle du chef spirituel du Shas et ancien Grand Rabbin séfarade Yitzhak Yosef, qui a insisté sur le fait qu’il est « interdit d’aller à l’armée, même pour ceux qui sont inactifs » et a menacé que si le gouvernement arrêtait les étudiants en yeshiva pour avoir déserté, la communauté ultra-orthodoxe serait contrainte de quitter Israël.

À la suite des récentes opérations de l’armée contre les réfractaires à la conscription, la communauté haredi a déclaré la « guerre », organisant régulièrement des manifestations devant la prison militaire de Beit Lid et bloquant des routes dans tout le pays.

Alors que les députés peinent à adopter un projet de loi réglementant l’enrôlement des ultra-orthodoxes, les rabbins haredim de tous bords ont considérablement durci leur discours, appelant tous les membres de leurs communautés respectives à ne pas répondre aux ordres de conscription, qu’ils étudient ou non dans une yeshiva.

L’ancien Grand Rabbin séfarade et actuel chef spirituel du parti Shas, Yitzhak Yosef, s’adressant devant une foule, à Bnei Brak, le 21 août 2025. (Crédit : Sam Sokol/The Times of Israel)

Bien que cela soit peu probable, certaines personnalités politiques et rabbiniques haredim ont indiqué qu’elles seraient disposées à accepter un compromis concernant les non-étudiants, à condition que le statu quo d’avant 2024 soit rétabli.

Interrogé sur la position du rabbin Dov Lando, chef spirituel de la faction Degel HaTorah du parti Yahadout HaTorah, concernant l’enrôlement des haredim qui ne sont pas inscrits dans une yeshiva, un porte-parole a déclaré qu’il n’avait pas de position officielle, mais que « si les choses se passent bien sur le plan juridique, alors il y aura matière à discussion ».

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