L’Allemagne active un bouclier antimissile Arrow, une première hors Israël
Cette vente - le plus gros contrat d'exportation d'Israël en matière de Défense - s'est faite dans le cadre de l'initiative Sky Shield, qui vise à renforcer les défenses anti-aériennes de l'Europe continentale
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Israël a remis, dans la journée de mercredi, son système de défense antimissile à longue portée Arrow 3 à l’armée de l’air allemande lors d’une cérémonie organisée dans une base aérienne au sud de Berlin, concluant ainsi une vente de 4 milliards d’euros. C’est le contrat d’exportation le plus important de toute l’histoire d’Israël dans le secteur de la Défense.
L’armée de l’air allemande a mis en service la première partie du bouclier antimissile longue portée Arrow, censé renforcer la défense antiaérienne européenne face à la menace russe.
L’Allemagne pourra désormais se défendre « contre les missiles balistiques à longue portée à plus de 100 kilomètres d’altitude », a souligné Holger Neumann, l’inspecteur de la Luftwaffe, lors d’une cérémonie sur la base aérienne de Holzdorf, au sud de Berlin et dans l’est du pays.
Ce radôme (une enceinte protectrice, souvent en forme de dôme, qui abrite une antenne radar) est le premier site opérationnel pour un projet qui coûtera à terme 3,8 milliards d’euros au pays, a indiqué lors d’un point presse séparé le colonel Mitko Müller, porte-parole du ministère de la Défense.
Berlin vise le déploiement complet de son système en 2028 avec « la finalisation du dernier site », a-t-il indiqué sans préciser les emplacements des autres sites.
Avec la conclusion de cette vente, qui avait été officiellement finalisée au mois de septembre 2023, c’est la première fois que le système Arrow 3 est déployé hors des frontières d’Israël et des États-Unis, et c’est aussi la première fois que ce système avancé est exploité de manière indépendante par un autre pays.
Le système sera d’abord déployé à la base aérienne de Holzdorf, qui se situe à environ 120 kilomètres au sud de Berlin. D’autres sites suivront ensuite.
Du côté israélien, le directeur général du ministère de la Défense, Amir Baram, le chef de la Direction de la recherche et du Développement de la défense au sein du ministère, Danny Gold, le PDG d’Israel Aerospace Industries, Boaz Levy, le directeur de l’Organisation israélienne de défense antimissile, Moshe Patel, et d’autres hauts responsables ont assisté à la cérémonie.
Les médias allemands ont signalé, pour leur part, que le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, et le chancelier Friedrich Merz ne participeraient pas à l’événement, notant que d’autres officiels militaires et de la Défense allemands seraient présents.
Le système Arrow 3 est conçu pour détruire les missiles balistiques alors qu’ils se trouvent encore en dehors de l’atmosphère. Il a abattu des centaines de missiles balistiques lancés en direction d’Israël par l’Iran et par le groupe terroriste houthi, soutenu par Téhéran, au Yémen – avec un taux d’interception qui a été de 86 % pendant le conflit de 12 jours qui a opposé l’État juif à la république islamique au mois de juin dernier.
Israël et l’Allemagne ont affirmé que cet accord témoignait d’une coopération étroite et croissante en matière de Défense – avec notamment des exercices conjoints et la vente du système de protection active israélien TROPHY pour les chars Leopard 2 allemands.
Les premiers chars de ce type ont été livrés le mois dernier à l’armée allemande et aux forces armées norvégiennes.
Cette mise en service marque une étape supplémentaire dans le renforcement de l’armée allemande, priorité du gouvernement depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie début 2022.
La mise en service d’Arrow vient compléter le projet allemand de bouclier aérien European Sky Shield (ESSI), présenté par Berlin en août 2022, qui associe ses missiles Iris-T pour la défense de courte portée, et les systèmes américains Patriot pour les missiles moyenne portée.
L’Allemagne est à la tête de ce projet européen qui rassemble désormais 24 Etats, dont le Royaume-Uni, mais pas la France.
Paris prône en effet un système de défense aérienne utilisant des équipements européens.
Mais pour Berlin, la priorité est d’aller vite face à la menace russe. En octobre, les services secrets allemands ont jugé la Russie prête à « entrer en conflit militaire direct avec l’Otan » d’ici 2029 et estimé que l’Allemagne était « la cible numéro un de la Russie en Europe », d’autant plus qu’elle « joue un rôle de premier plan dans le soutien à l’Ukraine ».
Le président russe Vladimir Poutine a assuré mardi ne pas souhaiter une guerre avec l’Europe, mais y être « prêt » si les Européens « le souhaitent et commencent ».
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