US : un tribunal ordonne à la firme israélienne NSO de ne plus cibler WhatsApp
WhatsApp salue la décision qui "intervient après 6 ans de procédure visant à établir la responsabilité de NSO d'avoir ciblé des membres de la société civile" ; le juge réduit de 97 % les dommages-intérêts dûs par NSO
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WASHINGTON (Reuters) – Un tribunal américain a ordonné au groupe israélien NSO de cesser de cibler WhatsApp, le service de messagerie de Meta, une décision qui, selon l’éditeur de logiciels espions, pourrait le conduire à la faillite.
Vendredi, dans un jugement de 25 pages, la juge Phyllis Hamilton, du tribunal fédéral américain, a imposé à NSO Group une injonction permanente lui interdisant toute initiative visant à s’introduire dans la structure WhatsApp, qui est l’une des plateformes de communication les plus utilisées au monde.
La juge Hamilton a également décidé une réduction importante en faveur de NSO des dommages-intérêts qui avaient été définis au cours d’un précédent procès devant jury, ramenant la somme ainsi due à Meta d’environ 167 millions de dollars à 4 millions de dollars.
Cette injonction pourrait représenter un problème pour NSO. Le groupe est depuis des années accuser de faciliter les violations des droits humains par l’intermédiaire de son outil de piratage phare, Pegasus.
Pour mener à bien ses activités de surveillance, Pegasus exploite les faiblesses des logiciels les plus couramment utilisés, faisant de WhatsApp l’une de ses principales cibles.
NSO a précédemment souligné qu’une injonction qui l’empêcherait de poursuivre WhatsApp risquerait de « mettre en péril l’ensemble de l’entreprise NSO » et la « contraindrait à cesser ses activités », selon le jugement.
Les dirigeants de Meta ont pour leur part salué cette décision.
« La décision rendue aujourd’hui interdit au fabricant de logiciels espions NSO de prendre à nouveau pour cible WhatsApp et nos utilisateurs du monde entier », a fait savoir Will Cathcart, directeur général de WhatsApp, sur le réseau social X. « Nous saluons cette décision qui intervient après six ans de procédure judiciaire, une procédure qui visait à établir la responsabilité de NSO pour avoir ciblé des membres de la société civile. »
Le groupe NSO, qui insiste sur le fait que ses produits visaient à lutter contre la criminalité grave et le terrorisme, a quant à lui annoncé se réjouir de la réduction de 97 % des dommages-intérêts définis à titre de sanction, ajoutant que l’injonction ne s’appliquait pas à ses clients, « qui pourront ainsi continuer à utiliser la technologie de l’entreprise pour contribuer à la protection de la sécurité publique ».
La société a également fait part de son intention d’examiner la décision, précisant qu’elle « déterminerait les mesures à prendre en conséquence ».
D’après des informations relayées dans un article publié au début du mois dans la revue technologique TechCrunch, la société a récemment été rachetée par un groupe dirigé par le producteur hollywoodien Robert Simonds. Ce dernier n’a pas encore répondu à notre courriel.
WhatsApp a assigné NSO en justice en 2019. La société de Meta demandait alors une injonction et des dommages-intérêts, accusant NSO d’avoir accédé aux serveurs de WhatsApp sans autorisation, six mois auparavant, afin d’installer le logiciel Pegasus sur les téléphone mobiles des victimes. Selon la poursuite, cette intrusion avait permis la surveillance de 1 400 personnes, parmi lesquelles des journalistes, des militants des droits de l’homme et des dissidents.
NSO avait alors fait valoir que Pegasus visait à aider les forces de l’ordre et les agences de renseignement à lutter contre la criminalité ainsi qu’à protéger la sécurité nationale, et que sa technologie avait pour objectif de faciliter l’arrestation des terroristes, des pédophiles et des criminels endurcis.
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