Suisse : Accord amiable entre le Kunstmuseum et les héritiers du collectionneur Julius Freund
Les ayants droit recevront une indemnisation d’un montant non communiqué, tandis que les œuvres resteront dans les collections du musée
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Le Kunstmuseum de Bâle a annoncé, mardi 2 décembre, avoir conclu un accord amiable avec les héritiers du collectionneur juif Julius Freund concernant huit œuvres considérées comme des « biens en fuite ». Les ayants droit recevront une indemnisation d’un montant non communiqué, tandis que les œuvres resteront dans les collections du musée.
Selon l’institution suisse, le Kunstmuseum avait lui-même pris l’initiative de contacter la représentante légale des héritiers après avoir identifié dans ses collections une lithographie de Käthe Kollwitz et plusieurs dessins signés Carl Blechen, Max Liebermann, Hans von Marées et Adolph von Menzel. Les œuvres, datées du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, avaient été acquises en 1942 lors d’une vente aux enchères à Lucerne.
Le musée explique que ces objets relèvent de la catégorie des « biens en fuite », terme désignant les ventes réalisées par des Juifs émigrés entre 1933 et 1945 en dehors de la sphère d’influence directe du régime nazi. Contrairement aux cas de spoliation, la commission spécialisée estime que ces situations doivent être traitées différemment, tout en reconnaissant qu’une indemnisation peut être justifiée.
Dans le cas de la famille Freund, le musée reconnaît que la vente de 1942 reflétait une perte patrimoniale liée à la précarité financière de la veuve du collectionneur.
Julius Freund (1869-1941), industriel du textile à Berlin, avait constitué une collection de plus de 700 œuvres. Exilé en Angleterre sous le régime nazi, il meurt en 1941. Sa fille Gisèle, propriétaire des œuvres transférées en Suisse dès 1933 pour éviter leur confiscation, avait procédé à la vente lucernoise afin de subvenir aux besoins de sa mère.
Sur les huit œuvres aujourd’hui concernées, six avaient été achetées directement par le Kunstmuseum en 1942 et deux autres ont rejoint la collection par donation ultérieure. Le musée se dit satisfait de pouvoir conserver l’ensemble tout en reconnaissant les pertes subies par la famille.
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