Le nouveau chef de la sécurité iranienne recherché par Interpol pour l’attentat d’AMIA
Mohsen Rezai, ex-chef du CGRI, est recherché par l'Argentine pour son rôle présumé dans l'attentat de 1994 qui a fait 85 morts ; il est le 2e à prendre la tête du Conseil de sécurité nationale depuis l'élimination d'Ali Larijani en mars
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L’ancien commandant en chef du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI), le bras armé du régime iranien, Mohsen Rezaei, a été nommé à la tête de la plus haute instance de sécurité nationale du pays, a annoncé dimanche la présidence iranienne.
Âgé de 71 ans, Rezaei a précédemment dirigé cette force paramilitaire d’élite, le CGRI. Il fait également l’objet d’un mandat d’arrêt international pour son rôle présumé dans l’une des attaques antisémites les plus meurtrières de ces dernières décennies : l’attentat à la bombe contre le centre communautaire juif de l’AMIA à Buenos Aires, en Argentine, en 1994.
Il s’agit de la deuxième personne désignée à la tête du Conseil de sécurité nationale iranien depuis qu’Israël a éliminé le puissant responsable iranien Ali Larijani, à la mi-mars, quelques semaines seulement après le début de la guerre américano-israélienne contre la République islamique d’Iran. L’armée israélienne a déclaré, après l’élimination de Larijani, qu’il avait fait office de « dirigeant de facto » de l’Iran à la suite de l’élimination de l’ancien guide suprême, Ali Khamenei, le premier jour de la guerre.
L’actuel guide suprême, Mojtaba, fils d’Ali Khamenei, a été blessé lors de cette même frappe et n’est pas réapparu en public depuis.
La nomination de Rezaei est le dernier remaniement en date à la tête du Conseil de sécurité nationale, sorte de bureau politique où coexistent diverses opinions et rivalités politiques, et qui s’adapte à la perte de plusieurs hauts responsables au cours de la guerre.
Il remplace Mohammad Bagher Zolghadr, qui devient conseiller politique de Khamenei.
« Compte tenu de la démission de Mohammad Bagher Zolghadr de son poste de secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de sa nomination à de nouvelles fonctions, le président Massoud Pezeshkian a nommé Mohsen Rezaei à la tête de cet organe », a écrit le porte-parole de la présidence, Mehdi Tabatabaei, sur le réseau social X.
Au début du mois, Rezaei a déclaré que l’Iran n’autoriserait jamais le passage non autorisé par le détroit d’Ormuz, une voie navigable internationale considérée comme un axe essentiel pour l’approvisionnement mondial en pétrole, avant que Téhéran ne commence à le bloquer au début de la guerre.
En juillet, il avait déclaré que le contrôle du détroit était « plus important qu’une dizaine de bombes atomiques », faisant référence au programme nucléaire iranien, qui constitue également l’un des enjeux centraux du conflit.
Recherché par Interpol pour son rôle présumé dans l’attentat contre l’AMIA
Rezaei a dirigé le CGRI de 1981 à 1997 – un mandat qui a couvert la quasi-totalité de la guerre Iran-Irak – avant d’occuper plusieurs postes politiques de haut rang. Il a récemment exercé les fonctions de conseiller militaire auprès du jeune Khamenei.
Au cours de son mandat à la tête du CGRI, il aurait été impliqué dans l’attentat contre l’AMIA. Selon un jugement rendu par un tribunal argentin, cet attentat à la bombe a été perpétré par des terroristes chiites libanais du Hezbollah et financé par l’Iran. Il a fait 85 morts et des centaines de blessés.
Rezaei est recherché depuis longtemps par Interpol pour son rôle présumé dans cet attentat. L’organisation policière internationale a émis une « notice rouge » en vue de son arrestation en 2007 et a également demandé l’arrestation de cinq Iraniens et d’un Libanais.
En 2022, l’Argentine a demandé au Qatar d’arrêter Rezaei alors qu’il se trouvait dans cet émirat du Golfe, mais cette demande est restée sans suite.
« L’accusation portée contre lui découle de sa participation avérée à la réunion au cours de laquelle il a été décidé de mener l’attentat contre le siège de l’AMIA », avait déclaré le juge fédéral argentin Daniel Rafecas dans une lettre officielle adressée au Qatar à l’époque.
Plus tôt dans l’année, l’apparition publique de Rezaei lors de la cérémonie d’investiture du président du Nicaragua avait provoqué la colère de l’Argentine et suscité une réaction virulente de la part de son ministère des Affaires étrangères, qui avait qualifié sa présence « d’affront à la justice argentine et aux victimes de l’attentat terroriste brutal » perpétré dans la capitale argentine.
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