La présidente du parti Hatnua Tzipi Livni a déclaré dimanche que, contrairement au Premier ministre Benjamin Netanyahu et au ministre de l’Economie Naftali Bennett, quand elle parle, « le monde l’écoute ».

Livni répondait aux critiques des législateurs de droite et du Premier ministre samedi soir, suite des rapports selon lesquels elle aurait demandé à Kerry de retarder la candidature palestinienne aux Nations unies avant les élections, de peur de renforcer la droite israélienne.

Dans une interview à la radio militaire, Livni a affirmé avoir demandé au secrétaire d’Etat américain John Kerry de torpiller l’offre palestinienne à l’ONU, et non – comme ses critiques l’avaient prétendu – de la retarder jusqu’au lendemain des élections du 17 mars.

« Je n’ai pas demandé que l’événement soit retardé, j’ai demandé qu’il n’ait pas lieu », a déclaré Livni. L’ancienne ministre de la Justice a soutenu qu’ « un règlement imposé est mauvais pour Israël », et accusé Bennett de désirer un vote à l’ONU afin de renforcer sa propre position politique.

« Si Bennett pense qu’un règlement imposé à Israël et une décision de l’ONU sont bons pour lui politiquement, alors tant mieux pour lui », a déclaré Livni. « La différence entre moi et Netanyahu/Bennett est que le monde m’écoute. »

Le dirigeant du Parti travailliste Isaac Herzog, colistier de Livni, a défendu sa décision d’attaquer Kerry sur la question.

Herzog a affirmé à la radio Kol Israël dimanche que l’initiative de Livni visait à empêcher des résolutions anti-israéliennes de l’ONU, en opposition à la « faiblesse et au manque de responsabilité politique » de Netanyahu.

Selon Herzog, la critique de l’aile droite de la stratégie diplomatique de Livni est une tentative de détourner l’attention du public des questions économiques et sociales.

Le ministre des Affaires stratégiques Yuval Steinitz a déclaré dimanche que l’ « invitation d’entités étrangères de s’immiscer dans les élections doit être stoppée immédiatement ».

« Tzipi Livni et Isaac Herzog ne comprennent pas que, dans le Moyen-Orient d’aujourd’hui, un Etat palestinien est la recette d’un désastre », a ajouté Steinitz, proche allié de Netanyahu, qui a réaffirmé son engagement à la solution à deux Etats.