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Attentat AMIA : L’Argentine demande au Qatar d’arrêter l’iranien Mohsen Rezaei

Un juge a demandé l'arrestation de l'ancien commandant des Gardiens de la Révolution islamique, pour "participation avérée" dans l'attentat qui a fait 85 morts en 1994

Mohsen Rezaei, ancien chef des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)
Mohsen Rezaei, ancien chef des Gardiens de la Révolution islamique d'Iran. (Crédit : AP Photo/Vahid Salemi)

L’Argentine a demandé au Qatar d’arrêter un fonctionnaire iranien pour sa participation présumée à un attentat terroriste dévastateur perpétré en 1994 contre un centre juif de Buenos Aires, selon un article publié mardi.

L’attentat contre le centre juif AMIA, qui aurait été perpétré par des terroristes du Hezbollah financés par l’Iran, a fait 85 morts et des centaines de blessés.

Le ministère argentin de la Justice a demandé lundi au Qatar de placer en détention Mohsen Rezaei, vice-président iranien chargé des Affaires économiques, afin qu’il puisse être jugé en Argentine pour l’attentat, a rapporté Reuters.

Rezaei se trouve actuellement au Qatar, qui n’a pas de traité d’extradition avec l’Argentine, a précisé l’article.

« L’accusation portée contre lui découle de sa participation avérée à la réunion au cours de laquelle il a été décidé de commettre l’attentat contre le siège de l’AMIA », a déclaré le juge fédéral argentin Daniel Rafecas dans une lettre officielle adressée au Qatar.

Rezaei, ancien dirigeant du Corps paramilitaire des Gardiens de la Révolution islamique d’Iran, est recherché par l’Argentine en vertu d’une « notice rouge » d’Interpol en raison de l’attentat.

Le 18 juillet 1994, une camionnette remplie d’explosifs s’est ruée sur l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA), le centre communautaire juif à Buenos Aires, dans ce qui demeure l’attentat le plus meurtrier de toute l’histoire du pays.

L’Iran et le groupe terroriste libanais du Hezbollah sont depuis longtemps liés à cet attentat. Sur la base des enquêtes du procureur juif argentin feu Alberto Nisman, six Iraniens et un Libanais figurent sur la liste des personnes les plus recherchées par Interpol depuis 2007.

Un homme marchant sur les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, en Argentine, le 18 juillet 1994. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Cependant, les Iraniens accusés d’avoir participé au complot peuvent toujours se déplacer librement, notamment Rezaei.

En janvier, une apparition publique de Rezaei lors de l’investiture du président du Nicaragua a provoqué la colère de l’Argentine et a suscité une réponse sévère de son ministère des Affaires étrangères, qui a qualifié la présence de Rezaei d’ « affront à la justice argentine et aux victimes de l’attaque terroriste brutale″ dans la capitale argentine.

L’attentat à la bombe a longtemps été une source de controverse en Argentine.

L’actuelle vice-présidente de l’Argentine, Cristina Kirchner, a fait face à de graves allégations selon lesquelles elle aurait tenté de dissimuler le rôle de l’Iran dans l’attentat. La plainte contre elle a été déposée en janvier 2015 par Nisman, qui a été retrouvé mort dans son appartement quelques heures seulement avant de présenter des preuves contre Kirchner, qui était à l’époque présidente de l’Argentine. Elle a été lavée de tout soupçon l’année dernière.

Les efforts de Nisman pour poursuivre cinq responsables iraniens, dont Rezaei et l’ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani, ont été interrompus lorsque l’administration de Kirchner a signé un accord avec l’Iran en 2013 pour mettre en place une commission conjointe basée à Téhéran pour enquêter sur les attentats.

Des personnes brandissant des photos de personnes décédées lors de l’attentat à la bombe au centre juif AMIA qui a tué 85 personnes, lors du 25e anniversaire de l’attaque à Buenos Aires, en Argentine, le 18 juillet 2019. (Crédit : AP Photo/Natacha Pisarenko)

En juillet, à l’occasion de l’anniversaire de l’attentat, les États-Unis ont exhorté les pays du monde entier à intensifier leur action contre le Hezbollah.

Soulignant le parrainage des attentats par l’Iran, le département d’État américain a appelé davantage de capitales à rejoindre « plus d’une douzaine de pays en Europe, en Amérique du Sud, en Amérique centrale et dans le Pacifique qui ont émis des désignations, des interdictions ou d’autres restrictions au niveau national » contre le Hezbollah.

Le New York Times a indiqué dans un article de juillet que l’agence d’espionnage israélienne du Mossad a conclu que l’attentat à la bombe de l’AMIA, et un autre attentat perpétré à Buenos Aires dans les années 1990, ont été commandités et exécutés par le Hezbollah, mais que l’Iran n’a pas joué un rôle opérationnel, « sur le terrain », comme on le pensait initialement.

Un dossier du Mossad sur les attentats, détaillé dans l’article, indique que même si l’Iran a approuvé et fourni des fonds, des équipements et des formations pour les attentats meurtriers, il n’a pas été directement impliqué.

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