Il est prévu que le Parlement allemand se prononce sur la reconnaissance d’un Etat palestinien.

Cette proposition de loi a été présentée par Die Linke, un parti d’extrême-gauche qui est dans l’opposition.

Cette proposition appelle le gouvernement de Berlin à « reconnaître immédiatement l’État de Palestine dans les frontières de 1967 » et à soutenir sa demande d’adhésion en tant que membre permanent à l’Organisation des Nations Unies.

Aucune date n’a encore été fixée le  vote.

Die Linke, qui ne détient que 64 sièges sur les 631 du Bundestag, est connu pour sa critique des positions allemandes sur les questions israéliennes ; sa proposition sur la Palestine a donc peu de chance d’obtenir la majorité requise, prédisent plusieurs experts de la politique allemande.

La chancelière Angela Merkel, qui dirige le parti du centre-droit CDU – de loin le plus grand parti du Bundestag – s’oppose à des mesures unilatérales de reconnaissance d’un Etat palestinien.

Si le Parlement allemand adoptait la proposition appelant à la reconnaissance de la Palestine, cela constituerait un succès, qui restera cependant symbolique, pour la cause palestinienne, puisque Berlin est traditionnellement l’un des plus ardents défenseurs d’Israël sur la scène internationale, après les États-Unis.

Les responsables allemands et israéliens ont refusé d’aborder cette question officiellement.

« Je n’imagine pas un seul instant que cette proposition de Die Linke fasse l’objet d’un consensus général au Bundestag », a déclaré Richard C. Schneider, chef du bureau de Tel-Aviv de la chaîne de télévision publique ARD.

« Il est clair que l’Allemagne en général est en faveur de la solution à deux Etats, mais l’Allemagne attendra plutôt de voir comment le nouveau gouvernement israélien va se développer pour décider des mesures qu’elle prendra. »

D’autre part, un responsable israélien, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a suggéré que l’échec de l’adoption de la proposition serait une sorte de victoire de Jérusalem.

Si les législateurs allemands rejettent la motion visant à reconnaître un Etat palestinien, Israël pourrait faire valoir que la tendance des nations européennes à reconnaître la Palestine sans un accord de paix est révolue.

Dans un avant-projet de la proposition, Die Linke salue l’adoption de résolutions similaires par le Royaume-Uni, la France, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et l’Union européenne. Ces précédents devraient motiver l’Allemagne pour promouvoir également la reconnaissance de la Palestine « et ainsi ressusciter le processus de paix », peut-on lire dans le projet de résolution.

« Le temps qui reste pour la mise en œuvre d’une solution à deux Etats sur la base des frontières de 1967 est de plus en plus limité », poursuit le projet, ajoutant qu’Israël et la Palestine « peuvent s’entendre sur des échanges de territoires ».

Berlin devrait oeuvrer pour la pleine adhésion de la Palestine à la l’ONU et promouvoir cette démarche au sein de l’Union européenne, affirme le projet.

Il demande en outre au gouvernement allemand de promouvoir les pourparlers de paix israélo-palestiniens « pour activer un système de sécurité mutuelle » entre les deux Etats.

En novembre, Merkel a déclaré qu’elle espérait la reprise des pourparlers de paix israélo-palestiniens. « Nous croyons aussi que la reconnaissance unilatérale de l’Etat palestinien ne nous fera pas avancer », avait-elle précisé.

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une conférence de presse conjointe à l'hôtel King David à Jérusalem le 25 février 2014 (Crédit : AFP / Menahem Kahana)

La chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse conjointe à l’hôtel King David, à Jérusalem, le 25 février 2014 (Crédit : AFP / Menahem Kahana)

Merkel aurait une relation personnelle conflictuelle avec le Premier ministre Netanyahu, mais sa politique est, sans réserve, pro-israélienne.

Dans un discours à la Knesset en 2008, Merkel a déclaré que la sécurité d’Israël faisait partie de la « raison d’Etat » (Staatsraison en allemand) de son pays. Par conséquent, elle a promis, que « la sécurité d’Israël ne sera jamais ouverte à la négociation ».

L’Allemagne et Israël célébreront cette année les 50 ans de leurs relations diplomatiques ; plusieurs événements festifs sont prévus dans les deux pays.