Après des mois de luttes pour le contrôle du Likud, la bataille semble enfin toucher à sa fin mercredi grâce à l’approbation du parti du compromis entre le leader du parti, le Premier ministre, Benjamin Netanyahu et son concurrent potentiel, le vice-ministre de la Défense Danny Danon.

L’accord laisse clairement Netanyahu en charge de la machine politique du parti au pouvoir.

Danon, un favori de l’aile droite du parti, préside le puissant comité central peuplé de plus de 4 000 membres.

Il a récemment mené la coalition de faucons mécontents et celles d’autres alliances au cours d’une campagne contre le contrôle des institutions par Netanyahu. Il a tenté de faire passer des amendements au règlement du Likud qui ferait du comité central, et accessoirement son président Danon, le corps le plus important dans l’élaboration de la politique du parti.

Alors que les batailles étaient menées dans l’arène peu excitante des débats procéduraux et des recours en justice – incluant un recours devant la Haute Cour de Justice – les enjeux sont bien plus grands que le contrôle du parti.

Parmi les changements constitutionnels recherchés par Danon, il y avait la tentative de permettre aux institutions du parti de mettre en place un objectif pour les membres élus, notamment sur des point clés de la diplomatie et de la sécurité tel que le processus de paix.

Plus simplement, les mesures proposées par l’aile droite du parti aurait rendu possible un accord de paix avec les Palestiniens, négocié par un dirigeant du Likud dépendant de l’approbation des institutions internes du parti, où le mouvement des implantations jouit d’un large soutien.

L’accord entre Netanyahu et Danon, négocié la semaine dernière et formellement approuvé à la conférence du Likud mercredi, a permis de mettre un terme de façon efficace à l’insurrection contre le Premier ministre, lui permettant de gagner du temps nécessaire pour gérer les retombées – aussi bien à l’échelle internationale qu’à celle de la Knesset – de l’effondrement des pourparlers de paix du mois dernier.

Aussi bien Netanyahu et Danon ont rappelé l’importance de l’unité du parti mercredi à la conférence des délégués du Likud, et mettant peut être en exergue le soulagement que ressente les deux hommes maintenant que leur désaccord est résolu.

La condition clée de l’accord (et la plus grande « victoire » pour Netanyahu) repose sur l’impossibilité pour le président du comité central de proposer des amendements constitutionnels sans l’accord du leader du parti.

Un tel pouvoir aurait donné à Danon une immense influence sur la manière dont le parti est gouverné, sur la manière de constituer des listes pour la Knesset et quelles décisions politiques lieraient les parlementaires du parti.

Danon aurait, si cela avait été le cas, eu une épée de Damoclès au-dessus de la tête de Netanyahu aussi bien politiquement que sur les sujets politiques à l’échelle nationnale.

En échange du droit de veto sur les amendements constitutionnels du parti, Netanyahu a accepté le vote de plusieurs séries d’amendement qui seront votées lors de la conférence du Likud en janvier.

Chaque série d’amendements devra être votée en bloc, soit tout le bloc sera voté soit rien ne passera.

Comme Netanyahu présentera son propre bloc d’amendements, aux côtés de ceux d’autres alliances et de groupes d’intérêts qui ne sont pas connectés au conflit Danon-Netanyahu. Le Premier ministre pense que cette concession lui laissera le temps de neutraliser les amendements potentiellement dangereux proposés par Danon ou ses alliés.

Netanyahu a accordé deux autre concessions : il a accepté de faire des efforts pour faire avancer l’union entre le Likud et Yisrael Beytenu, et a consenti à l’organisation de trois autres réunions du comité central avant la fin 2014 pour débattre des problèmes politiques des pourparlers de paix à l’économie.

Le fait que l’union avec Yisrael Beytenu soit lettre morte depuis des mois, et que les réunions du comité central n’ont la permission que de voter des résolutions déclaratives qui ne vont pas lier le Premier ministre ou les membres de la Knesset, ces deux concessions n’ont aucune incidence sur le pouvoir de Netanyahu sur la machine du parti.

Dans une analyse finale, un ancien risque pour le Premier ministre – une rébellion possible des institutions du parti par les faucons inquiets au sujet des négociations en cours sur les accords de paix – a été neutralisé pour l’instant.

La mobilisation contre Netanyahu était due au sentiment, parmi les activistes, que le « trois fois » Premier ministre a négligé le parti qui l’a placé au bureau du Premier ministre.

Il a refusé d’organiser des réunions des institutions clés et a ignoré les sections régionales du parti et ses branches.

La dernière victoire de Netanyahu a été obtenue après des mois de disputes pour obtenir le soutien d’alliances qui avaient longtemps été négligées, et reflète un changement de l’orientation de Premier ministre.

Son nouveau Chef d’Etat-Major, Ari Harow, a semble-t-il des liens plus forts avec les institutions du parti que les anciens assistants comme Nathan Eshel ou l’extraverti Gil Shefer.

Il a aussi amené avec succès des négociateurs clés du parti de son côté comme le ministre des Transports Yisrael Katz (qui dirige le secrétariat du parti), le vice-ministre des Affaires étrangères Zeev Elkin (président du bureau politique) et le président de la coalition Yariv Levin.

Aussi, avec l’effondrement des pourparlers de paix et l’accord d’union entre le Fatah et le Hamas à l’horizon, beaucoup des faucons les plus bruyants sont passés de la lutte contre les politiques conciliantes du Premier ministre envers l’Autorité palestinienne à fermer les rangs autour de celui qu’ils voient maintenant comme un leader national qui se bat bravement contre des ennemis implacables.