Eurosatory : Les stands de l’industrie de la défense israélienne isolés par des cloisons
Cette mesure, déjà constatée au salon du Bourget l'an dernier, fait suite à l'interdiction par la France de la présence du pavillon israélien et de représentants du gouvernement au salon français de l'armement
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Lundi, le ministère de la Défense a dénoncé l’érection de panneaux en bois autour des stands de l’industrie de la défense israélienne par les organisateurs du salon Eurosatory à Paris, bien que les entreprises se soient conformées aux restrictions françaises qui leur interdisent de présenter des systèmes d’armes offensifs.
Dans un communiqué, le ministère a accusé les organisateurs d’avoir pris une mesure « cynique » et « discriminatoire » visant à exclure la technologie israélienne de ce salon international de la défense.
Eurosatory est l’un des principaux salons mondiaux de la défense, qui présente des systèmes militaires et d’autres innovations en matière de sécurité provenant du monde entier.
« Le ministère de la Défense continuera de promouvoir les exportations israéliennes dans le domaine de la défense à travers le monde pour atteindre de nouveaux sommets, malgré les efforts français qui visent à dissimuler la supériorité technologique d’Israël à la communauté internationale », indique le communiqué qui a été publié lundi.
Eurosatory et le gouvernement français n’ont pas encore réagi.
Au début du mois, le ministère de la Défense avait indiqué que les autorités françaises avaient interdit à Israël d’installer un pavillon national ou d’envoyer des représentants du gouvernement à Eurosatory, tout en autorisant les entreprises israéliennes à présenter uniquement des systèmes de défense aérienne et en interdisant la présentation d’armes offensives.
À l’époque, le ministère de la Défense avait vivement critiqué cette décision, affirmant qu’elle était motivée par des « calculs politiques et commerciaux » et accusant la France d’imposer à Israël des restrictions discriminatoires qui ne sont pas appliquées aux autres pays participants, « en violation directe des normes établies qui régissent les salons internationaux de la défense ».
Ce n’est pas la première fois que la France restreint la participation d’Israël à des salons de l’armement, l’édition 2026 d’Eurosatory n’étant pas la première. Les autorités françaises avaient initialement interdit aux entreprises israéliennes de défense d’exposer lors de l’édition 2024 d’Eurosatory, avant de revenir sur cette décision.
De même, lors du Salon du Bourget 2025, les organisateurs avaient érigé des cloisons noires autour des stands des entreprises israéliennes présentant des systèmes d’armement offensif.
Le développement de lundi intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Jérusalem et Paris. Le 7 juin, la France s’était unie à plusieurs pays pour intensifier les pressions exercées sur Israël en imposant des sanctions nationales coordonnées à l’encontre d’individus et d’entités liés aux violences en Cisjordanie.
Deux jours plus tard, Paris avait annoncé avoir interdit l’entrée sur son territoire au ministre des Finances, Bezalel Smotrich, à quatre dirigeants d’organisations du mouvement pro-implantation et à 21 résidents d’implantations violents, alors que plusieurs pays instauraient de nouvelles sanctions contre les résidents d’implantations et contre les groupes considérés comme responsables de violences à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie.
En avril, le ministère de la Défense avait suspendu tous ses achats d’armement auprès de la France en réponse à des mesures françaises qui, selon lui, « portaient atteinte à la sécurité d’Israël », avec notamment l’interdiction faite aux avions israéliens d’utiliser l’espace aérien français pendant la guerre menée par les États-Unis contre le régime iranien.
Les États-Unis avaient également affirmé que la France leur avait refusé l’utilisation de son espace aérien à des fins militaires pendant la guerre.
De plus, le président français Emmanuel Macron a critiqué l’establishment de la Défense israélienne pendant la guerre contre Téhéran. Il a ouvertement condamné l’ampleur de la campagne américano-israélienne contre la République islamique et il a appelé à une solution diplomatique au conflit, ainsi qu’à l’arrêt des combats au Liban contre le groupe terroriste chiite du Hezbollah, soutenu par Téhéran.
L’exclusion de la France de la médiation des pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington a encore tendu les relations entre la France et Israël.
Mi-avril, l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis avait critiqué le rôle de la France au Liban, estimant que Paris n’avait pas sa place dans les négociations entre Israël et le Liban.
À l’issue de pourparlers directs entre Israël et le Liban à Washington, Yechiel Leiter avait déclaré à la presse : « Il est certain que nous ne voulons pas voir les Français s’immiscer dans les négociations. »
« Nous aimerions garder les Français aussi loin que possible de pratiquement tout, mais surtout lorsqu’il s’agit de négociations de paix », avait poursuivi le représentant israélien, dans des termes très peu diplomatiques.
« Ils ne sont pas nécessaires. Ils n’ont pas d’influence positive, surtout pas au Liban. »
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