L’université d’Oxford sous le feu des critiques pour ses dérives anti-israéliennes
Apologie du terrorisme, hausse des actes antisémites et financements qataris : l'établissement britannique fait face à de lourdes accusations de déclin moral
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Autrefois symbole de neutralité et d’excellence intellectuelle, l’université d’Oxford traverse une crise identitaire majeure.
Comme le rapporte le média Jewish News Syndicate (JNS), l’établissement est accusé par plusieurs universitaires, étudiants et observateurs d’avoir laissé s’installer un climat d’hostilité généralisée envers Israël et la communauté juive.
L’affaire a pris une tournure judiciaire avec l’ouverture d’une enquête policière contre Arwa Elrayess, présidente sortante de l’Oxford Union — la célèbre société de débat rattachée à l’univers étudiant d’Oxford.
Arwa Elrayess est en effet soupçonnée d’avoir enfreint la loi britannique contre la glorification du terrorisme après avoir affirmé, lors d’échanges privés, que les membres du Hamas pouvaient être « salués comme des héros ».
Par ailleurs, l’étudiant Samuel Williams a été suspendu du Balliol College et fait l’objet de poursuites pour incitation à la haine raciale, après avoir entonné des chants haineux à l’égard des sionistes lors d’une manifestation. Le Balliol College est l’un des établissements constitutifs de l’université d’Oxford. Il se trouve non loin de son rival le Trinity College, qui se trouve à Broad Street.
L’Oxford Union, miroir d’une dégradation du débat public
L’Oxford Union, qui a compté dans ses rangs des personnes illustres telles que Nelson Mandela ou encore Albert Einstein, est aujourd’hui décrite par l’ancien élève et journaliste Jonathan Sacerdoti comme le « microcosme » d’une capture idéologique.
Plusieurs débats récents portant sur le conflit israélo-palestinien ont été marqués par de vives tensions, entre invectives verbales, interruption systématique des intervenants pro-Israël et discours légitimant les attaques du 7-Octobre.
Selon des informations relayées par JNS, plus de 300 universitaires ont adressé une lettre ouverte à William Hague, le chancelier d’Oxford, afin de dénoncer ce qu’ils qualifient d’apologie du terrorisme – ce qui est illégal – lors de ces rassemblements.
L’ancienne députée israélienne et actuelle candidate sur la liste des HaMilouimnikim, dirigée par Yoaz Hendel, Einat Wilf déplore l’effondrement du niveau d’argumentation de ces sessions, estimant que « la guerre de l’information se joue désormais dans ces lieux de prestige par la légitimation de fausses accusations ».
Un sentiment d’insécurité croissant pour les étudiants juifs
Sur le campus, la dégradation du climat pèse lourdement sur la vie quotidienne des étudiants.
Selon un dossier transmis à la direction générale de l’université par des membres du corps professoral et des élèves, plus de 70 actes à caractère antisémite ont été répertoriés au cours de l’année universitaire 2023-2024.
Dans une tribune publiée par le journal The Telegraph, l’étudiante en histoire Gavriella Epstein-Lightman pointe l’existence de « deux poids, deux mesures » sur le plan idéologique et d’un silence institutionnel pesant face aux préjugés subis par les élèves juifs.
Des doutes sur les financements étrangers
Cette montée du radicalisme interroge également sur les évolutions structurelles de l’université.
D’après les registres publics consultés par JNS, Oxford a reçu pas moins de 9,8 millions de dollars de dons liés au Qatar depuis 2009. Selon un rapport publié en 2021 par le professeur John Heathershaw, de l’université d’Exeter, les fonds originaires de régimes du Moyen-Orient ont été multipliés par cent entre 2001 et 2014.
Le porte-parole d’Oxford a réagi à ces révélations et critiques en déclarant à JNS que l’université « condamnait fermement tous les propos qui incitent à la violence ou témoignent d’une haine raciale ».
La direction assure avoir renforcé ses protocoles internes ainsi que ses formations sur l’inclusion et la lutte contre l’antisémitisme, en concertation étroite avec les représentations étudiantes concernées.
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