Après 16 ans au pouvoir, Orbán reconnaît sa défaite face à l’opposition de centre-droit
Le parti pro-UE Tisza de Peter Magyar s'apprête à remporter une victoire écrasante qui pourrait redessiner la dynamique européenne et affaiblir les liens avec Vladimir Poutine, Donald Trump et Benjamin Netanyahu
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Le leader nationaliste hongrois de longue date, Viktor Orbán, a reconnu sa défaite dimanche après la victoire écrasante aux élections du parti d’opposition Tisza, un nouveau venu sur la scène politique, ce qui constitue un revers pour ses alliés en Russie, en Israël et à la Maison Blanche du président américain Donald Trump.
Les résultats, basés sur le dépouillement de 97,35 % des bureaux de vote, montrent que le parti Tisza, de centre-droit et pro-UE, dirigé par Peter Magyar, remporte 138 sièges, soit une majorité cruciale des deux tiers, au sein du Parlement de 199 membres, devançant ainsi largement le parti Fidesz d’Orbán.
« Les résultats des élections ne sont pas encore définitifs, mais la situation est compréhensible et claire », a déclaré Orbán depuis le siège de campagne du Fidesz.
« Le résultat de l’élection est douloureux pour nous, mais clair. »
Les instituts de sondage avaient prédit une participation record, la télévision hongroise montrant de longues files d’attente devant certains bureaux de vote de Budapest. À 16 h 30 GMT, soit une demi-heure avant la fermeture des bureaux de vote, les données indiquaient que 77,8 % des électeurs avaient voté, contre 67,8 % il y a quatre ans.
Si ces premières estimations se confirment, la fin du mandat d’Orbán, après 16 ans au pouvoir, aurait des implications significatives non seulement pour la Hongrie, mais aussi pour l’Union européenne (UE), l’Ukraine et au-delà.
Cela marquerait la fin du rôle de frondeur joué par la Hongrie au sein de l’UE et pourrait débloquer un prêt de 90 milliards d’euros destiné à l’Ukraine, ravagée par la guerre, et bloqué par Orbán.
Une défaite d’Orbán pourrait également signifier le déblocage éventuel des fonds européens destinés à la Hongrie, que l’UE avait suspendus en raison de ce que Bruxelles qualifiait d’érosion des normes démocratiques par Orbán.
Le départ d’Orbán priverait également le président russe Vladimir Poutine de son principal allié au sein de l’UE et provoquerait une onde de choc dans les cercles de la droite occidentale, y compris à la Maison Blanche.
En matière de politique étrangère, Orbán emporterait avec lui son soutien de longue date à Israël, ayant noué des liens étroits avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et soutenu sans faille l’État hébreu dans les forums internationaux.
En Hongrie, une victoire de Tisza pourrait ouvrir la voie à des réformes visant, selon le parti, à lutter contre la corruption et à restaurer l’indépendance du pouvoir judiciaire et d’autres institutions.
Toutefois, l’ampleur de ces réformes dépendra de la capacité de Tisza à obtenir la majorité constitutionnelle des deux tiers dont il aurait besoin pour renverser une grande partie de l’héritage d’Orbán.
La stagnation économique a entamé le soutien dont bénéficie Orbán
Orbán, un eurosceptique, a mis en place un modèle de « démocratie illibérale » considéré comme un exemple à suivre par le mouvement « Make America Great Again » (MAGA) de Trump et ses admirateurs en Europe.
Mais de nombreux Hongrois se sont de plus en plus lassés d’Orbán, 62 ans, après trois ans de stagnation économique, de flambée du coût de la vie et d’informations faisant état d’oligarques proches du gouvernement accumulant davantage de richesses.
Le chef du parti Tisza, Magyar, semble avoir su exploiter cette frustration.
Mihaly Bacsi, 27 ans, qui a voté pour Tisza dans la capitale hongroise, estime que le pays a besoin de changement.
« Nous avons besoin d’une amélioration du climat social. Il y a trop de tensions dans de nombreux domaines et le gouvernement actuel ne fait qu’attiser ces sentiments ! », a-t-il déclaré.
Une autre électrice, qui s’est présentée sous le nom de Zsuzsa, a déclaré vouloir de la continuité.
« J’aimerais vraiment que tous les résultats obtenus ces dernières années soient maintenus, et j’ai terriblement peur de la guerre », a-t-elle expliqué, faisant référence au conflit qui fait rage en Ukraine, le voisin oriental de la Hongrie.
Orbán a cherché à présenter l’élection de dimanche comme un choix entre « la guerre et la paix ».
Pendant la campagne, le gouvernement a inondé le pays d’affiches avertissant que l’élection de Magyar entraînerait la Hongrie dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ce qu’il nie catégoriquement.
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