Le leader de l’opposition britannique Ed Miliband est attendu cette semaine en Israël pour une visite de trois jours au cours de laquelle il rencontrera des responsables israéliens et palestiniens.

Il s’adressera à des étudiants israéliens à Jérusalem. La visite de Miliband est son premier voyage majeur à l’étranger depuis qu’il est devenu le leader de l’opposition en 2010.

Miliband, citoyen britannique juif, a de bonnes chances de succéder à l’actuel Premier ministre David Cameron, aux prochaines élections prévues en mai 2015 – le Parti travailliste, qu’il dirige, a toujours été en tête des sondages récents.

Le politicien âgé de 44 ans devrait arriver en Israël jeudi et, outre les réunions avec des responsables israéliens et palestiniens, il prévoit de visiter le musée mémorial de Yad Vashem. Il compte donner une conférence à l’Université hébraïque, après quoi il répondra aux questions de les étudiants.

Athée qui se décrit comme sioniste, Miliband a déclaré que son lien avec ses racines juives s’est accru depuis qu’il est devenu leader du Parti travailliste. « Je me sens faire plus partie de la communauté juive qu’à tout autre moment de ma vie », a-t-il confié lors d’une collecte de fonds pour le Community Security Trust en mars.

Après une première réticence à discuter publiquement de ses origines juives, Miliband, qui a été élu chef du parti en 2010 après avoir battu son frère aîné, David, a récemment commencé à parler plus ouvertement de l’histoire de sa famille.

Lors d’un événement organisé par la communauté juive britannique l’an dernier à Londres, il s’est ouvert sur l’histoire de sa famille.

Son père belge a échappé aux nazis en 1940 en quittant le pays sur l’un des derniers bateaux à destination de Londres. Il laisse derrière lui une mère, une sœur ainsi que 20 autres membres de sa famille, qui ont tous été accueillis par un agriculteur jusqu’à la fin de la durée de la guerre.

Sa mère polonaise était cachée dans un couvent par des religieuses catholiques.

Il a également raconté une visite faite à sa grand-mère maternelle en Israël à l’âge de 7 ans, au cours de laquelle il a remarqué une photo de son grand-père, qui avait été tué dans les camps, sur la cheminée.

« Dès cet instant, j’ai compris qu’Israël donnait à ma grand-mère un incroyable sanctuaire « , a-t-il souligné sous les applaudissements. « J’ai beaucoup de respect, d’admiration et même une dette envers Israël pour le sanctuaire qu’il a donné ma grand-mère. »

Ayant grandi avec un père universitaire marxiste dans le nord de Londres, il a admis que la famille n’était « pas très impliquée » dans la communauté juive, mais que la politique était dans son sang. Influencé par leur propre vécu en tant que réfugiés, ses parents lui ont appris que l’injustice doit être contestée.

« C’était le principe du Tikkun Olam [conception juive de la justice sociale visant à réparer le monde]. Je ne le connaissais pas en grandissant, mais mon éducation consistait à prendre soin du monde », a déclaré Miliband, avouant qu’il n’avait appris le terme hébreu que récemment.

Répondant aux questions de la foule de 300 hommes à l’événement de l’année dernière, Miliband a déclaré qu’il protégerait l’abbatage rituel casher et la circoncision juive – pratiques qui ont été sous le feu des critiques ailleurs en Europe.

A la question de savoir s’il est sioniste, Miliband a répondu : « Oui. Je me considère comme un partisan d’Israël… Cela ne signifie pas que je soutiens tous les actes du gouvernement israélien. »

Non seulement il s’oppose aux boycotts contre Israël, mais il se préparait à le dire aux membres des syndicats qui ont été postés à l’avant-garde de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions au Royaume-Uni. Néanmoins ces syndicats ont été aussi en grande partie ses principaux soutiens à son élection la tête du Parti travailliste.

Les boycotts « sont totalement néfastes », a déclaré Miliband. « Je n’ai aucune tolérance vis-à-vis du boycott. Je le dirai à n’importe quel membre du syndicat qui me le demandera. Vous ne créez pas une solution à deux Etats avec des boycotts. »