Un ex-otage dit ne plus croire en la paix après avoir vu les atrocités du Hamas
Tal Shoham a décrit le sentiment profondément anti-israélien dont il a été témoin pendant sa captivité à Gaza, et a exprimé ses craintes pour les otages qui restent "entre les mains de ces animaux"
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Quand Tal Shoham traverse le kibboutz Beeri, dans le sud d’Israël, où lui et sa famille ont été enlevés par des terroristes du Hamas lors du pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023, il confie avoir l’impression d’être dans un immense cimetière imprégné de toute l’horreur des événements survenus ce jour-là.
Il est nostalgique de l’époque d’avant l’attaque sanglante et il se dit très pessimiste en ce qui concerne l’avenir – et ce malgré les pressions qui sont actuellement exercées par le président américain Donald Trump sur Israël et le Hamas en faveur de la conclusion d’un accord dans le cadre du plan avancé par les États-Unis qui viendrait mettre un terme à la guerre à Gaza.
Un plan qui a suscité beaucoup d’espoir dans la région, deux ans après le massacre commis par les hommes armés du Hamas dans le sud d’Israël, massacre qui avait été à l’origine de la guerre.
« Tout ce quartier qui était autrefois si paisible et si beau, vous savez, tout a été détruit… C’est comme si les actes atroces qui ont été commis ici par les terroristes avaient imprégné les lieux », explique Shoham.
Des hommes armés avaient capturé Shoham, sa femme et leurs deux enfants
Shoham aura passé 505 jours en captivité à Gaza, une période essentiellement marquée, pour lui, par la cruauté de ses ravisseurs du Hamas et par la résilience des autres otages israéliens toujours détenus dans les geôles du groupe terroriste. Il avait été libéré lors d’une trêve, au mois de février dernier.
Lui, son épouse Adi et leurs deux enfants avaient été enlevés à l’occasion de ce qui devait être la journée la plus sanglante pour les Juifs depuis la Shoah.
Les hommes armés avaient pris d’assaut les défenses, aux frontières israéliennes, lors d’une attaque surprise. Shohan avait été emmené, ainsi que 250 autres otages, à Gaza, dans un contexte de violences qui avaient brisé l’image d’Israël en tant que puissance militaire invincible.
Ce massacre – plus de 1200 personnes, des civils en majorité, avaient été assassinées – a été à l’origine d’une campagne militaire massive qui, selon les autorités du Hamas, a tué plus de 67 000 Palestiniens à Gaza.
Un bilan qui est invérifiable et qui ne fait pas de distinction entre civils et hommes armés. Israël a annoncé au mois d’août, de son côté, avoir tué plus de 22 000 terroristes sur le front, dans la bande – en plus de 1 600 autres qui avaient été abattus sur le sol israélien, lors du pogrom du 7 octobre.
Israël a déclaré chercher à minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les civils de Gaza comme autant de boucliers humains, lançant ses attaques depuis des zones civiles, notamment depuis des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le bilan israélien de l’offensive terrestre contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires le long de la frontière avec l’enclave côtière s’élève à 471 morts. Un chiffre qui comprend deux policiers et trois entrepreneurs civils qui travaillaient pour le ministère de la Défense.
Anxiété malgré les victoires militaires d’Israël
Shoham voit peu de perspectives de paix à long terme – même après les attaques dévastatrices menées par Israël contre les dirigeants iraniens et contre leurs alliés régionaux, le Hamas, le Hezbollah libanais, les Houthis yéménites et les groupes armés en Syrie.
Au cours de son calvaire, Shoham a tiré une conclusion : celle que les sentiments anti-israéliens sont si profondément ancrés dans les esprits palestiniens qu’il n’y a aucune porte ouverte à la coexistence.
« Après avoir constaté l’ampleur de la haine dans laquelle ils ont grandi et dans laquelle ils élèvent leurs enfants, il est vraiment clair que, du moins pour notre génération, cela ne sera pas possible », déplore-t-il.
Shoham avait passé les huit premiers mois de sa captivité à la surface. Mais au mois de juin dernier, lui et ses compagnons d’infortune, Guy Gilboa-Dalal et Evyatar David, avaient été emmenés dans la rue en contrebas, déguisés.
Leurs gardes les avaient escortés pendant environ 15 minutes avant de leur bander les yeux et de les emmener dans un tunnel, pour finalement les conduire dans une petite chambre obscure où un autre otage, Omer Wenkert, était déjà détenu.
« Nous allions rester dans ce tunnel à 20 ou 30 mètres sous terre, dans cette tombe, pour l’éternité », dit-il, évoquant ce qu’il avait ressenti à ce moment-là.
Leur cellule était un tunnel étroit avec des murs en béton, un sol sablonneux, une porte en fer bloquant l’entrée, quatre matelas posés à même le sol et un trou qui servait de toilettes. L’air était lourd et ils avaient du mal à respirer.
« Nous avons été traités comme des animaux. Je veux dire, même les animaux ne seraient pas détenus dans des conditions aussi inhumaines, mais c’est comme ça qu’ils nous traitaient », déclare-t-il.
Shoham se souvient des coups et des tortures psychologiques
Leurs gardiens les battaient parfois. D’autres fois, ils se livraient à des actes de terrorisme psychologique en leur disant qu’ils devaient choisir lequel d’entre eux serait abattu immédiatement.
Gilboa-Dalal et David sont toujours dans les geôles du Hamas à Gaza. Les images de David qui ont été diffusées par le Hamas au mois d’août, où il apparaissait amaigri dans sa cellule souterraine, ont provoqué un choc en Israël et à l’étranger.
« Et j’ai vraiment peur pour leur vie. Vous savez, il y a encore 20 otages vivants à Gaza entre les mains de ces animaux », s’exclame Shoham.
Tal avait été le premier à être enlevé par des terroristes dans sa famille.
Il avait été traîné par la fenêtre de la pièce blindée de sa maison, il avait été conduit à travers le kibboutz et jeté dans le coffre d’une voiture qui l’avait emmené à Gaza, enclave gouvernée par le Hamas.
Cela n’avait été qu’après plus d’un mois de captivité qu’il avait appris que son épouse et ses enfants avaient survécu au pogrom mais qu’ils avaient également été kidnappés – ainsi que sa belle-mère, la tante de sa femme et la fille de celle-ci. Son beau-père, Avshalom, avait été assassiné.
L’épouse et les enfants de Shoham avaient été libérés lors du premier accord conclu avec le Hamas, au mois de novembre 2023. Lui avait été relâché lors du deuxième et dernier accord, au mois de février 2025.
Son fils lui avait demandé si tout le monde allait mourir
Debout dans la pièce blindée carbonisée d’où il avait été kidnappé, Shoham se souvient que son fils, alors âgé de 8 ans, lui avait demandé si tout le monde allait mourir. Shoham était concentré sur sa survie.
Un commandant du Hamas avait ouvert le feu sur une fenêtre pare-balles avec son fusil d’assaut AK-47.
« Je savais qu’il ne pouvait pas encore me blesser, mais qu’après quelques balles, il allait faire un trou dans la fenêtre et que nous devrions alors nous rendre parce que ce serait fini pour nous », dit-il.
« Il pouvait lancer des grenades à l’intérieur et passer sa Kalachnikov par ce trou pour nous abattre tous ».
Alors que les terroristes du Hamas le faisaient marcher dans une rue, il avait vu les deux corps sans vie de personnes qui avaient été exécutées, abattues d’une balle dans la tête – il les avait reconnues, explique-t-il.
Il avait ensuite été jeté dans le coffre d’une voiture et emmené à Gaza.
la Communauté du Times of Israël !







