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Appelant à une alliance arabo-juive, Somaya Bashir se présente aux primaires du parti Les Démocrates

La militante souhaite devenir la première candidate arabe du parti de gauche et cherche à exercer une influence politique significative pour lutter contre la violence et les inégalités

Somaya Bashir prenant la parole lors d'une manifestation anti-gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, en janvier 2026. (Crédit : Caroline Dervil)
Somaya Bashir prenant la parole lors d'une manifestation anti-gouvernement, sur la Place Habima, à Tel Aviv, en janvier 2026. (Crédit : Caroline Dervil)

La militante arabe israélienne Somaya Bashir a déclaré lundi au Times of Israel qu’elle se présentait aux primaires du parti Les Démocrates pour défendre les questions auxquelles est confrontée la communauté arabe et promouvoir le partenariat entre Arabes et Juifs.

Dimanche, Bashir a annoncé sur sa page Facebook qu’elle se présenterait aux primaires du parti, devenant ainsi la première candidate arabe potentielle de ce parti de gauche.

Psychologue et militante de longue date originaire du village de Jatt, dans le nord du pays, Bashir a créé plusieurs organisations à but non lucratif, dont We Have No Other Land, et a été l’une des cheffes de file de l’organisation Women Wage Peace, ainsi qu’une figure de proue de l’organisation Anchor for the Future de l’activiste anti-gouvernement Moshe Radman.

Radman, qui a rejoint le parti Les Démocrates le mois dernier aux côtés de plusieurs autres militants, s’est réjoui de cette nouvelle, écrivant en réponse sur le réseau social X que c’était « un honneur qu’elle se joigne à nous ».

Bashir a déclaré qu’en tant que femme portant le hijab et originaire d’un village traditionnel, elle s’était demandé si elle voulait se lancer dans la bataille politique, consciente des critiques auxquelles elle serait confrontée. Mais aujourd’hui âgée de 50 ans, elle a déclaré au Times of Israel qu’elle avait attendu assez longtemps.

« Je n’ai constaté aucun changement, j’ai donc décidé de me lancer. Si je ne le fais pas, personne d’autre ne le fera », a-t-elle expliqué.

Des dirigeants de la communauté arabe, y compris des membres de la Knesset, protestant contre la violence dans leur communauté, devant le bureau du Premier ministre, à Jérusalem, le 8 février 2026. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

« La communauté arabe est en feu, et personne ne fait rien », a-t-elle poursuivi, soulignant la vague actuelle de criminalité et de violence meurtrière qui sévit dans les villes arabes, ainsi que la dégradation de la qualité de vie des citoyens arabes.

Les homicides endémiques, principalement liés à des conflits entre groupes criminels, ont fait 39 morts dans la communauté arabe depuis le début de l’année, contre 30 meurtres au cours de la même période l’an dernier, qui s’était achevée sur un triste record de 252 homicides dans cette communauté.

Bashir affirme que les problèmes auxquels la communauté arabe est confrontée ne peuvent être dissociés de la situation générale de la démocratie et de l’égalité civile en Israël, pour lesquelles elle a également fait campagne en prenant la parole lors de rassemblements anti-gouvernement à Tel Aviv, entre autres.

« Je suis citoyenne de ce pays. Je veux faire partie d’un partenariat arabo-juif capable de traiter les problèmes au sein de la société arabe et de l’ensemble du pays, y compris les questions civiles, la sécurité partagée et la démocratie », a-t-elle déclaré, affirmant que le seul moyen de résoudre tous ces problèmes était un partenariat mixte.

Si elle était élue, Bashir ferait partie des rares candidats arabes dans les partis à majorité juive, et l’un des très rares membres non druzes (actuellement, seuls les Arabes druzes sont députés dans ces partis).

Ces dernières années, Ibtisam Maraana a été députée du parti Avoda de 2021 à 2022, et Esawi Frej a été député de Meretz de 2013 à 2019, puis de nouveau de 2021 à 2022, lorsqu’il a brièvement occupé le poste de ministre de la Coopération régionale.

Dans le paysage politique actuel, Bashir a déclaré que le parti de gauche dirigé par Yaïr Golan, né de la fusion entre Avoda et Meretz l’année dernière, est le seul parti à s’engager de manière significative auprès de la société arabe.

Elle a souligné que Golan avait déclaré que le parti exigerait le portefeuille de la Sécurité publique dans tout futur gouvernement et qu’il « se souciait du partenariat ».

Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, tenant une conférence de presse pour présenter les nouveaux membres du parti, à Tel Aviv, le 6 janvier 2026. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Bashir a précisé qu’elle n’envisageait pas de rejoindre l’un des quatre partis à majorité arabe qui ont récemment signé un accord pour se présenter ensemble sous la bannière de la Liste arabe unie.

« Ce n’est pas ainsi qu’on peut exercer une influence ou avoir du pouvoir. Il faut faire partie du système », a-t-elle déclaré.

Bien qu’elle se dise fière des partis arabes, elle estime qu’ils « ne nous ont pas aidés à faire partie de la société dans son ensemble et n’ont pas permis d’obtenir de changements significatifs ».

Elle souhaite disposer d’un pouvoir significatif et de la capacité d’apporter des changements, ce qui, selon elle, « ne peut se faire » en dehors du gouvernement.

Les quatre partis arabes – Hadash, Raam, Taal et Balad – ont signé le mois dernier un accord visant à rétablir le bloc de la Liste arabe unie, sous la pression généralisée de la communauté arabe qui souhaite le voir renaître.

Le sentiment de Bashir reflète le désir croissant de la population arabe de participer au gouvernement, comme le montrent les sondages successifs, ainsi que la frustration face à l’incapacité des partis arabes à influencer la politique depuis l’extérieur.

Selon les sondages, la Liste arabe unie devrait remporter entre 14 et 16 sièges, mais les dirigeants de la coalition actuelle et du bloc d’opposition ont rejeté la perspective d’un gouvernement dépendant des partis arabes.

Raam est toutefois largement ouvert à l’idée de rejoindre n’importe quel gouvernement, tandis que Hadash et Taal ne seraient probablement disposés à envisager de soutenir qu’un bloc anti-Netanyahu, et uniquement depuis l’opposition. Balad s’oppose à soutenir de quelque manière que ce soit une coalition dirigée par des sionistes.

Tal Schneider a contribué à cet article.

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