Rechercher

Fuyant ses responsabilités, Netanyahu donne ses réponses à l’enquête du contrôleur de l’État sur le 7-Octobre

Selon le Premier ministre, les services de sécurité et ses rivaux politiques étaient contre l'élimination du Hamas, alors qu'avant le 7-Octobre, il s'était opposé à la "conquête" de Gaza lorsque Bennett avait pressé de le faire en 2014

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une session plénière à l'occasion du 77ᵉ anniversaire de la Knesset, le 2 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'exprimant lors d'une session plénière à l'occasion du 77ᵉ anniversaire de la Knesset, le 2 février 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Jeudi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié les 55 pages de réponses qu’il avait remises au contrôleur de l’État dans le cadre de l’enquête effectuée par ce dernier sur les atrocités du Hamas, le 7 octobre 2023. Dans ce long document, Netanyahu fait assumer la responsabilité de la catastrophe à ses opposants politiques et aux chefs des services de sécurité, se présentant lui-même sous un jour positif et rejetant toute faute ou manquement.

Le même jour, Netanyahu avait déjà présenté aux parlementaires des documents – eux aussi remis au contrôleur de l’État – qui étaient consacrés aux années qui avaient précédé l’attaque du 7-Octobre, la plus terrible de toute l’histoire d’Israël. Cette journée de Shabbat avait également été la journée la plus meurtrière pour les Juifs depuis la Shoah.

Dans les réponses apportées au contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, Netanyahu aura cherché à laisser croire qu’il avait à plusieurs reprises plaidé en faveur de l’élimination des dirigeants du Hamas, ajoutant que les chefs de la sécurité s’étaient systématiquement opposés à une telle perspective – n’hésitant pas, pour ce faire, à s’appuyer sur des citations tronquées, soigneusement sélectionnées dans les comptes-rendus des réunions du gouvernement.

Le Premier ministre, de par ses prérogatives, a le droit de diffuser ce type de documents dans une version expurgée.

La révélation du contenu de ces documents n’a pas manqué de soulever de vives réactions de la part de l’opposition, qui a accusé Netanyahu d’avoir maquillé les faits au sujet des avertissements qui avaient été émis, quelques semaines avant le 7-Octobre, au sujet d’un risque de conflit sur plusieurs fronts. Des mises en garde qui avaient aussi mis l’accent sur des activités inhabituelles de la part du Hamas.

L’homme qui était ministre de la Défense en date du 7-Octobre – Yoav Gallant, un membre du parti du Likud de Netanyahu qui, dès mars 2023, avait estimé que les fractures entraînées au sein de la société israélienne par le plan de refonte radicale du système judiciaire faisaient planer une menace bien réelle sur la sécurité du pays – l’a traité de menteur.

Netanyahu est Premier ministre depuis 2009. Depuis, il n’a été écarté de ce poste que pendant une période de 18 mois, en 2021-2022. Dans le passé, le chef de gouvernement a longtemps encouragé le Qatar à faire parvenir des centaines de millions de dollars à Gaza, enclave placée sous la coupe du Hamas, affirmant que c’était le seul moyen d’éviter une catastrophe humanitaire dans la bande.

Englman n’a pas diffusé les conclusions de son enquête sur ordre de la Cour Suprême, qui s’est prononcée sur le sujet au mois de décembre dernier.

Depuis le début, l’enquête du contrôleur est contestée par certains qui lui reprochent des défaillances, des preuves compromises ou une procédure d’enquête pas assez fiable. Nombreux sont ceux qui affirment par ailleurs que seule une commission d’enquête d’État sera de nature à enquêter comme il se doit sur la catastrophe.

Dans une déclaration vidéo qui a été rendue publique en parallèle du document, jeudi, Netanyahu a, une nouvelle fois, dit qu’il trouvait suspect que la Cour ait gelé l’enquête du contrôleur six jours après leur entretien, le 25 décembre dernier.

« Pendant près de deux ans, le contrôleur a travaillé avec une totale liberté d’action, sans aucune ingérence de la part du système judiciaire ni de quiconque », a déclaré Netanyahu.

« Mais six jours après que j’ai soumis cette réponse, la Cour suprême a accepté la demande soumise par la procureure générale en faveur de l’arrêt des travaux du contrôleur — un travail qui était pourtant destiné à faire éclater la vérité », a-t-il poursuivi, exigeant que la Cour revienne sur son ordonnance et qu’elle laisse Englman poursuivre l’enquête.

« Est-ce une coïncidence ? Jugez par vous-mêmes. »

Le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, assistant à une réunion de la commission de Contrôle de l’État de la Knesset, à Jérusalem, le 12 mai 2025. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Netanyahu a également appelé, une nouvelle fois, à la constitution d’une commission d’enquête « démocratique et équitable » sur le 7-octobre, qui serait composée pour moitié de membres choisis par le gouvernement et pour l’autre moitié, de membres sélectionnés par l’opposition.

Selon les sondages, les Israéliens sont majoritairement favorables à le nomination d’une commission d’enquête d’État – le plus haut degré en matière de panel d’enquête en Israël – ce que Netanyahu refuse catégoriquement dans la mesure où ses membres seraient nommés par un pouvoir judiciaire qu’il considère comme partial à l’égard de son gouvernement. L’opposition, de son côté, a refusé la proposition d’enquête politique de Netanyahu, mais la coalition entend malgré tout la mettre en oeuvre.

Invasion de Gaza

Dans les réponses qui ont été rendues publiques jeudi, Netanyahu déclare à Englman avoir à de nombreuses reprises réfléchi à une possible prise de la bande de Gaza dans les années précédant le pogrom du 7-Octobre – ajoutant que les autorités des services de sécurité en ont à plusieurs reprises rejeté l’idée, de crainte d’une guerre longue et coûteuse, sans légitimité intérieure ou internationale et en l’absence d’une alternative viable au Hamas.

Netanyahu, qui n’a jamais voulu prendre sa part de responsabilité dans les défaillances ayant conduit au 7-Octobre et qui n’a cessé de rejeter la faute sur autrui, affirme qu’il a, à plusieurs reprises, demandé l’assassinat des dirigeants du Hamas, ce à quoi les autorités des services de sécurité se sont systématiquement opposées.

Pourtant, selon de nombreuses informations et même selon les propos qui ont pu être officiellement tenus par de hauts responsables des services de sécurité, ce sont Netanyahu et son gouvernement qui ont, à plusieurs reprises, refusé les projets d’assassinat des hauts dirigeants du Hamas. Le correspondant militaire de la Treizième chaine a notamment déclaré devant une commission d’enquête civile et indépendante sur les massacres de 2023 que le Premier ministre avait « à plusieurs reprises, avant le 7-Octobre, dit ne pas croire à la possibilité d’une action militaire pour renverser le régime du Hamas. »

Dans sa réponse à Englman, Netanyahu parle, par ailleurs, d’un Conseil des ministres qui avait eu lieu au mois de juillet 2014, lors de l’Opération « Bordure protectrice » à Gaza. Alors que lui-même évoquait le sujet de la conquête de la bande, le ministre de l’Économie de l’époque, Naftali Bennett, lui avait répondu, semble-t-il : « Je n’ai jamais parlé de ‘conquérir Gaza’. » Le Premier ministre avait alors rétorqué que la seule façon de démilitariser Gaza passait par la conquête militaire, selon un compte-rendu.

Bennett est le principal rival de Netanyahu aux élections de cette année, et le Premier ministre a clairement intérêt à laisser penser que Bennett s’est opposé à l’élimination du Hamas.

Des soldats de Tsahal se précipitent vers une cible pendant la guerre de Gaza en 2014, connue en Israël sous le nom d’Opération Bordure Protectrice, le 4 août 2014. (Service du porte-parole de Tsahal)

Netanyahu cite aussi des paroles prononcées, selon lui, par d’autres personnalités présentes lors de cette réunion et qui sont devenues des critiques du Premier ministre – à commencer par le chef d’État-major adjoint de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot, le chef d’État-major Benny Gantz et le ministre de la Défense Moshe Yaalon, lesquels, selon les documents sélectionnés par Netanyahu, se seraient tous opposés à la prise de la bande de Gaza.

Selon les citations de Netanyahu, Gantz aurait qualifié l’idée d’« erreur stratégique », Eisenkot de « grave erreur » et le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Avigdor Liberman, aujourd’hui à la tête d’un parti d’opposition, aurait dit : « Je ne recommande ni la conquête ni une invasion terrestre. »

Pourtant, l’affirmation qui laisse entendre que Bennett et Liberman se seraient opposés à la prise de Gaza contredit les mémoires de Netanyahu – qui avaient été publiées un an avant l’attaque du 7-Octobre – dans lesquelles il affirmait que tous deux voulaient renverser le Hamas et que Bennett, en particulier, prônait « une invasion terrestre à grande échelle pour ‘conquérir Gaza’ ».

« Cela ne pouvait se faire que via la destruction massive de Gaza, avec des dizaines de milliers de morts civiles », peut-on lire dans l’ouvrage Bibi : My Story, écrit de la main de Netanyahu. « Après avoir détruit le régime du Hamas, Israël aurait autorité sur les deux millions de Gazaouis pendant un temps indéfini. Je n’avais aucune intention de faire cela, d’autant plus que mon regard était tourné vers l’Iran, une menace bien plus importante. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) et l’ex-Premier ministre Naftali Bennett (à droite) assistent aux funérailles du rabbin Haim Drukman, à Merkaz Shapira, près de Kiryat Malachi, le 26 décembre 2022. (Crédit : Gil Cohen-Magen/ AFP)

Netanyahu a rendu publics d’autres extraits de réunions ultérieures dans lesquelles de hauts responsables des services de sécurité, à commencer par le chef du Shin Bet, auraient affirmé que la seule façon, pour le Hamas, de surprendre Israël était d’utiliser des tunnels transfrontaliers.

Il a notamment évoqué une réunion datée de 2016. Lors de cette dernière, le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, avait dit, semble-t-il, à Netanyahu que le fait de tuer les chefs du Hamas – Yahya Sinwar d’un côté et Mohammed Deif de l’autre – ne suffirait pas pour provoquer l’effondrement du groupe terroriste, tandis que le Premier ministre avait continué de plaider en faveur de leur assassinat.

Dans une interview de 2024, Argaman avait noté qu’il avait, des années durant, milité en faveur de l’élimination des chefs du Hamas mais qu’il en avait été empêché par les gouvernements Netanyahu successifs.

Lors de la même réunion, en 2016, Eisenkot s’était apparemment opposé à ce que le gouvernement du Hamas soit déposé et il avait écarté, semble-t-il, la possibilité que les services de renseignement israéliens puissent ne pas détecter des projets d’attaque du Hamas.

Dans ses réponses, Netanyahu cite par ailleurs une réunion datant de 2021, après l’Opération « Gardien des Murs » – qui avait opposé l’État juif au Jihad islamique palestinien, dans laquelle il avait, selon lui, de nouveau milité en faveur de l’assassinat de Sinwar et Deif, contre l’avis du chef d’État-major de l’armée israélienne, Aviv Kochavi.

Il mentionne en outre un document du Shin Bet daté de 2022 qui suggérait de desserrer les contraintes économiques sur le Hamas au lieu de le détruire. Il parle également d’un certain nombre de réunions datant de 2023 lors desquelles il avait, prétend-il, évoqué de tuer les chefs du Hamas, contre l’avis de l’armée israélienne et du Shin Bet.

Selon les informations qui ont été révélées cette semaine, il apparait que Netanyahu a refusé à 11 reprises de tuer Sinwar dans les mois précédant l’attaque du groupe terroriste du 7 octobre 2023.

Concentrez-vous sur Gallant et Bar

D’autres citations partielles sont issues de réunions tenues un mois avant le 7-Octobre, à l’instar du Conseil des ministres du 12 septembre 2023, au cours duquel le ministre de la Défense de l’époque, Gallant, avait apparemment dit que la situation sécuritaire à Gaza était « stable » et qu’Israël devait « retenir ses forces » contre le Hamas.

Selon le résumé donné par Netanyahu du point de situation du 21 septembre 2023 – qui avait été effectué par le chef de l’armée israélienne de l’époque, Herzl Halevi – « le chef d’État-major estime possible d’instaurer une dynamique positive avec le Hamas » grâce au levier économique.

Lors d’une réunion avec Netanyahu organisée dix jours avant le pogrom du Hamas, un représentant du Directorat des Renseignements militaires de Tsahal aurait déclaré que le Hamas voulait « effectivement l’escalade » et le chef du Shin Bet, Ronen Bar, aurait estimé qu’il voulait « vraiment éviter les combats ».

Limogé par la suite par Netanyahu lors de la guerre, Gallant avait fait part de conclusions similaires au sujet des intentions du Hamas, plaidant en faveur d’un accord à long-terme avec le Hamas pour garantir la paix.

À travers les extraits sélectionnés et rendus publics, Netanyahu a tenté de montrer que ses ministres et que les chefs des services de sécurité n’avaient eu de cesse de vouloir acheter la paix avec le Hamas, alors que lui même aurait constamment tenté de faire valider le principe de l’assassinat des dirigeants du Hamas.

Il s’est montré particulièrement critique à l’égard de Bar – qu’il a limogé pendant la guerre – choisissant de rendre publiques des citations qui dataient de la veille du pogrom. Le chef du Shin Bet avait ainsi indiqué, semble-t-il, que le calme avait été rétabli à la frontière de Gaza et qu’un « accord plus profond » avec le Hamas était possible.

En ce qui concerne le jour même du massacre perpétré par le Hamas, Netanyahu a présenté sa chronologie des événements.

À 6h29, son secrétaire militaire, le général de division Avi Gil, l’aurait informé qu’une attaque avait commencé.

À 6h44, Netanyahu aurait demandé si Israël pouvait éliminer les dirigeants du Hamas, et si le rappel des réservistes était nécessaire.

Il se serait ensuite rendu au quartier-général militaire Kirya de Tel-Aviv à 8 heures. Lors d’une réunion, à 9h55, il aurait donné l’ordre de totalement fermer la frontière de Gaza pour empêcher de nouvelles incursions et de nouvelles prises d’otages à Gaza, lit-on dans les réponses soigneusement préparées de Netanyahu à l’intention d’Englman. Il aurait également donné l’ordre de rappeler tous les réservistes et de préparer des frappes dans la partie nord du pays, exigeant qu’on lui présente des projets en vue d’une opération terrestre à Gaza.

Selon Netanyahu, Gil aurait, par ailleurs, reçu un résumé du point de situation du Shin Bet qui avait été terminé à 5h15 du matin, soit peu de temps avant le déclenchement de l’attaque du Hamas.

Dans les citations tronquées qui ont été rendues publiques par Netanyahu, le résumé de la réunion du Shin Bet laisse entendre que le risque de conflit avec le Hamas est faible et qu’Israël doit avant tout se concentrer sur la défense en cas d’attaque, au risque de faire une erreur et d’entrer en guerre contre le Hamas.

Netanyahu souligne que le résumé de la réunion du Shin Bet ne mentionne aucunement la nécessité d’informer son secrétaire militaire, ce qui tend, selon lui, à conforter l’idée qu’on lui a caché des informations clés.

Cette semaine, des reportages télévisés ont laissé entendre que les comptes-rendus des réunions du Shin Bet contredisaient cette thèse et que certains éléments de sa chronologie étaient incohérents.

« Aujourd’hui encore, Netanyahu ne rate pas une occasion de mentir et de provoquer, quitte à nuire à l’armée israélienne et au Shin Bet », a déclaré Gallant jeudi, suite à la publication du document. « La décision de rappeler tous les réservistes a été prise à 9 heures le 7 octobre, et Netanyahu a répété mon ordre plus tard. »

« Il n’est pas surprenant que Netanyahu s’oppose à l’installation d’une commission d’enquête d’État, laquelle ne manquerait pas de révéler ses mensonges au grand jour», a ajouté Gallant.

Liberman a réagi à la publication du document en publiant à nouveau une vidéo datant du 28 septembre 2023 dans laquelle on le voit parcourir la zone frontalière de Gaza et critiquer la réponse apportée aux récentes violences commises le long de la frontière.

« Le Premier ministre s’est engagé à ce qu’il n’y ait plus d’assassinats ciblés », entend-on dire Liberman dans cette vidéo. « Voilà ce qui arrive quand on se rend face aux terroristes. »

Le chef de l’opposition, Yair Lapid, a déclaré que « contrairement à ce qui a été dit, Netanyahu a été mis en garde à de nombreuses reprises avant le 7-Octobre mais il a ignoré tous les avertissements. »

Lapid a joint à sa déclaration la vidéo de propos tenus le 20 septembre 2023, où le chef de l’opposition mettait en garde les Israéliens contre le « risque élevé de conflit violent sur plusieurs fronts » et ajoutant que « tous les chefs des services de sécurité… ont averti le gouvernement et le cabinet [de sécurité] du risque d’une confrontation violente. »

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.