L’opinion publique occidentale est « de moins en moins compatissante » avec Israël au fur et à mesure que le bilan s’alourdit dans la bande de Gaza, a averti jeudi le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond, en visite dans la région.

« Au fur et à mesure que cette opération (israélienne) se poursuit et que le bilan des civils morts à Gaza augmente, l’opinion publique occidentale est de plus en plus inquiète et de moins en moins compatissante avec Israël », a estimé le nouveau chef de la diplomatie britannique dans une interview à la chaîne de télévision Sky News.

« C’est un simple fait et je doit le dire à mes homologues israéliens », a-t-il ajouté, dans cet entretien réalisé avant sa rencontre avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le ministre britannique, qui a rencontré mercredi le président de l’AP Mahmoud Abbas, a souligné toutefois que les tirs de roquettes du Hamas vers Israël étaient la cause du conflit qui a déjà fait près de 750 morts côté palestinien, selon les chiffres des secours palestiniens, et 35 côté israélien.

Philip Hammond a ensuite fait part au cours d’une conférence de presse commune avec Benjamin Netanyahu de « l’extrême inquiétude » du Royaume-Uni face au « lourd bilan » parmi les civils de Gaza. Il a réclamé un cessez-le-feu rapide, tout en affirmant le droit d’Israël à se défendre face au Hamas qui contrôle l’enclave palestinienne.

« La Grande-Bretagne a été très claire quant au droit d’Israël de se défendre et de protéger ses citoyens », a dit le ministre, qui devait poursuivre au Caire sa tournée dans la région.

« Le Hamas doit accepter un cessez-le-feu humanitaire »

Le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond a appelé jeudi le Hamas palestinien à accepter un cessez-le-feu humanitaire « sans conditions préalables » pour mettre un terme à 17 jours de conflit à Gaza.

« Le Hamas doit accepter un cessez-le-feu humanitaire sans conditions préalables pour le bien des habitants de Gaza », a affirmé le chef de la diplomatie britannique, qui a également annoncé une aide de 5 millions de livres sterling (6,3 millions d’euros).

Le chef en exil du mouvement palestinien, Khaled Meshaal, a redit mercredi qu’il n’accepterait « aucune initiative qui ne lève pas le blocus », se disant toutefois favorable à « une trêve humanitaire » pour évacuer les blessés qui ne soit « pas un moyen de contourner » les revendications du Hamas.

De son côté, Israël, qui avait rapidement accepté l’offre égyptienne, a depuis dit vouloir poursuivre son offensive aérienne et terrestre pour détruire les tunnels qui relient Gaza à son territoire. L’objectif affiché d’Israël est de neutraliser le Hamas, qui contrôle Gaza, de faire cesser ses tirs de roquettes, de détruire ses tunnels et d’arrêter les « infiltrations » en Israël des combattants de Gaza.