Une première arrestation après l’attaque du village palestinien de Qusra
Âgé de 19 ans, le suspect vit dans une implantation du nord de la Cisjordanie ; Herzog affirme que les autorités s’emploient à juguler les violences extrémistes.
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Un résident d’une implantation israélienne a été arrêté, soupçonné d’avoir participé à la violente attaque menée ce week-end contre le village palestinien de Qusra, en Cisjordanie, a annoncé jeudi la police.
Il s’agit de la première arrestation liée à l’attaque de samedi, au cours de laquelle des dizaines de résidents d’implantations israéliennes ont fait irruption dans le village, pris possession d’une maison où se trouvait une famille et agressé des habitants, notamment en lançant des pierres sur des Palestiniens et d’autres personnes.
Le suspect, âgé de 19 ans et originaire d’une implantation du nord de la Cisjordanie, a été interpellé à l’issue d’une enquête conjointe de la police israélienne et de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, selon un communiqué.
Il a été conduit pour interrogatoire et devait comparaître plus tard devant un juge, qui devait statuer sur la prolongation de sa garde à vue. Son identité n’a pas été encore rendue publique.
Aucune arrestation n’avait jusque-là été effectuée, bien que des images aient permis de distinguer le visage de plusieurs personnes impliquées dans l’attaque.
« L’équipe d’enquête conjointe de la police et du Shin Bet poursuit ses efforts pour recueillir des preuves et des témoignages afin de localiser et d’arrêter toutes les personnes ayant pris part à cet incident grave », indique le communiqué.
L’attaque de samedi, au cours de laquelle des dizaines de résidents d’implantations sont descendus d’une colline voisine, ont pénétré dans Qusra et occupé une maison palestinienne, est la dernière d’une série d’agressions visant la localité.
Le village est assiégé depuis plusieurs semaines par des résidents d’implantations, sur fond de recrudescence de ces violences depuis plusieurs mois. L’attaque de samedi, tout comme celle menée contre une équipe de journalistes dans la localité palestinienne voisine de Jalud, a suscité des condamnations internationales.
Le président Isaac Herzog et le Premier ministre Benjamin Netanyahu ont eux aussi condamné l’attaque. Netanyahu l’a toutefois attribuée à une « poignée d’émeutiers » qui, selon lui, ne représentent pas la communauté des résidents d’implantations.
Pressé de s’expliquer sur le sujet lors d’une interview accordée mercredi à CNN, Herzog a assuré que les autorités israéliennes prenaient au sérieux la recrudescence des violences commises par des résidents d’implantations.
Il a qualifié leurs auteurs de « jeunes délinquants » et affirmé que « d’importants efforts sont déployés [par les autorités] pour mettre fin à ces agissements et traduire les responsables en justice ». Il a également fait état d’une série d’arrestations en début de semaine.
Bien qu’elles soient devenues quasi quotidiennes, la plupart de ces attaques ne donnent lieu ni à des arrestations ni à des poursuites judiciaires.
Herzog a comparé ce phénomène à la « violence des quartiers défavorisés », bien que les auteurs de ces actes en Cisjordanie affirment souvent agir pour des motifs nationalistes et idéologiques et cherchent à expulser les Palestiniens de Cisjordanie.
Herzog a néanmoins qualifié les extrémistes juifs à l’origine des attaques quotidiennes contre les Palestiniens de « honte pour Israël », reprenant ainsi un jugement qu’il avait déjà exprimé par le passé.
My full interview with @Isaac_Herzog. We discuss the increasing settler violence in the West Bank, the upcoming Israeli elections and the status of the Gaza board of peace. pic.twitter.com/dLqM1FUfLJ
— Bianna Golodryga (@biannagolodryga) September 2, 2026
Le siège de plusieurs habitations palestiniennes à Qusra, au sud-est de Naplouse, qui dure depuis plusieurs semaines, a attiré l’attention internationale sur le village et entraîné un déploiement militaire prolongé dans le secteur. Celui-ci a à son tour provoqué le déplacement forcé de plusieurs familles palestiniennes.
Tsahal affirme avoir maintenu une présence dans le secteur afin d’empêcher les résidents d’implantations de reconstruire des structures de fortune et de bloquer à nouveau l’accès aux habitations.
Des images de l’incursion menée samedi dans le village par des résidents d’implantations montrent que des soldats de Tsahal se trouvaient sur place au moment des faits, mais sont restés sans intervenir, laissant les extrémistes déchaînés s’en prendre à une maison située à la périphérie de la localité.
Ces derniers mois, la Cisjordanie a été le théâtre de harcèlements et d’attaques quasi quotidiens commis par des résidents d’implantations contre des Palestiniens et leurs biens.
Les détracteurs du gouvernement accusent Tsahal et la coalition de Netanyahu de tolérer, voire d’encourager, ces attaques. Des soldats sont régulièrement filmés sans intervenir face aux violences commises par des résidents d’implantations, tandis que de hauts responsables de Tsahal ont averti que ces agressions risquaient de provoquer une escalade de la violence en Cisjordanie.
Une « émeute violente » a conduit à des tirs meurtriers de Tsahal
Par ailleurs, Tsahal a déclaré jeudi qu’un incident meurtrier survenu la nuit précédente dans le village d’al-Mughayyir, en Cisjordanie, avait éclaté alors que les troupes sécurisaient la récupération de bétail appartenant à des civils israéliens.
Selon le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP), deux Palestiniens âgés de 19 ans ont été tués par balle au cours de l’incident. Des vidéos montrent des soldats et des résidents d’implantations entrant dans le village, situé dans la région de Ramallah.
Israeli settlers, under the protection of Israeli occupation forces, raid the home of Palestinian citizen Nabil Abu Alia in Al-Mughayyir, near Ramallah, stealing dozens of sheep. pic.twitter.com/TY9UobNqyS
— PM of Palestine (@PalestinePMO) September 3, 2026
En réponse à une demande du Times of Israel, Tsahal a déclaré que les soldats « avaient sécurisé l’entrée dans le village de policiers du district de Judée-Samarie et d’un civil. Cette entrée avait pour but de permettre la récupération de bétail appartenant à des civils israéliens qui se trouvait aux abords du village. Les animaux ont été identifiés grâce à des marques distinctives attestant qu’ils appartenaient à des civils israéliens ».
Pendant ce temps, a précisé Tsahal, « une violente émeute a éclaté dans le secteur, au cours de laquelle des terroristes ont lancé des parpaings et des pierres sur les soldats. Ceux-ci ont riposté en ouvrant le feu sur les principaux instigateurs afin d’écarter la menace. Des tirs ont atteint leurs cibles ».
Tsahal a ajouté que « les événements ayant conduit à cet incident ainsi que la manière dont celui-ci a été géré font actuellement l’objet d’un examen ».
Une publication sur le compte X officiel du Bureau du Premier ministre de l’AP a affirmé que des résidents d’implantations, protégés par Tsahal, « volaient des dizaines de moutons ».
WAFA, l’agence de presse officielle de l’AP, a qualifié l’incident d’attaque menée par des résidents d’implantations et les troupes israéliennes.
L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.
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