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Stanford suspend une résidence étudiante accusée d’avoir expulsé des étudiants juifs

Une enquête révèle que des participants à une activité extrascolaire avaient été priés de quitter la maison car la présence de "sionistes" dérangeait certains résidents

La maison coopérative Kairos à l'université de Stanford. (Crédit : Google Maps via JTA)
La maison coopérative Kairos à l'université de Stanford. (Crédit : Google Maps via JTA)

JTA – L’université de Stanford a suspendu une « résidence étudiante coopérative » de son campus, accusée d’avoir discriminé des étudiants juifs en les qualifiant de « sionistes » et en leur demandant de quitter la maison.

L’enquête sur cette résidence, appelée Kairos, a été ouverte au printemps dernier après plusieurs plaintes signalant que des étudiants juifs participant à une activité extrascolaire non identifiée avaient été « priés de quitter la maison », car « la présence de sionistes » dérangeait certains résidents, selon un communiqué de Stanford.

À l’issue de l’enquête, le bureau universitaire chargé de l’application du Title VI a conclu que ce projet parascolaire « n’avait aucun lien avec le Moyen-Orient et qu’aucun des étudiants présents n’avait exprimé d’opinions politiques », a indiqué l’établissement.

En conséquence, l’université a conclu que les étudiants avaient été « pris pour cible en raison de leur identité juive présumée », un phénomène observé dans de nombreuses universités américaines depuis le début de la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, qui a suscité une vague de manifestations anti-Israël.

« Il est tout simplement inacceptable que des étudiants juifs soient exclus d’un espace universitaire ou invités à expliquer leurs convictions politiques pour pouvoir y rester », a souligné Stanford dans son communiqué.

Cette suspension est « un signal fort pour l’ensemble de l’université, qui rappelle que tout le monde a sa place à Stanford et que la discrimination n’y sera pas tolérée », a affirmé Jessica Oleon Kirschner, directrice exécutive et rabbin senior de Hillel à Stanford, dans un communiqué.

Université de Stanford. (Crédit : Kazuhisa Otsubo/CC BY 2.0/Flickr)

« Bien qu’il soit regrettable que des étudiants se livrent à des comportements discriminatoires, nous sommes rassurés que l’université ait agi rapidement et fermement pour protéger les étudiants juifs », a-t-elle ajouté.

Fondée en 1988, la résidence Kairos est l’une des nombreuses maisons appartenant à Stanford et gérées par des étudiants, dont certaines organisent des activités ouvertes aux non-résidents. Avant sa suspension, le thème de Kairos était « la solidarité BIPOC et/ou l’appréciation des arts », selon le site de l’université.

Comme en témoignent plusieurs publications sur Instagram, Kairos a déjà accueilli des événements organisés par la section locale de Students for Justice in Palestine (SJP), connue pour ses positions pro-palestiniennes radicales. L’an dernier, la résidence imposait aux candidats à l’adhésion de s’engager à défendre certaines causes, notamment la campagne « Free Palestine » et le mouvement Landback, qui milite pour la restitution des terres aux peuples autochtones.

Cette suspension fait suite à d’autres plaintes déposées l’année précédente, selon lesquelles « les étudiants devaient faire des déclarations désobligeantes sur Israël avant d’être autorisés à entrer à une fête organisée dans la maison ».

L’université a précisé que, bien que des mesures aient été prises pour traiter ces plaintes l’an dernier, « la gravité de ce récent incident de discrimination antisémite » exigeait « des mesures correctives plus strictes ».

La résidence Kairos sera désormais placée sous gestion et supervision directe de l’université pendant la période de suspension, qui durera au moins un an.

En avril dernier, Stanford a vu sa « note » en matière d’antisémitisme passer de D à C dans le classement de l’Anti-Defamation League (ADL), qui estime toutefois que le risque de « problèmes liés au climat du campus » reste « élevé ».

Stanford figure également sur la liste de 60 universités averties en mars par l’administration Trump qu’elles pourraient faire l’objet de « mesures coercitives » en raison de leur passif en matière d’antisémitisme. Jusqu’ici, l’établissement a échappé aux sanctions imposées à d’autres universités de la côte Est. Toutefois, il a annoncé le mois dernier qu’il prévoyait des licenciements massifs, en raison des coupes budgétaires de Trump dans la recherche.

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