Le Hamas rend les corps de Tamir Nimrodi, Uriel Baruch et Eitan Levy ; le 4e corps est celui d’un Gazaoui
L'examen médico-légal confirme que le 4e corps remis par le Hamas n'appartient à aucun otage ; le retour du corps de Nimrodi est la première confirmation qu'il a été tué pendant sa captivité
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Mercredi matin, des représentants de l’armée ont informé les familles de trois otages israéliens que les corps de leurs proches avaient été restitués par le Hamas la nuit précédente – parmi lesquels celui d’une personne dont le décès n’avait pas été jusqu’à présent confirmé par Israël. Selon les autorités israéliennes, un quatrième corps transféré en Israël par le groupe terroriste était celui d’un Palestinien non identifié.
Les familles du sergent Tamir Nimrodi, 18 ans, d’Uriel Baruch, 35 ans, et d’Eitan Levy, 53 ans, ont ainsi appris que les dépouilles de leurs proches avaient été rapatriées et identifiés à l’institut médico-légal d’Abu Kabir à Tel-Aviv, a fait savoir l’armée israélienne dans un communiqué.
Lorsqu’il a remis les quatre corps remis mardi soir à la Croix-Rouge à Gaza, le Hamas ne les avait pas identifiés. Les dépouilles ont été ensuite transférées à l’armée israélienne.
La restitution est intervenue après qu’Israël a accusé le Hamas d’avoir violé l’accord récemment mis en place en retenant les corps des otages décédés. Le Hamas a relâché lundi les 20 derniers otages vivants, ainsi que les dépouilles de quatre otages. Selon les termes de l’accord de cessez-le-feu, les 28 otages décédés devaient tous être rendus.
Le groupe terroriste, après avoir rendu mardi les dépouilles de trois otages, détient toujours les corps de 21 captifs décédés.
« Le gouvernement israélien partage la profonde douleur des familles Baruch, Nimrodi et Levy, ainsi que celle de toutes les familles des otages disparus », a annoncé le bureau du Premier ministre dans un communiqué.
Le bureau de Benjamin Netanyahu a par ailleurs souligné que le Hamas « est tenu de respecter ses engagements envers les médiateurs, et de restituer [les corps restants] dans le cadre de la mise en œuvre de l’accord ».
« Nous ne ferons aucun compromis sur cette question, et ne relâcherons pas nos efforts tant que nous n’aurons pas ramené tous les otages disparus, sans aucune exception », a promis le bureau du Premier ministre.
À l’issue des examens effectués à Abu Kabir, l’armée israélienne a fait savoir que le quatrième corps sans vie avait été identifié comme étant celui d’un Palestinien.
« Le Hamas doit mettre en place toutes les mesures nécessaires pour restituer les otages décédés », a rappelé l’armée israélienne.
Au début de l’année, le Hamas a remis à Israël un corps qui était, selon lui, celui l’otage assassinée Shiri Bibas, mais qui a rapidement été identifié comme appartenant à une Palestinienne. La dépouille de Shiri Bibas a été restituée à Israël par la suite.
Le Hamas a informé les médiateurs qu’il remettrait mercredi quatre autres dépouilles d’otages décédés à Israël, ont indiqué mardi au Times of Israel un diplomate du Moyen-Orient et une deuxième source proche du dossier.
Selon l’accord, le Hamas devait restituer les 48 otages, vivants et morts, dans les 72 heures suivant l’entrée en vigueur de l’accord, délai qui a débuté vendredi. La localisation des corps des otages décédés dans la bande de Gaza ravagée par la guerre était toutefois susceptible de prendre davantage de temps.
Aujourd’hui, des conflits évoquant les cessez-le-feu précédents refont surface, alors que les otages décédés sont restitués par petits groupes et par étapes, dans un contexte où l’on craint de voir l’accord voler en éclats.
Israël a affirmé que le Hamas, en retardant le retour des prisonniers décédés, violait les termes de l’accord. Les familles des personnes retenues à Gaza ont quant à elles dénoncé les célébrations prématurées d’Israël. En effet, les terroristes qui ont perpétré le pogrom du 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, détiennent toujours des otages.
Tamir Nimrodi
Nimrodi occupait le poste de sous-officier dans le Corps de l’éducation, au sein du Coordinateur des activités gouvernementales dans les Territoires palestiniens (COGAT). Il était l’un des deux otages dont Israël ignorait le sort jusqu’à ce que les corps soient rapatriés.
Il avait été vu vivant aux côtés de ses amis, le sergent Ron Sherman et le caporal Nik Beizar, dans une vidéo de son enlèvement dans sa base, près du passage d’Erez. Son décès n’a été confirmé par l’armée israélienne que mercredi matin, après l’identification de son corps.
« Après deux années d’incertitude, entre peine et espoir, nous avons reçu la terrible nouvelle de l’identification de notre cher Tamir », ont indiqué mercredi les membres de sa famille dans un communiqué, ajoutant que malgré « leur grande douleur, ils n’abandonneraient pas un seul instant les familles des otages, jusqu’au retour du dernier captif ».
« C’est le moment que nous redoutions tant. Celui dont je refusais de croire qu’il pourrait arriver », a dit mercredi Alon Nimrodi, le père de Tamir, au cours d’une interview accordée à la chaîne d’information N12.
« Durant tout ce temps, je me disais que s’il y avait ne serait-ce que 0,01 % de chances pour que Tamir rentre à la maison sain et sauf, alors je brûlerais le monde entier s’il le fallait. Mais nous avons malheureusement reçu cette mauvaise nouvelle ce matin. »
Interrogé sur le fait de savoir si recevoir cette nouvelle définitive sur le sort de son fils lui avait apporté un soulagement, Alon a répondu que toute la famille ressentait un immense soulagement d’avoir récupéré le corps de Tamir.
Dans des déclarations contradictoires, la famille de Nimrodi a affirmé que Tamir avait été « assassiné durant sa captivité aux mains du Hamas », tandis que le Forum des familles des otages et des disparus, un groupe qui représente les familles de la majorité des otages, a soutenu qu’il avait été tué lors d’une frappe aérienne de l’armée israélienne pendant la guerre dans la bande de Gaza.
Tsahal a pour sa part conclu que Nimrodi avait été tué en captivité dès le début de la guerre. « Les conclusions définitives seront formulées à l’issue de l’examen des circonstances du décès » à Abu Kabir, a fait savoir l’armée.
« Tamir Nimrodi avait accompli 10 mois de service militaire avant d’être enlevé et emmené à Gaza », a écrit le Forum mercredi, dans un communiqué. « Durant son service, il avait eu le sentiment d’avoir trouvé sa vocation, et avait, une semaine seulement avant d’être pris en otages, passé un entretien pour suivre une formation d’officier. Ses amis et sa famille le décrivent comme un homme sociable et attentionné. Tamir ne devait pas se trouver à la base le 7 octobre, mais s’était porté volontaire pour rester ce week-end-là (qui coïncidait avec Simhat Torah), afin que ses amis puissent célébrer la fête chez eux, avec leur famille. »
Peu après son enlèvement, a rapporté le Forum, une note écrite par Tamir a été trouvée dans sa chambre, qui disait : « Aidez autant de gens que vous le pourrez, créez un cercle social proche, et ne faites de mal à personne. »
Il laisse derrière lui ses parents, Cherut et Alon, ainsi que ses sœurs Amit et Mika.
Les funérailles de Tamir auront lieu jeudi, à 13 h, au cimetière militaire de Kfar Saba. Alon a demandé que « tous ceux que Tamir a un peu touchés viennent rendre un dernier hommage à mon héros ».
Uriel Baruch
Selon les renseignements de l’armée israélienne, Baruch a été tué par le Hamas le 7 octobre 2023, près de la communauté frontalière de Mefalsim, alors qu’il fuyait le site du festival Supernova, près de Reïm. Son corps a été emporté par les terroristes à Gaza.
Baruch assistait au festival de musique électronique Nova en compagnie de son ami Michael Yoav, dont le meurtre apparait dans une vidéo de l’attaque. Le sort de Baruch, que l’on pouvait, sur les images, voir gisant au sol à proximité, restait toutefois incertain.
Mais en mars dernier, l’armée israélienne a fait savoir la famille qu’elle disposait d’informations selon lesquelles Baruch avait été tué pendant l’attaque, et que son corps avait été emmené à Gaza. La famille a alors observé la shiva, la période de deuil d’une semaine, mais n’a toutefois pas organisé de funérailles.
Uriel Baruch laisse derrière lui son épouse Rachel, ses fils Shalev, 10 ans et Ofek, 6 ans, ses parents Naomi et Amir, ainsi que ses trois frères Roee, Idan et Ohad.
La famille de Baruch a annoncé qu’une cérémonie en sa mémoire, qui avait été prévue avant la restitution de son corps, aurait lieu mercredi soir à 18 heures, et que les détails concernant son enterrement seraient communiqués ultérieurement.
Selon le Forum des familles des otages et des disparus, sa famille et ses amis décrivaient Baruch comme « un homme heureux, qui aimait la vie et les voyages ».
« Il était toujours entouré d’amis. Il tendait la main à tous ceux qui étaient en détresse. Sa devise était ‘Vis comme si demain n’existait pas' », a ajouté le forum.
« Uriel, mon frère bien-aimé, notre cœur, tu es de retour », a publié Idan sur Instagram après l’annonce de l’identification de Baruch.
La belle-sœur d’Uriel, Rikki Baruch, a fait part des sentiments mitigés des membres de la famille à la chaîne d’information N12, mercredi matin.
« Certes, l’attente est finie, [mais] le chagrin est très profond », a-t-elle confié. « Tout remonte à la surface, toutes les émotions difficiles du 7 octobre reviennent, encore plus fortes. Ce n’est pas ce que nous souhaitions, mais c’est une conclusion apportée à l’histoire, avec une certaine paix. Maintenant, nous pouvons commencer à penser à la reconstruction, à la réadaptation de la famille et des enfants. »
Les enfants d’Uriel suivent une thérapie, a-t-elle ajouté. Mais elle ignore quel est exactement leur état émotionnel.
« Ils sont suivis par des professionnels, qui leur expliquent la situation complexe dans laquelle ils se trouvent, et qui leur indiquent qu’elle est parvenue à une certaine conclusion. »
Eitan Levy
Levy, chauffeur de taxi, a été enlevé dans la matinée du 7 octobre 2023 alors qu’il venait de déposer un passager au kibboutz Beeri. Alors qu’il s’éloignait, il est tombé dans une embuscade tendue par le Hamas près de Mefalsim. Il a été assassiné, et son corps a été enlevé.
La famille n’a reçu la confirmation qu’il était retenu captif à Gaza qu’au bout de 40 jours de disparition. En décembre 2023, on leur a annoncé qu’il avait été assassiné avant d’être emmené à Gaza.
En août 2024, sa famille a accepté de diffuser des images choquantes, sur lesquelles on pouvait voir la dépouille de Levy traînée dans les rues de Gaza, rouée de coups et piétinée par des Gazaouis.
Après avoir reçu confirmation de son décès, la famille d’Eitan a organisé une cérémonie commémorative et observé la shiva, la semaine de deuil traditionnelle. Elle n’a toutefois pas pu organiser de funérailles.
Il laisse derrière lui son fils Shahar, sa fiancée Shir et sa sœur Sigi.
Levy servait également de figure paternelle pour les trois filles que son ex-épouse, Aviva, avait eues après son remariage avec Chen : Sunny, River et Reef.
Eitan et Aviva s’étaient mariés en 1999. Shahar était ensuite arrivé en 2001. Quand il a eu sept ans, le couple a divorcé. Plusieurs années plus tard, Aviva s’est mariée avec Chen. Le couple a eu trois enfants. Eitan faisait partie intégrante de la famille, passant presque tous les matins après avoir travaillé toute la nuit à bord de son taxi, et partageant leur dîner tous les vendredis soirs.
Selon le Forum, les amis et la famille de Levy le décrivaient comme « un père de famille chaleureux et aimant, qui prenait toujours soin de ceux qui l’entouraient avant de s’occuper de lui-même. C’était un homme responsable, qui se consacrait à chaque endroit où il allait. Tout le monde parlait de son grand cœur. Ses plus grands amours étaient son fils unique, Shahar, et ses deux chiens. »
Son fils, Shahar, a déclaré au magazine Laisha que son père « était très heureux et très attaché à sa famille. Il n’avait pas une vie facile, mais même lorsqu’il traversait des moments difficiles, il faisait en sorte que cela n’affecte pas ses proches. Chaque fois qu’il venait nous voir – et il venait souvent ! -, c’était un moment de joie. »
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