L’aéroport de Tel Aviv rouvre, mais les tarifs aériens flambent faute de concurrence étrangère
Les voyages cet été devraient coûter encore plus cher qu’en 2025, en raison d’une offre insuffisante et de la hausse des prix du kérosène liée à la guerre
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Après 40 jours de perturbations majeures pour les voyageurs en raison de la guerre contre la République islamique d’Iran, l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv, principale porte d’entrée internationale du pays, a repris ses activités.
Les compagnies aériennes israéliennes travaillent d’arrache-pied pour rétablir leurs horaires habituels, en augmentant la fréquence des vols et les ventes de billets, afin de répondre à une demande en forte hausse alors que les Israéliens planifient avec impatience leurs vacances de printemps et d’été après une longue période de guerre.
Les transporteurs étrangers ne semblent toutefois pas pressés de reprendre leurs décollages et atterrissages, préférant attendre l’issue du cessez-le-feu de deux semaines avec Téhéran, annoncé dans la nuit de mardi à mercredi. Les compagnies israéliennes peinent à combler ce vide, et les vacanciers qui n’ont pas encore réservé ou dont les vols ont été annulés redoutent une nouvelle flambée des tarifs aériens.
« Les tarifs des compagnies israéliennes s’envolent déjà en raison des prévisions d’une forte demande dans les semaines à venir, en particulier pendant les mois d’été », a déclaré Yoni Waxman, vice-président d’Ophir Tours, au Times of Israel. « Les prix sont très élevés en raison de la faible capacité de sièges actuellement disponible par rapport à la demande. »
Depuis deux ans et demi, alors qu’Israël mène des guerres contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, le régime iranien et d’autres ennemis sur plusieurs fronts, les voyageurs à destination et en provenance de Tel Aviv se sont habitués à des billets d’avion coûteux, les compagnies étrangères ayant suspendu leurs liaisons, laissant les transporteurs israéliens face à une concurrence limitée.
« Les tarifs vont désormais être encore plus élevés, car la guerre contre l’Iran a fait grimper les prix mondiaux du pétrole et du kérosène ces dernières semaines », a ajouté Waxman.
Lorsque la dernière guerre contre l’Iran a éclaté le 28 février, avec les attaques conjointes américano-israéliennes, l’espace aérien israélien a été fermé à la plupart du trafic commercial, y compris aux compagnies aériennes étrangères.
En raison des restrictions aériennes, les compagnies israéliennes El Al, Arkia, Israir et Air Haifa ont dû annuler leurs horaires réguliers et opérer un programme d’urgence fortement réduit, visant principalement à rapatrier les citoyens bloqués à l’étranger et à permettre à ceux coincés en Israël de quitter le pays. Les restrictions à l’aéroport Ben Gurion ont bouleversé les projets de voyage de dizaines de milliers d’Israéliens.
« Les Israéliens sont impatients de partir en vacances ; ils se sentent oppressés après une longue période de guerre. Nous nous attendons à ce que la demande augmente de jour en jour à mesure que la situation se stabilise », a déclaré Shirley Cohen-Orkaby, vice-présidente d’Eshet Tours. « Mais nous nous retrouvons une fois de plus face à une situation où la demande est forte et l’offre limitée. »
Pendant la guerre contre l’Iran, la plupart des compagnies aériennes européennes ont maintenu la suspension de leurs vols à destination et en provenance d’Israël jusqu’en avril, voire en mai, tandis que les transporteurs américains ont repoussé leur retour à septembre.
Le géant hongrois du transport aérien à bas prix Wizz Air s’apprête à reprendre progressivement ses vols à destination et en provenance de l’aéroport Ben Gurion de Tel-Aviv à partir du 25 avril. La compagnie s’apprêtait, dans les semaines précédant la guerre contre la République islamique d’Iran, à établir un hub opérationnel en Israël en mars ou avril, ce qui aurait pu renforcer la concurrence et, espérait-on, faire baisser les prix élevés.
United Airlines a récemment prolongé la suspension de ses vols directs entre New York et l’aéroport Ben Gurion au moins jusqu’au 7 septembre, et sa rivale Delta a annulé ses liaisons vers Tel Aviv jusqu’au 5 septembre.
Pour sa part, le transporteur aérien grec Bluebird Airways a annoncé qu’il prévoyait de reprendre ses liaison Tel Aviv-Athènes à partir de dimanche 12 avril. Un vol quotidien sera assuré dans un premier temps et d’ici la fin de la semaine, la fréquence devrait passer à deux vols quotidiens, parallèlement à d’autres destinations.
La compagnie aérienne tchèque Smartwings, de son côté, reprendra ses vols réguliers vers Tel Aviv à partir du 15 avril.
« Dès le matin de l’annonce du cessez-le-feu, nous avons reçu de nombreuses demandes de réservations pour les vacances d’été, en particulier de la part de familles souhaitant se rendre vers des destinations prisées comme les îles grecques, Chypre ou l’Europe de l’Est, qui restent relativement plus abordables, mais nous constatons également une forte demande pour les États-Unis », a ajouté Waxman.
Malgré le cessez-le-feu, qui a mis fin à près de six semaines d’attaques incessantes de missiles balistiques iraniens contre Israël, les transporteurs étrangers ne devraient pas, pour l’instant, avancer la reprise de leurs services dans les semaines à venir, laissant les voyageurs israéliens largement dépendants des compagnies locales.
Sous l’effet d’une demande accumulée, les billets pour des vols vers New York en août, opérés par les transporteurs israéliens El Al et Arkia, qui détiennent actuellement le monopole de cette liaison, dépassent désormais les 2 000 dollars, contre moins de 1 200 dollars il y a six mois, selon Waxman. À la même période en 2025, ces billets coûtaient environ 1 300 dollars.
Actuellement, les billets pour des voyages en août vers Athènes, toute proche, sont proposés à environ 600 dollars, tandis que ceux vers Londres et Paris dépassent les 800 dollars, selon les dates, a ajouté Waxman.
Les transporteurs étrangers ne devraient pas reprendre leurs vols avant la fin avril. Jeudi, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a prolongé jusqu’au 24 avril un avis recommandant d’éviter une grande partie de l’espace aérien du Moyen-Orient et du Golfe, y compris Israël, en raison des risques liés aux hostilités régionales.
Les principaux transporteurs européens, dont le groupe Lufthansa, ainsi que les compagnies américaines, devraient adopter une approche prudente dans les semaines à venir, attendant de voir si le cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran débouchera sur un accord durable et si le ciel au-dessus d’Israël restera stable.
Waxman et Cohen-Orkaby estiment tous deux que lorsque les compagnies étrangères décideront de relancer leurs liaisons vers Tel Aviv, les transporteurs européens reprendront probablement leurs vols avant leurs homologues américains.
« Le retour des compagnies étrangères sera progressif, et l’expérience passée montre qu’il ne se fait pas d’un seul coup », a déclaré Cohen-Orkaby. « Depuis l’Europe, nous pourrions assister à un redémarrage plus rapide vers l’aéroport Ben Gurion, tandis que les vols vers les États-Unis resteront, dans les semaines et même les mois à venir, largement dominés par les compagnies israéliennes. »
« Nous anticipons une reprise progressive dès la fin avril, avec un retour en mai pour certaines compagnies, et seulement en septembre pour d’autres, comme United Airlines ou Air Canada », a-t-elle ajouté.
Waxman estime néanmoins que, même après la consolidation du cessez-le-feu et la reprise des vols des compagnies étrangères, il faudra des semaines, voire des mois, pour que les tarifs aériens se stabilisent.
« De nombreux transporteurs ont déjà réaffecté leurs avions à d’autres destinations. Cela signifie qu’une fois la décision prise, ce qui, d’après notre expérience, prend au moins 14 jours, ils doivent réorganiser l’ensemble de leur planning pour repositionner avions et équipages, ce qui ne se fait pas instantanément », a-t-il expliqué.
Les prix des billets entre Tel Aviv et l’Europe ou les États-Unis devant rester élevés dans les semaines à venir, les Israéliens pourraient trouver des options plus abordables vers l’Extrême-Orient et d’autres destinations en transitant par Dubaï et Abou Dhabi.
« La demande en provenance d’Europe sera plus faible, les voyageurs européens étant plus réticents à passer par Dubaï ou Abou Dhabi en raison des inquiétudes liées à la situation », a déclaré Waxman. « En revanche, des options intéressantes pourraient s’offrir aux Israéliens souhaitant se rendre aux États-Unis en transitant par Dubaï plutôt qu’en faisant escale en Europe. »
Comme lors de précédents épisodes de tensions sécuritaires, flydubai, Etihad Airways et Emirates devraient figurer parmi les premières compagnies étrangères à reprendre leurs vols vers l’aéroport Ben Gurion de Tel Aviv.
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