Rechercher

La menace de l’Iran sur les câbles sous-marins d’Ormuz : de quoi parle-t-on ?

Le Qatar, qui est le point terminal de la branche de l'AAE-1 dans le Golfe, pourrait être particulièrement affecté

Photo d'illustration: Sur cette photo obtenue auprès de l'agence de presse iranienne ISNA le 4 mai 2026, on voit des navires à l'ancrage dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran. (Crédit: Amirhossein Khorgooei/ISNA/AFP)
Photo d'illustration: Sur cette photo obtenue auprès de l'agence de presse iranienne ISNA le 4 mai 2026, on voit des navires à l'ancrage dans le détroit d'Ormuz, au large de Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran. (Crédit: Amirhossein Khorgooei/ISNA/AFP)

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont menacé lundi d’instaurer des « permis » pour autoriser l’utilisation des câbles sous-marins traversant le détroit d’Ormuz. De quelles infrastructures s’agit-il exactement ? Et comment ces menaces pourraient-elles se concrétiser ?

Quels câbles passent par Ormuz ?

Une section de l’AAE-1 (Asie, Afrique, Europe), vaste infrastructure sous marine qui relie des points allant de Hong Kong à l’Italie et à la France, passe par le détroit d’Ormuz.

Les réseaux de câbles FALCON et Gulf Bridge relient eux les pays du Golfe – dont l’Iran – à l’Inde et à l’Afrique de l’Est, remontant jusqu’à l’Egypte.

Transitent par ces câbles, « n’importe quelles données que vous pouvez imaginer: vidéos, courriers électroniques, réseaux sociaux, transactions financières, communications gouvernementales », explique à l’AFP Alan Mauldin, directeur de la recherche au sein de la société spécialisée TeleGeography.

Le potentiel de perturbation mondiale de la menace iranienne serait limité, selon Alan Mauldin, car les données qui circulent entre l’Asie et l’Europe sur l’AAE-1 ne passent pas par le détroit d’Ormuz mais par une autre liaison.

Et « tous les pays du Golfe qui utilisent des câbles sous-marins qui traversent le détroit d’Ormuz disposent de plusieurs autres options », ajoute l’expert.

Néanmoins, « la capacité des réseaux terrestres pourrait ne pas suffire à gérer un reroutage complet du trafic » si les connexions sous-marines du Golfe étaient coupées, remarquait en mars l’expert dans un blog.

Et le Qatar, qui est le point terminal de la branche de l’AAE-1 dans le Golfe, pourrait être particulièrement affecté.

Quelle menace pèse sur ces câbles ?

« On est dans un espace géographique restreint, dans un détroit, avec des eaux peu profondes, une mer fermée. C’est particulièrement propice à des opérations de harcèlement.

Par des capacités habitées (bateaux, sous-marins) ou non-habitées (drones, missiles), donc à proximité d’une côte qui, pour l’instant, reste libre de tout mouvement », analyse Eric Lavault, ancien officier de la marine française.

D’ailleurs, observe-t-il, les forces américaines n’ont pas été en mesure d’empêcher l’Iran, qui conserve « un solide potentiel militaire », de lancer des opérations depuis sa longue côte.

Les autorités iraniennes pourraient donc empêcher les opérations de maintenance, la pose de nouveaux câbles, sans compter que si ces câbles sont volontairement ou involontairement endommagés, il faudra les réparer, énumère Eric Lavault.

Partout dans le monde, les câbles sous-marins sont régulièrement endommagés, la plupart du temps par accident par exemple avec les ancres de navires. TeleGeography recense environ 200 incidents par an. Et une flotte de réparation dédiée est en alerte.

Mais ces navires de réparation ont besoin d’autorisations pour pénétrer dans les eaux d’un pays. Lors de leurs opérations, ils restent immobiles sur zone pendant un certain temps, vulnérables à de potentielles attaques.

Un seul navire de ce type appartenant à la société e-Marine, basée aux Emirats arabes unis, se trouve actuellement dans le Golfe, selon Alan Mauldin, limitant les possibilités de réparation tant que le détroit d’Ormuz est bloqué.

Est-ce conforme au droit ?

A ce stade, les déclarations iraniennes restent floues. S’agit-il de mettre en place des péages? Des permis? Qui serait concerné entre les poseurs de câbles, les propriétaires, les exploitants et les utilisateurs?

« Compte tenu des problèmes de longue date avec l’Iran, tous les câbles qui passent par le détroit d’Ormuz, ont été posés dans les eaux omanaises » mais Téhéran, dont les côtes sont de l’autre côté du détroit, revendique « la souveraineté absolue sur le fond et le sous-sol de sa mer territoriale », soulignait Alan Mauldin dans sa note de mars.

Et « l’Iran joue sur le droit international », souligne Eric Lavault. Car si ce pays a signé la convention de Nations Unies de Montégo Bay de 1982 (CNUDM) qui codifie le droit de la mer, il ne l’a jamais ratifiée, remarque-t-il.

En principe, « ils n’ont pas le droit d’exiger des péages » aux navires ni aux câbles.

La CNUDM autorise la pose de câbles et d’oléoducs dans les zones économiques exclusives des Etats, qui s’étendent jusqu’à 200 milles nautiques (370 kilomètres) de leurs côtes.

« L’Etat côtier n’a normalement pas le droit de s’y opposer », rappelle Eric Lavault pour qui « c’est une fois de plus un pilier fondamental du droit international qui se fissure ».

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.