Marco Rubio ne participera pas à la réunion à Paris sur le « jour d’après » à Gaza
La tenue de cet événement dans la capitale française a été qualifiée par la diplomatie israélienne "d'inutile et de nuisible"
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Contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, le secrétaire d’État américain Marco Rubio ne participera pas à la réunion des ministres des Affaires étrangères organisée ce jeudi à Paris par la France sur la transition post-guerre à Gaza, a rapporté mercredi la chaîne N12, citant trois sources bien informées.
Les forces de maintien de la paix, un cadre juridique et les mesures visant à garantir que le Hamas ne puisse plus représenter une menace feront l’objet de discussions entre les partenaires internationaux à Paris, a déclaré jeudi le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul.
Ces trois éléments sont nécessaires pour l’avenir dans le cadre d’un plan pour la bande de Gaza, a-t-il ajouté.
« L’aide humanitaire et médicale doit désormais parvenir rapidement à Gaza ; la population a besoin de perspectives de reconstruction », a écrit Wadephul sur X.
Mardi, Israël avait demandé à l’administration du président américain Donald Trump de ne pas participer à cette réunion, craignant que cela ne détourne l’attention du plan de Trump pour mettre fin à la guerre et ne compromette les négociations en cours en Égypte entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas, a déclaré un responsable israélien à la chaîne israélienne.
La nouvelle initiative du gouvernement français, à un moment aussi sensible des négociations à Charm el-Cheikh, est superflue et préjudiciable, comme ses prédécesseurs.
Nous y voyons une tentative supplémentaire du président Macron de détourner l’attention de ses problèmes…— Gideon Sa'ar | גדעון סער (@gidonsaar) October 8, 2025
La participation de Rubio, fervent partisan d’Israël, avait dans un premier temps été annoncée alors que le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar avait qualifié sur X l’événement « d’inutile et de nuisible » mercredi soir.
« Nous considérons cela comme une nouvelle tentative du président [français] Macron de détourner l’attention de ses problèmes internes au détriment d’Israël », avait écrit Saar sur le réseau social X.
Macron fait depuis des mois l’objet de vives critiques de la part d’Israël pour avoir mené une initiative conjointe franco-saoudienne exhortant les pays occidentaux à reconnaître unilatéralement un État palestinien et à promouvoir un cadre à long terme pour une solution à deux États.
Les ministres des Affaires étrangères du « Quint européen » (Allemagne, Espagne, France, Italie, Royaume-Uni), du « Quint arabe » (Arabie Saoudite, Egypte, Emirats Arabes Unis, Jordanie, Qatar) ainsi que ceux de l’Union européenne, du Canada et de Turquie seront donc réunis dans la capitale française pour travailler sur « le jour d’après ».
Macron, qui a salué jeudi « l’espoir immense » soulevé par l’accord entre Israël et le Hamas et émis l’espoir qu’il permette « l’ouverture d’une solution politique fondée sur la solution à deux États », doit s’adresser à eux en ouverture des discussions à 17H00 (15H00 GMT) avant de présider la cérémonie de panthéonisation de Robert Badinter.
Le président français recevra auparavant à l’Elysée le cheikh Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, le Premier ministre du Qatar qui est l’un des médiateurs des négociations de Charm-el-Cheikh. La France est une proche alliée de Doha.
La réunion de Paris a été organisée plusieurs jours avant l’annonce de l’accord, pour permettre de poursuivre les « efforts menés par la France depuis de longs mois pour mettre fin à la guerre à Gaza et ouvrir un chemin vers la paix », selon une source diplomatique française.
Elle tombe « finalement plutôt bien puisque les ministres vont pouvoir se concentrer sur les engagements concrets sur l’après-guerre », a réagi un autre diplomate européen.
Cela « permettra de travailler à la mise en œuvre du plan de paix et à l’opérationnalisation des principaux paramètres du ‘jour d’après' », selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangères publié jeudi : la sécurité, la gouvernance et la reconstruction.
Le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani a répété jeudi que l’Italie était « prête à prendre sa part pour consolider le cessez-le-feu, acheminer de nouvelles aides humanitaires et participer à la reconstruction de Gaza ». L’Italie est « prête à envoyer des militaires en cas de création d’une force internationale de paix visant à la réunification de la Palestine », a souligné Antonio Tajani jeudi.
Sur le plan sécuritaire, les Européens sont favorables à la mise en place d’une mission internationale de stabilisation à Gaza, sous l’égide des Nations unies, avec l’objectif de transférer progressivement les responsabilités en matière de sécurité intérieure à une Autorité palestinienne réformée à Gaza.
Cette force a vocation à remplacer l’armée israélienne et travailler à désarmer le groupe islamiste palestinien Hamas, l’un des points du plan du président Trump.
L’Indonésie a également fait savoir qu’elle serait prête à envoyer des troupes.
La France table plutôt sur une aide sous la forme de formations des forces de sécurité palestiniennes et/ou d’un soutien financier pour leurs équipements par exemple.
Les pays arabes ont, eux, « marqué leur intérêt » sans annonce concrète, selon des diplomates européens. Une rencontre entre Jean-Noël Barrot et ses homologues du « Quint arabe » est prévue avant la réunion plénière.
Au total, « 10 000 membres des forces de sécurité de l’Autorité palestinienne seraient nécessaires pour sécuriser Gaza de manière autonome », selon un document de travail qui avait été présenté aux pays arabes par la France en septembre en marge de l’Assemblée générale de l’ONU et dont l’AFP avait obtenu une copie.
Annoncé le 29 septembre, le plan du président américain Donald Trump prévoit une première phase avec un cessez-le-feu et la libération dans les 72 heures des otages.
La seconde phase doit se concentrer sur le retrait par étapes de l’armée israélienne et le désarmement du Hamas, des sujets précisément au cœur des discussions de Paris.
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