A Taybeh, les chefs des églises condamnent les exactions des extrémistes juifs
Les responsables des églises grecque orthodoxe, latine et melkite de ce bastion chrétien palestinien affirment que les actes de harcèlement du partisans du mouvement pro-implantation n'ont cessé de se renforcer
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Les responsables de trois églises de la ville chrétienne de Taybeh, en Cisjordanie, ont condamné la récente série d’attaques et d’actes de harcèlement perpétrés par des partisans du mouvement pro-implantations au sein de la communauté, avec notamment l’incendie qui aurait été allumé lundi par des extrémistes juifs à proximité du site archéologique des ruines de l’église Saint-Georges, un édifice qui date du cinquième siècle.
Les chefs de l’église orthodoxe grecque, de l’église latine et de l’église catholique grecque melkite ont indiqué dans une missive, mardi, que des avant-postes illégaux avaient été été établis par des partisans du mouvement pro-implantations à la limite orientale de Taybeh, ces derniers temps. Depuis, les nouveaux arrivants ont pris l’habitude de faire paître leur bétail sur les terres agricoles de la ville, et ce presque tous les jours.
Dans la lettre, ils ont demandé une enquête « immédiate et transparente » sur les attaques, affirmant qu’elles menacent « notre existence même sur cette terre ».
Taybeh se trouve juste à l’Ouest d’une partie de la Cisjordanie où les populations palestiniennes locales ont été fortement harcelées par les extrémistes juifs, ces dernières années. Des villages entiers de bergers bédouins ont été abandonnés sous les menaces croissantes de ces derniers qui n’ont cessé d’élargir leurs avant-postes illégaux dans la région, ont confié les anciens habitants de ces communautés dorénavant dépeuplées.
La dernière en date, Muarrajat, a été vidée de ses résidents la semaine dernière.
« Nous ne pouvons pas garder le silence face à ces attaques incessantes qui menacent notre existence même sur cette terre », ont écrit le père Daoud Khoury de l’église orthodoxe grecque, le père Jacques-Noble Abed de l’église catholique grecque melkite et le père Bashar Fawadleh de l’église latine, dans leur courrier.
Ils ont noté que la zone située à l’est de Taybeh – qui comprend plus de la moitié du territoire de la ville et l’essentiel de son activité agricole – « est, dans les faits, devenue une cible ouverte pour les avant-postes d’implantation qui s’étendent tranquillement sous protection militaire ». Ils ont ajouté que ces avant-postes illégaux « servent de base pour de nouvelles agressions contre la terre et contre la population ».
Taybeh est la dernière ville entièrement chrétienne de Cisjordanie, ont-ils affirmé, faisant remarquer que cela lui confère « une présence unique dans la région » qui remonte à l’époque de Jésus.
« Cet héritage spirituel et culturel durable, qui a été fidèlement préservé par les habitants de Taybeh depuis des générations, est aujourd’hui gravement menacé d’érosion et de déplacement dans la mesure où les terres, où les lieux saints et où la communauté locale sont pris pour cible de manière systématique, » ont-ils ajouté.
Fawadleh a expliqué, au cours d’un entretien accordé au Times of Israel, que les actes de harcèlement et que les attaques des extrémistes juifs ont commencé il y a environ deux semaines et qu’ils sont depuis devenus quotidiens.
Il a raconté qu’un individu en particulier venait à Taybeh à dos d’âne pour y amener, tous les jours, son troupeau pour qu’il puisse paître sur les terres agricoles de la ville, les vaches endommageant les oliviers, ce qui risque de nuire à leur productivité et d’avoir un impact négatif sur les moyens de subsistance des habitants.
Lundi, les habitants de Taybeh ont vu des partisans du mouvement pro-implantation mettre le feu aux champs situés autour de l’église Saint-Georges et du cimetière voisin, et ils se sont précipités pour aider à éteindre les flammes avant qu’elles ne se propagent, a dit Fawadleh.
Le père Jacques-Noble Abed a appelé la ligne d’urgence de la police à deux reprises pendant l’incendie criminel, lundi, et il lui a été assuré que des agents allaient arriver. Ils ont attendu en vain la venue des forces de l’ordre, a ajouté Fawadleh.
« Les gens sont très inquiets. Malheureusement, nous n’avons aucune solution pour les arrêter. Ils ont des armes, nous devons donc faire attention à la manière dont nous agissons », a déclaré le prêtre.
« Nous demandons de l’aide aux gens du monde entier, non pas parce que nous sommes des Palestiniens chrétiens, mais parce que nous sommes des Palestiniens et que nous voulons vivre dans la paix et dans la justice, parce que nous voulons vivre sur notre terre et dans notre pays ».
La police n’avait pas répondu à notre demande de commentaire au moment de la rédaction de cet article.
la Communauté du Times of Israël !







