Des réservistes réclament une enquête contre la 14e chaîne pour divulgation d’informations classifiées
Selon un groupe de pression, la chaîne pro-Netanyahu met en danger la sécurité de l'État en divulguant des secrets, parfois sur des opérations cruciales quelques jours avant leur exécution
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Un groupe de pression composé de réservistes de l’armée israélienne a demandé lundi l’ouverture d’une enquête pénale à l’encontre de la Quatorzième chaîne, l’accusant d’avoir diffusé à plusieurs reprises des informations classifiées en violation des règles de censure, compromettant ainsi des opérations et mettant en danger les forces de sécurité.
Dirigé par le colonel (Rés.) Hanoch Daube, qui a combattu lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, puis a pris part aux combats à Gaza, le « Forum des combattants des Épées de fer » affirme que, depuis plus de deux ans, la Quatorzième chaîne diffuse systématiquement des informations sensibles en matière de sécurité, parfois même avant que les missions n’aient été menées à bien.
« Il ne s’agit pas d’une série d’erreurs isolées, mais d’un système structuré dans lequel des informations sensibles, parfois top secrètes, sont utilisées comme un outil pour obtenir de l’audience et exercer une influence politico-publique, tout en portant directement atteinte aux intérêts nationaux et de sécurité d’Israël », a écrit le Forum des combattants des Épées de fer dans une lettre.
La plainte a été adressée au procureur d’État Amit Aisman, au commissaire Boaz Balat, chef de la division des enquêtes et du renseignement de la police israélienne, ainsi qu’au général de brigade Netanel Kula, censeur militaire en chef.
Cette plainte demande l’ouverture d’une enquête sur la chaîne et son personnel pour « diffusion de documents classifiés sans autorisation et obtention ou détention de documents classifiés sans habilitation ».
La lettre souligne que, dans certains cas, le censeur a déjà sanctionné la chaîne de télévision pour des violations graves de ses instructions et pour avoir porté atteinte à la sécurité nationale. Le groupe de pression réclame l’ouverture immédiate d’une enquête pénale visant la Quatorzième chaîne et l’ensemble du personnel concerné.
La lettre souligne que, dans certains cas, le censeur a déjà sanctionné la chaîne de télévision pour des violations graves de ses instructions et pour avoir porté atteinte à la sécurité nationale. Le groupe de pression réclame l’ouverture immédiate d’une enquête pénale visant la Quatorzième chaîne et l’ensemble du personnel concerné.
Les auteurs de la lettre affirment que, malgré ce qui semble être des « violations flagrantes et répétées de la loi », aucune des personnes impliquées n’a été convoquée dans le cadre d’une enquête. Ils affirment également que, même lorsque le censeur a exigé le retrait d’un reportage, la Quatorzième chaîne a eu recours à des « manœuvres évasives » et à des retards délibérés, allant jusqu’à republier des informations « au motif qu’elles relevaient désormais du « domaine public » ».
Ils affirment également que la chaîne a révélé des méthodes de collecte de renseignements utilisées pendant les combats à Gaza, qu’elle a rendu compte d’une opération imminente avant qu’Israël ne fasse exploser des milliers de balises piégées portées par des membres du groupe terroriste chiite Hezbollah au Liban en 2024, qu’elle a fait état de l’élimination éventuelle du chef du Hezbollah Hassan Nasrallah quelques jours avant qu’elle ne soit menée à bien, et qu’elle a fait allusion à une opération dans les jours et les heures précédant les frappes israéliennes contre l’Iran en juin 2025.
Ils affirment également que la chaîne a pour mode opératoire de diffuser des informations sensibles en direct, parfois sous forme de « lapsus », avant que ses employés ne les relaient sur les réseaux sociaux.
Le Forum des combattants des Épées de fer a déclaré qu’il envisagerait d’engager d’autres poursuites judiciaires si les autorités n’agissaient pas dans un délai de 45 jours.
La lettre souligne que Shimon Riklin, le présentateur vedette de la Quatorzième chaîne, a divulgué à plusieurs reprises des informations confidentielles et sensibles, notamment le 18 mai, lorsqu’il a révélé l’existence d’un plan opérationnel concernant les stocks souterrains d’uranium enrichi de l’Iran, alors que les États-Unis et Israël menaient une guerre conjointe contre la République islamique d’Iran.
De plus, toujours selon cette lettre, en mai et en juin, Riklin a révélé la position des troupes de Tsahal au Liban ; le lendemain, le Hezbollah a bombardé la zone, tuant quatre soldats.
« L’État d’Israël ne peut se permettre une situation où les considérations d’audience et la proximité des centres de pouvoir l’emportent sur la sécurité des combattants et sur celle de l’État », a déclaré le Forum des combattants des Épées de fer dans un communiqué.
Dans sa réponse, la Quatorzième chaîne a accusé sa rivale la plus populaire, la chaîne N12, d’être à l’origine de la lettre du groupe de pression dans le but de faire fermer la chaîne de droite et a affirmé que de telles tactiques « ne fonctionneraient pas ».
Cette chaîne de télévision controversée, fervente partisane du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui s’est rendu dans ses studios la semaine dernière pour une longue interview, fait depuis longtemps l’objet de critiques.
En avril, un recours a été déposé auprès de la Haute Cour de justice afin de demander à celle-ci d’ordonner à la police d’enquêter sur 18 personnalités médiatiques de premier plan apparaissant sur cette chaîne pour diverses infractions pénales, notamment la sédition et l’incitation à la violence.
Selon ce recours, la loi adoptée en 2018 permet à la Quatorzième chaîne de contourner des réglementations essentielles applicables aux chaînes d’information commerciales, lesquelles visent à garantir une couverture impartiale et équilibrée.
Cette législation exonère la Quatorzième chaîne des dispositions réglementaires qui exigent qu’une chaîne ait plus d’un propriétaire, que sa division d’information soit une société distincte de la chaîne elle-même et qu’elle adopte les règles déontologiques du Conseil public israélien de la presse et de l’éthique.
En 2024, l’armée avait fustigé la chaîne pour son « contenu incendiaire et diffamatoire » à la suite d’un reportage se moquant de Herzl Halevi, alors chef d’état-major de Tsahal, et avait également critiqué l’un de ses principaux commentateurs pour avoir relayé l’« éhonté mensonge » selon lequel Halevi souhaiterait que le Hamas gouverne Gaza.
L’an dernier, le chef d’état-major, Eyal Zamir, avait qualifié de « calomnie malveillante » l’accusation selon laquelle l’avocate militaire générale aurait opposé son veto à une frappe contre un bâtiment à Gaza, dans lequel quatre soldats avaient par la suite été tués.
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