Des dessins de Chaïm Kaliski sur l’Occupation à Bruxelles exposés au MahJ
Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme accueille une rétrospective de Chaïm Kaliski, alias Jim d’Etterbeek, qui a vécu l’Occupation allemande dans la capitale belge
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Depuis le 22 janvier, le Musée d’art et d’histoire du judaïsme (MahJ) a ouvert ses portes pour accueillir une rétrospective consacrée à Chaïm Kaliski, alias Jim d’Etterbeek, qui a vécu l’Occupation allemande à Bruxelles.
Né à Bruxelles en 1929, l’artiste a été témoin de la persécution des Juifs et de la déportation de son père en 1944.
À travers une centaine de dessins sélectionnés parmi des milliers d’œuvres, l’exposition mêle souvenirs intimes et mémoire collective, complétée par photos d’archives, affiches antisémites et fac-similés de journaux.
En 1989, sur l’encouragement de sa sœur Sarah, Chaïm Kaliski avait commencé à replonger dans ses souvenirs. Traumatisé par la guerre et la perte de son père, il a consacré sa vie à documenter son passé.
« Probablement atteint d’un trouble autistique, il bénéficiera d’une pension qui lui permettra de se consacrer à sa mémoire », explique Virginie Michel, au Figaro, commissaire de l’exposition.
Ses dessins compulsifs mêlent scènes de la vie quotidienne et épisodes traumatisants, restitués dans une chronologie minutieuse répartie sur trois salles.
L’exposition s’ouvre sur une frise familiale intimement liée aux événements historiques. Les dessins en noir et blanc, saturés de textes et parfois ponctués de mots en yiddish, retracent la montée des périls, les humiliations, les manifestations juives contre le parti rexiste et les premières mesures antisémites. L’encre restitue la peur des habitants, les rafles et les arrestations, mais aussi la solidarité, la résistance, le marché noir et l’aide des voisins. La figure du mouchard Jacques Mousso, qui traqua ses coreligionnaires, est également mise en lumière aux côtés de ceux qui ont risqué leur vie pour en sauver d’autres.
Le style de Kaliski transmet une « vérité tragique », selon ses mots, et fait dialoguer mémoire personnelle et mémoire collective.
Des scènes musicales ponctuent l’exposition, rappelant son enfance bercée par la musique et rendant hommage à son père.
L’une des dernières images montre ses parents dansant un dernier tango devant le portail d’Auschwitz, clôturant une œuvre où se mêlent horreur, mémoire et résilience humaine.
Infos pratiques : du 22 janvier au 13 décembre 2026.
Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme se situe à l’Hôtel de Saint-Aignan, au 71, rue du Temple, 75003 Paris.
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