Des ex-otages remercient les manifestants et appellent au retour des 3 derniers captifs
Des manifestations nationales réclament le retour des otages assassinés toujours aux mains des terroristes palestiniens et exigent la création d'une commission d'enquête nationale
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Un mois après leur libération, plusieurs anciens otages ont pris la parole samedi soir lors des rassemblements organisés pour réclamer le retour des captifs toujours détenus à Gaza. Ils ont remercié les manifestants pour leur mobilisation et ont appelé à poursuivre les manifestations jusqu’à ce que les corps des trois derniers otages morts soient restitués.
« Cela fait deux ans que je rêve de ce moment », a déclaré l’ancien otage Maxim Herkin devant la foule de plusieurs milliers de personnes rassemblée sur la place des Otages, à Tel Aviv, ajoutant qu’il « parlait avec son cœur » et qu’il n’avait pas préparé son discours.
« Vous m’avez ramené chez moi. »
Herkin était l’un des vingt derniers otages encore en vie qui ont été relâchés le 13 octobre dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu à Gaza. L’accord prévoyait que le Hamas relâche tous les otages restants, vivants et morts. Samedi soir, les corps de Dror Or, du sergent-chef Ran Gvili et du ressortissant thaïlandais Sudthisak Rinthalak étaient toujours retenus à Gaza.
Les rassemblements de samedi soir à travers le pays ont réclamé la restitution des corps des trois otages. Ils ont également exigé la création d’une commission d’enquête nationale sur le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, au cours duquel plus de 1 200 personnes ont été tuées et 251 autres enlevées et emmenées de force à Gaza.
Guy Gilboa-Dalal, également libéré le 13 octobre, a déclaré à la foule rassemblée sur la place des Otages que les images des manifestations en Israël qu’il avait vues pendant sa captivité, avant d’être emmené dans les tunnels du Hamas, lui avaient donné de l’espoir tout au long de ces « deux années d’obscurité ».
« Vous m’avez donné de l’espoir et de la force », a-t-il déclaré.
« Le peuple d’Israël, qui n’oublie pas ses frères. »
Gilboa-Dalal a également remercié les troupes de l’armée israélienne et rendu hommage à deux de ses amis, Idan Haramaty et Ron Zarfati, qui ont été assassinés lors du festival de musique Nova. Il a été enlevé, avec des dizaines d’autres personnes, lors de l’assaut barbare et sanglant du Hamas sur le festival.
Ce n’est que le jour de sa libération que Gilboa-Dalal a appris ce qui était arrivé à Ron et Idan, a-t-il indiqué.
« Ils resteront à jamais dans mon cœur. »
Il a également promis de ne pas oublier les trois otages restants à Gaza. « Leurs familles et toute la nation israélienne les attendent », a-t-il ajouté.
« L’affaire n’est pas terminée tant que tout le monde n’est pas rentré, jusqu’au dernier otage. »
Lors d’un autre rassemblement au carrefour de Shaar HaNegev, près de la frontière avec Gaza, Gali et Ziv Berman, deux frères qui ont été pris en otage puis relâchés le mois dernier, ont déclaré qu’ils se devaient de militer pour la libération des otages morts encore détenus dans la bande de Gaza.
Les jumeaux ont remercié les familles des otages et leurs sympathisants d’avoir organisé des manifestations hebdomadaires pour obtenir leur libération, et ont attribué leur liberté à cette campagne.
« Le chemin vers la guérison est encore long, mais le fait que nous soyons ici, devant vous, témoigne de la puissance dont nous disposons en tant que nation et en tant que conseil », ont-ils déclaré. Les deux frères ont été enlevés au kibboutz Kfar Aza, qui relève de la juridiction du Conseil régional de Shaar HaNegev.
« Et maintenant que nous sommes de retour, nous comprenons le devoir qui nous incombe : continuer à être la voix de ceux qui n’ont pas encore eu la chance de rentrer chez eux », ont-ils souligné.
Sur la Place des Otages, le père d’Itay Chen, un soldat américano-israélien assassiné le 7-Octobre et dont le corps a été retenu à Gaza jusqu’au début du mois, a déclaré devant une foule de plusieurs milliers de personnes que le retour des trois derniers otages morts constituait un test crucial pour Israël en tant que nation.
« Nous comprenons à quel point le retour d’Itay a été salvateur – cela a sauvé la vie de ma famille », a déclaré Ruby Chen.
« De la même manière, nous devons sauver la vie » des familles des otages restants.
À ce jour, outre les vingt otages survivants, le groupe terroriste a rendu vingt-cinq des vingt-huit otages morts. Il a invoqué des difficultés pour retrouver et accéder aux corps restants, allégation contestée par Israël.
Les appels à la mise en place d’une commission d’enquête nationale se poursuivent
Les intervenants ont également appelé à la création d’une commission d’enquête nationale chargée d’examiner les causes et les circonstances du 7-Octobre. Ruby a déclaré qu’une telle commission, réclamée depuis longtemps par les familles des otages, permettrait une véritable guérison à l’échelle nationale.
« À ceux qui s’opposent à la création d’une commission d’enquête nationale, je vous préviens : l’Histoire vous jugera sévèrement. Votre nom portera la marque de Caïn pendant des générations, après que le peuple vous aura chassés », a-t-il déclaré.
« Quelque chose de différent peut et doit être construit ici, et je serai là pour m’assurer que cela se produise, afin que le sacrifice de mon fils et des autres héros n’ait pas été vain », a déclaré Ruby, qualifiant l’attaque et la guerre qui a suivi de « point d’inflexion dans l’histoire de l’État d’Israël » qui déterminera ses valeurs à l’avenir.
« La question est la suivante : serons-nous capables d’adopter les valeurs de responsabilité mutuelle et d’entraide, ou laisserons-nous nos élus se recentrer sur les trois P – pouvoir, profits et prestige – à nos dépens ? », a-t-il demandé.
À Tel Aviv, des manifestants anti-gouvernement ont également défilé depuis la porte Begin, devant le siège du ministère de la Défense, jusqu’à la Place Habima, où s’est tenu un rassemblement.
Environ 2 000 personnes se sont rassemblées sur cette place pour une manifestation organisée par le Conseil d’octobre des familles des victimes du 7-Octobre, qui réclament également la création d’une commission d’enquête nationale.
Le pogrom perpétré par le Hamas n’était « pas seulement une attaque, c’était la Shoah au cœur du pays », a déclaré Rafi Ben Shitrit, dont le fils Alroy a été tué lors de l’assaut, à la foule.
« Nous devons renaître de nos cendres et exiger la seule chose qui nous semblait évidente : une enquête approfondie et exhaustive sur les procédures et sur cette débâcle. »
Bien que les sondages montrent régulièrement qu’une majorité d’Israéliens souhaite la création d’une telle commission, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, et sa coalition s’y opposent fermement. Lundi, Netanyahu a de nouveau réitéré son opposition à la création d’une telle commission. Les membres de son cabinet s’y opposent, car celle-ci serait formée par le pouvoir judiciaire, ce qui, selon eux, la rendrait partiale à leur égard.
Des manifestants de tous bords étaient présents dans la foule, notamment des personnes réclamant la conscription militaire des haredim, des militants dénonçant la refonte judiciaire du gouvernement et des manifestants de gauche brandissant des pancartes avec des slogans condamnant « l’occupation » et « la violence des colons ».
Eyal Eshel, dont la fille Roni a été tuée lors du 7-Octobre à la base de Nahal Oz où elle servait comme soldate de surveillance, a déclaré que cette attaque surprise aurait dû être suivie d’une vague de démissions au sein du gouvernement.
« Au lieu de cela, nous avons eu droit à un spectacle honteux », a-t-il ajouté.
« L’État d’Israël se comporte comme le cirque le plus pathétique et le plus dégradé qui soit. »
« En tant que père de Roni Eshel, une soldate de surveillance héroïque de la base de Nahal Oz qui a tenu bon, a averti de l’approche de l’ennemi et a persévéré dans sa mission jusqu’à ce qu’elle tombe en défendant la patrie, je me lève chaque matin depuis deux ans, la main qui la cherche et se brise face à la réalité », a-t-il expliqué.
« Cela fait deux ans que ma fille est partie, mais tous ceux qui étaient chargés de la protéger sont toujours là – à leur poste, devant les caméras et surtout, dans les gros titres. »
Faisant référence à Netanyahu, il a déclaré : « Celui qui a abandonné Roni n’échappera pas à ses responsabilités, ne se cachera pas derrière des drapeaux. Nous ne le laisserons pas faire. Cette personne ne réécrira pas l’histoire. »
Son intervention a été interrompue par des slogans scandant « Le 7-Octobre, le massacre de Netanyahu ».
Plus tard dans la manifestation, l’ancien vice-président de la Cour suprême, Elyakim Rubinstein, a exigé que Netanyahu mette en place une commission d’enquête nationale.
« Le sang de nos frères et sœurs crie vers nous depuis le sol », a-t-il déclaré.
« Y a-t-il une seule personne sensée qui pense qu’il ne devrait pas y avoir d’enquête ? »
Ce rassemblement s’est terminé par les familles des victimes du 7-Octobre qui ont entraîné la foule dans le chant de l’Hatikva, l’hymne national israélien. Les organisateurs ont annoncé qu’un autre rassemblement aurait lieu au même endroit et à la même heure la semaine prochaine.
Mais ces rassemblements ont également connu des moments empreints d’optimisme. Sur la Place des Otages, Herkin a déclaré que le fait d’avoir vu les manifestations depuis les tunnels de Gaza lui donnait envie d’embrasser chaque citoyen israélien.
« Presque tous les gars » sont revenus de Gaza, a déclaré Herkin.
« Nous allons faire un dernier effort et franchir la ligne d’arrivée. »
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