Les médicaments pris pour combattre la maladie de Parkinson auraient un effet bénéfique – une étude de chercheurs israéliens confirme que les patients qui prennent un traitement particulier ont tendance à devenir plus artistiques.

L’étude semble expliquer la raison de niveaux élevés de dopamine dans le cerveau. C’est la première grande preuve d’un tel lien, bien que de liens hasardeux ont été établis pendant des années, voire des siècles.

Publiée dans le journal Annales de Neurologie en juin, la petite étude de cas-témoin montre que les patients de la maladie de Parkinson qui prennent des médicaments stimulant l’activité de dopamine dans le cerveau sont plus créatifs verbalement comme visuellement, par rapport à leurs homologues en bonne santé – et qu’un dosage augmenté est lié à une plus grande créativité. Les découvertes peuvent aider à améliorer la qualité de vie des gens atteints de la maladie.

« Nous savons que (l’artiste du 19e siècle Vincent) Van Gogh avait des périodes de dérangement pendant lesquelles des niveaux élevés de dopamine sont secrétées dans le cerveau, et il était capable de peindre des chefs-d’œuvre pendant ces périodes – donc nous savons qu’il y a une puissante relation entre créativité et dopamine », a dit dans un communiqué Dr Rivka Inzelberg, neurologiste à l’université de Tel Aviv et au Centre médical Sheba, Tel Ashomer, et l’un des auteurs de l’étude.

Il y a longtemps eu des histoires de patients atteints de la maladie de Parkinson – les exemples célèbres sont l’acteur Michael J. Fox et le boxeur Mohammed Ali – développant de nouveaux talents artistiques comme la peinture, la sculpture et l’écriture. Dans une étude de 2012, Inzelberg a repris la littérature médicale sur le phénomène et a découvert que les cas décrits avaient une chose en commun : les patients étaient tous traités avec des médicaments augmentant l’activité de dopamine.

Les médicaments – précurseurs de la dopamine et antagonistes des récepteurs de la dopamine – sont prescrits pour la plupart des patients atteints de Parkinson afin de compenser la mort de cellules génératrices de dopamine dans le cerveau, à l’origine de tremblements et autres problèmes moteurs, caractéristiques de la maladie. Les problèmes mentaux peuvent se développer alors que la maladie progresse.

« (L’étude de 2012) a commencé avec ma remarque que les patients de Parkinson ont un intérêt particulier pour l’art et ont des loisirs créatifs incompatibles avec leurs limites physiques », explique Inzelberg dans son communiqué. « Dans ma recherche actuelle, nous conduisons les premières études pour mesurer les pensées créatives des patients de la maladie. Ce n’est pas chose facile, car comment mesurer, quantifier la créativité ? Nous devons faire preuve de créativité nous-mêmes ».

Dans l’étude, la première recherche empirique sur la créativité des patients de Parkinson, Inzelberg et une équipe de chercheurs israéliens ont conduit quatre tests sur 27 patients en cours de traitement avec des médicaments dopaminergiques.

Les participants ont été testés sur leur capacité à proposer un mot lié à trois autres mots donnés, à interpréter des images et des questions avec originalité, à comprendre des métaphores de romans, à lister autant de mots qu’ils peuvent appartenant à une catégorie donnée et commençant par une lettre également donnée (exemple : des fruits commençant par la lettre « p »).

Dans la gamme des tests, les patients atteints de la maladie ont donné plus de réponses originales et réfléchies que les 27 contrôlés d’âge similaire et de même niveau d’éducation. Sensiblement, alors que divisés en deux groupes selon la dose prise de médicaments, ceux qui prennent le plus de médicaments ont les meilleurs résultats au test.

Par le biais d’un questionnaire, les chercheurs ont également dégagé la théorie selon laquelle la créativité chez les patients de la maladie de Parkinson est liée aux pulsions, telles que l’addiction aux jeux ou la thésaurisation, que les patients développent souvent.

Les résultats indiquent un lien entre dopamine et créativité, bien qu’il soit trop tôt pour dire comment ça marche.

Pour l’instant, Inzelberg espère que sa recherche favorisera l’appréciation des capacités artistiques de patients atteints de la maladie de Parkinson, les encourageant à utiliser leur art pour faire face à cette maladie qui souvent isole – et générer des fonds pour plus de recherche.