Officiel de l’OLP : le Hamas discute de la vente de ses armes et de la destruction de ses tunnels
Israël, qui insiste pour que le Hamas désarme avant la reconstruction de Gaza, "cherche une excuse" pour continuer à se battre, a aussi affirmé Ahmed Majdalani
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Ahmed Majdalani, un haut-responsable de l’OLP, a affirmé jeudi que le Hamas était en pourparlers avec Israël et les États-Unis pour vendre ses armes et démanteler ses infrastructures militaires à Gaza.
Dans une interview diffusée jeudi dans le podcast Mazeej de la chaîne saoudienne Al-Arabiya, Majdalani a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu d’utiliser la question du désarmement comme « excuse » pour poursuivre la guerre dans la bande.
« Le Hamas discute de ses armes avec les Américains et les Israéliens », a commenté Majdalani, qui n’a pas précisé si les négociations avec Israël ou les États-Unis étaient directes ou indirectes.
L’officiel a indiqué que les négociations portaient sur trois questions : « Premièrement… la collecte des armes lourdes ; deuxièmement, la démolition des infrastructures militaires — les tunnels et les ateliers de fabrication ; et troisièmement, la restriction des armes à la seule police ». Une nouvelle force palestinienne est censée, en effet, remplacer la police de Gaza qui était placée sous l’autorité du Hamas, comme le stipule le plan de paix qui a été préparé par le président américain Donald Trump.
Le Hamas exige que son désarmement se fasse « sur le modèle irlandais : les armes seront collectées et vendues… les armes en échange d’argent », a expliqué Majdalani, sans préciser à qui les armes seraient ainsi cédées contre monnaie sonnante et trébuchante.
Il est aussi difficile de dire à quel « modèle irlandais » Majdalani a fait référence. En vertu de l’accord de Belfast, qui avait été conclu en 1998, les forces paramilitaires anti-britanniques d’Irlande du Nord avaient détruit leurs armements et elles n’avaient pas reçu directement d’argent en échange.
« Je n’ai pas inventé cela », a-t-il indiqué, ajoutant à propos du Hamas que « j’aimerais qu’ils se présentent devant le peuple et qu’ils le disent ».
Les déclarations fréquentes qui ont pu être faites par le Hamas – il n’a cessé d’affirmer qu’il conserverait ses armes jusqu’à la création d’un État palestinien indépendant – sont destinées à « l’usage public », a fait valoir Majdalani.
« Ce n’est pas la tonalité des discussions que nous avons », a-t-il ajouté.
Israël, qui insiste pour que le Hamas désarme avant la reconstruction de Gaza, « cherche une excuse » pour continuer à se battre, a affirmé l’officiel.
« Il y a d’abord eu l’excuse du corps du soldat et il a été retrouvé », a-t-il noté, faisant référence au corps sans vie du sergent-chef Ran Gvili, le dernier otage israélien dont la dépouille a été enfin rapatriée en Israël, le mois dernier. « Aujourd’hui, l’excuse, ce sont les armes ».
« Netanyahu continuera à utiliser cette excuse aussi longtemps que possible pour compromettre la possibilité d’un accord qui mettrait un terme à la guerre », a-t-il continué.
« Aujourd’hui, nous avons un accord qui porte sur un cessez-le-feu, pas sur la fin de la guerre », a-t-il ajouté, soulignant les frappes aériennes israéliennes qui ont tué des dizaines de personnes à Gaza depuis la signature de l’accord de trêve, au mois d’octobre dernier.
Israël a déclaré que ses attaques venaient répondre aux violations du cessez-le-feu.
Majdalani est membre du Conseil exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine, qui est composé de représentants des factions membres de l’OLP. Ancien ministre de l’Autorité palestinienne, Majdalani siège au sein de l’instance suprême de l’OLP en tant que secrétaire général du Front populaire de lutte palestinien, une petite faction de gauche au sein de l’OLP.
Il est également à la tête de l’organisation Tamkeen, chargée de distribuer des aides sociales aux Palestiniens en remplacement d’un programme controversé qui consistait à verser aux prisonniers des allocations calculées en fonction de la durée de leur incarcération en Israël.
Les propos tenus par Majdalani ont suivi la déclaration qui a été faite par le secrétaire général de l’OLP, Azzam al-Ahmed, membre de la faction du Fatah du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, qui a affirùé que l’OLP rejetait les appels au désarmement du Hamas, jugés inacceptables, et son classement comme groupe terroriste.
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