Le Pentagone admet que 11 soldats US ont été blessés dans la frappe iranienne
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Le Pentagone admet que 11 soldats US ont été blessés dans la frappe iranienne

Les militaires ont dit que les soldats évacués en Allemagne et au Koweït ont été soignés pour des commotions malgré les dénégations antérieures des US sur d'éventuels blessés

Les soldats américains sur le site d'un bombardement iranien sur la base d'Ain al-Asad à Anbar, En Irak, le 13 janvier 2020 (Crédit : AP/Qassim Abdul-Zahra)
Les soldats américains sur le site d'un bombardement iranien sur la base d'Ain al-Asad à Anbar, En Irak, le 13 janvier 2020 (Crédit : AP/Qassim Abdul-Zahra)

Les militaires américains ont reconnu jeudi qu’onze soldats ont été blessés par des frappes aux missiles iraniennes sur une base américaine en Irak, malgré des dénégations antérieures.

« Tandis qu’aucun membre des forces américaines n’a été tué au cours de l’attaque perpétrée par l’Iran, le 8 janvier, sur la base aérienne Al Asad, plusieurs personnes ont été prises en charge pour des symptômes de commotions issus de l’explosion et leur état de santé est toujours en cours d’évaluation », a fait savoir un communiqué du commandement central américain.

« Par esprit de prudence extrême, les membres des forces ont été transportés depuis la base aérienne Al-Asad, en Irak, au centre médical régional de Landstuhl pour être suivis. Lorsqu’ils seront considérés comme étant aptes au service, ils retourneront en Irak après des examens », a ajouté le communiqué.

Le porte-parole du commandant central américain, le capitaine Bill Urban, a indiqué que huit soldats avaient été transportés en Allemagne et trois vers le camp Arifjan, au Koweït, pour des « tests de suivi ».

Photo prise le 13 janvier 2020 lors d’une tournée de presse organisée par la coalition dirigée par les Etats-Unis pour lutter contre les restes du groupe de l’Etat islamique, montre une vue des dommages à la base aérienne militaire d’Ain al-Asad abritant des troupes américaines et d’autres troupes étrangères dans la province occidentale irakienne d’Anbar, suite à une attaque de missiles iraniens (Ayman HENNA / AFP)

« Pour respecter la procédure standard, tous les membres du personnel qui étaient à proximité d’une explosion sont examinés pour une éventuelle blessure neurologique traumatique et, si cela semble approprié, ils bénéficieront d’un plus haut-niveau de soins », a dit Urban dans un communiqué.

Au moment de l’attaque, la majeure partie des 1 500 soldats américains de la base s’était réfugiée dans des bunkers, après des avertissements préalables de la hiérarchie militaire.

De hauts-responsables israéliens et notamment le président américain Donald Trump et le secrétaire à la Défense Mark Esper ont signalé à plusieurs occasions qu’il n’y avait pas eu de victimes américaines dans les frappes aux missiles survenues en riposte, de la part de la république islamique, d’une attaque au drone, le 3 janvier, qui avait tué le général Qassem Soleimani à Bagdad.

Des responsables militaires ont expliqué cette divergence d’informations en disant que leurs symptômes ne s’étaient développés que récemment.

« Les symptômes sont apparus après coup et les soldats ont été pris en charge par esprit de prudence extrême », a expliqué le porte-parole du Pentagone, Jonathan Hoffman, à CNN. « Nous avons corrigé les informations aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Le bureau du secrétaire de la Défense « a appris l’existence de ces blessures aujourd’hui et il a immédiatement donné l’ordre de publier un communiqué ».

Les Iraniens mené au total 16 frappes de missiles, ont indiqué les responsables américains. Onze ont touché la base aérienne dans la province occidentale d’Anbar, en Irak, et un a pris pour cible la base d’Irbil, dans la région semi-autonome kurde de l’Iran. Les missiles ont été qualifié comme étant de courte-portée avec des ogives allant de 450 900 kilos environ. Quatre n’ont pas explosé.

Selon l’Iran, 80 soldats américains auraient perdu la vie dans l’attaque.

Photo prise le 13 janvier 2020 lors d’une tournée de presse organisée par la coalition dirigée par les Etats-Unis pour lutter contre les restes du groupe de l’Etat islamique, montre une vue des dommages à la base aérienne militaire d’Ain al-Asad abritant des troupes américaines et d’autres troupes étrangères dans la province occidentale irakienne d’Anbar, suite à une attaque de missiles iraniens (Ayman HENNA / AFP)

Ain al-Asad avait été pour la première fois utilisé comme base par les forces américaines après l’invasion de l’Irak en 2003, sous la direction des forces américaines, qui avait mené à la chute du dictateur Saddam Hussein, et elle a été ensuite utilisée par les troupes américaines dans le combat contre le groupe de l’Etat islamique.

Elle accueille environ 1 500 soldats américains et des forces de la coalition. Trump s’y est rendu au mois de décembre 2018, venant saluer pour la première fois les militaires stationnés dans la région. Le vice-président Mike Pence est allé à Ain al-Asad et à Irbil au mois de novembre.

Le président iranien Hassan Rouhani a indiqué jeudi qu’il souhaitait éviter une guerre après que Téhéran et Washington ont semblé se trouver au bord de la confrontation directe, début janvier, pour la deuxième fois en moins d’un an.

Avant les élections parlementaires du 21 février – qui devraient être un challenge pour le camp de Rouhani – et dans un contexte de tensions élevées entre Téhéran et l’Occident en raison du programme nucléaire de la république islamique, le président a indiqué que le dialogue avec le monde était encore « possible »

« Le gouvernement oeuvre au quotidien pour empêcher la confrontation militaire ou la guerre », a ainsi déclaré Rouhani dans un discours télévisé.

Rouhani a expliqué que la frappe équivalait à une « compensation » pour la mort de Soleimani, architecte de la stratégie militaire de l’Iran au Moyen-Orient.

Les tensions entre les deux ennemis ont semblé se calmer après la destruction accidentelle d’un avion de transport civil ukrainien dans le ciel d’Iran survenu quelques heures après les frappes de représailles, alors que Téhéran se trouvait en état d’alerte élevé, craignant des ripostes américaines.

La tragédie a fait 176 morts, majoritairement des Iraniens et des Canadiens.

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