Boeing transférés en Iran : un puissant homme d’affaires malgache arrêté à Maurice
Cinq gros porteurs Boeing 777 ont été obtenus en juillet par la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, qui fait pourtant l'objet de sanctions américaines
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Le puissant homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga, proche du président déchu Andry Rajoelina, a été arrêté vendredi sur l’île Maurice pour son implication dans le transfert en Iran de Boeing 777 via Madagascar, ont indiqué les autorités mauriciennes.
La Commission des crimes financiers mauricienne (FCC) a procédé à l’arrestation de l’homme d’affaires malgache Maminiaina (Many) Ravatomanga. Ce dernier a été interpellé à la clinique Premium Care, à Phoenix, où il se trouvait au moment de son arrestation, selon ces sources.
Il devrait être conduit à la FCC dans les prochaines heures. « On a du l’arrêter sur place, de peur qu’il se sauve comme Carlos Ghosn », l’ancien patron de Renault-Nissan, a déclaré un enquêteur.
Selon la FCC, Maminiaina Ravatomanga est soupçonné de blanchiment d’argent.
Le ministère de la Justice malgache avait demandé à Interpol l’émission d’une notice rouge contre Mamy Ravatomanga pour son implication dans le transfert en Iran de Boeing 777 via Madagascar.
En fuite à l’île Maurice voisine où ses avoirs ont été gelés, le magnat de 56 ans, qui figurait parmi les dix plus grandes fortunes de Madagascar dans un classement Forbes de 2017, fait l’objet d’un mandat d’arrêt à Madagascar pour « blanchiment de capitaux ».
Le mandat d’arrêt date du 16 octobre, soit après la prise de pouvoir de l’armée.
Il s’avère être lié au scandale des cinq gros porteurs Boeing 777 obtenus en juillet par la compagnie aérienne iranienne Mahan Air, qui fait l’objet de sanctions américaines, grâce à des certificats d’immatriculation provisoires décernés à Madagascar.
Ils avaient été émis par l’aviation civile de Madagascar (ACM). Après la révélation de l’affaire, celle-ci avait dénoncé une « falsification de documents » dans un communiqué, évoquant une modification « sans autorisation, en prolongeant illégalement sa validité ».
Le puissant homme d’affaires cristallisait une partie de la colère de la rue ces dernières semaines. Les manifestants l’accusaient de captation des richesses et d’emprise sur des secteurs entiers permises par sa proximité avec le président Andry Rajoelina, renversé depuis.
Son conglomérat touchait à presque tout dans la Grande Ile : exportation de vanille et de litchis, distribution automobile, aviation, sécurité privée, médias, BTP, santé, immobilier, hôtellerie, tourisme, golf.
Le ralliement d’une unité militaire aux manifestants antigouvernementaux a entraîné la fuite du président Andry Rajoelina ainsi que d’une bonne partie de son clan.
Le commandant de l’unité s’étant mutiné, Michaël Randrianirina a depuis été investi vendredi président de Madagascar.
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