Le conseil de sécurité des Nations unies ne pourra voter sur une résolution de l’Etat palestinien que début 2015, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki.

Le projet final d’une résolution demandant à Israël de se retirer sur les lignes d’avant 1967 d’ici la fin 2017 sera présenté à la présidence du Conseil de sécurité par la Jordanie lundi, après son approbation par les ambassadeurs arabes à l’ONU, a déclaré Maliki à l’agence palestinienne Maan. Mais la bureaucratie de la procédure aux Nations unies peut retarder le vote proprement dit jusqu’au début de l’année 2015, a-t-il ajouté.

« Ce processus prendra plus d’un jour ou deux, et nous devons être clairs avec notre peuple afin d’éviter un état de confusion découlant des nombreuses déclarations qui sont parfois contradictoires », a déclaré Maliki.

Les commentaires de Maliki ont été contredits par le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat, qui, dans une interview à Al-Arabiya avait déclaré vendredi que la proposition palestinienne serait soumise à un vote des Nations unies au plus tard mercredi.

Mais les huit amendements insérés dans le texte après sa présentation le 18 décembre doivent maintenant être traduits dans les langues officielles de l’ONU avant d’être diffusés aux 15 Etats membres du Conseil de sécurité, ce qui ne se fera pas avant mardi ou mercredi, a déclaré Maliki. Ensuite, les amendements doivent être envoyés aux capitales des pays concernées en vue de nouvelles consultations et instructions – il faut donc compter au moins deux jours de plus.

« Cela dépend de leur présence dans les ministères des Affaires étrangères le jour de la Saint Sylvestre, ce qui est peu probable, et cela nous amène au début de la nouvelle année », a-t-il noté.

Cinq membres du Conseil de sécurité seront remplacés au cours de la nouvelle année, ainsi que le président du Conseil, a reconnu Maliki. Avec les nouveaux membres [Angola, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Espagne et Venezuela], il faudra plus de temps pour examiner le texte, malgré les efforts de la Jordanie visant à accélérer le processus.

« Le plus important reste que notre résolution soit soumise au vote, et ne soit pas longuement retardée en raison de procédures de routine qui sont hors de notre contrôle », a conclu M. Maliki.

Un responsable de l’OLP, Yasser Abed Rabbo, a accusé le mois dernier le président de l’AP de précipiter le vote de l’ONU en dépit de son échec certain, dans le but d’épargner aux États-Unis l’embarras diplomatique de mettre un veto à une demande publique d’Etat qu’il appuie en principe.

Dimanche, Abbas a déclaré au Secrétaire d’Etat américain John Kerry qu’il soumettrait l’offre dès lundi, a rapporté l’agence de nouvelles officielle palestinienne Wafa.

Kerry aurait répondu en essayant de convaincre Abbas de repousser la résolution après les élections israéliennes en mars, laissant entendre que les Etats-Unis exerceraient leur droit de veto et pourraient imposer des sanctions économiques, a rapporté un haut fonctionnaire anonyme à une agence chinoise.